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Rénovation de l’hôtel de ville de Montréal : l'opposition craint des dépassements de coûts

L'hôtel de ville de Montréal.

Le chantier de rénovation de l'hôtel de ville sera géré par l'entreprise Pomerleau.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'opposition officielle à Montréal craint que l'attribution d'un important contrat à l'entreprise Pomerleau pour gérer le chantier de rénovation de l'hôtel de ville n'entraîne des dépassements de coûts.

Le contrat en question, d'une valeur de 12,8 millions de dollars, a été accordé par le comité exécutif de la Ville de Montréal la semaine dernière.

Selon le sommaire décisionnel, Pomerleau « sera responsable du respect du budget, des coûts, de l’échéancier, de la portée, des méthodes de construction et des stratégies d’approvisionnement, ainsi que de la qualité des travaux ».

« Mais qu'est-ce qui reste? C'est lui [Pomerleau] qui va prendre quasiment toutes les décisions », a déploré le chef de l'opposition officielle, Lionel Perez, lors de la séance du conseil municipal de lundi.

« On lui a tout donné, sauf les clés de la bâtisse. »

— Une citation de  Lionel Perez, chef de l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville

« Ce qu'on est en train de demander au plus bas soumissionnaire, c'est carrément de devenir le maître de chantier, de prendre toutes les décisions », a-t-il résumé, précisant ne pas en avoir contre l'entreprise Pomerleau, mais bien contre le mandat qui lui a été accordé.

Car les responsabilités transférées à Pomerleau incombent normalement à la Ville elle-même. « C'est très préoccupant qu'on soit en train de donner, de déléguer ces pouvoirs, ce mandat, à un tel niveau, à une firme externe », s'est alarmé M. Perez, pour qui l'administration Plante s'apprête à créer « un précédent ». « On aurait pu s'attendre à ce que, justement, le service de la planification immobilière ait un plus grand rôle à jouer. »

« Le modèle qui est choisi [...], c'est une recette quasiment assurée que les frais vont être dépassés », a-t-il affirmé, ajoutant que sa formation, Ensemble Montréal, exprimerait sa dissidence dans l'attribution de ce contrat.

Sa collègue Karine Boivin Roy croit elle aussi qu'« il pourrait y avoir des dérapages, tant au niveau du budget que des échéanciers ». Car Pomerleau, rappelle-t-elle, « fait de la gérance de construction, oui, mais n'est pas un spécialiste en économie de la construction; il est plutôt reconnu comme un entrepreneur général ».

Selon elle, la Ville de Montréal « aurait dû, pour ce projet comme pour les autres projets d'envergure, se doter d'une équipe d'économistes de la construction indépendante et neutre, présente en amont et durant tout le chantier ».

Un dossier apolitique et complexe, fait valoir l'administration

Mme Boivin Roy préside pourtant la Commission permanente d'examen des contrats, qui a donné son aval au contrat, fait valoir le comité exécutif de la mairesse, Valérie Plante.

Le dossier de la restauration patrimoniale et de la mise aux normes de l'hôtel de ville est un projet de longue date, rappelle-t-on, et il relève de la Commission de la présidence du conseil.

En outre, le dossier est d'une telle complexité qu'il n'existe aucun comparatif, insiste le comité exécutif, soulignant que la Ville de Montréal n'est pas un entrepreneur général.

C'est également ce qu'a répliqué à l'opposition officielle le leader de la majorité, François Limoges − qui est aussi vice-président de la Commission de la présidence du conseil.

« Le choix d'aller en gérance de la construction, premièrement, c'est un choix qui a été fait depuis longtemps, dont on a hérité, mais qu'on a continué parce que c'est un choix stratégique étant donné l'ampleur du chantier [et de] ses niveaux de complexité », a-t-il expliqué.

Contrairement aux craintes de l'opposition officielle, c'est justement pour « respecter autant le budget que les échéances » que le comité exécutif a accordé ce contrat en gérance de construction, a mentionné M. Limoges.

« On est optimistes sur le fait [...] qu'on devrait arriver dans l'enveloppe et dans les temps. »

— Une citation de  François Limoges, leader de la majorité à l'Hôtel de Ville

Le contrat a finalement été approuvé à la majorité des voix par le conseil municipal, lundi. Il devrait être soumis jeudi au conseil d'agglomération, qui, à moins d'une surprise, lui donnera probablement aussi son aval.

Une facture qui ne cesse de grimper

Les travaux de rénovation de l'hôtel de ville de Montréal sont censés commencer en juin 2019 et prendre fin trois ans plus tard, au début de l'été 2022.

Entre-temps, les employés et les élus de la Ville de Montréal devront déménager de l'autre côté de la place Vauquelin, dans l'édifice Lucien-Saulnier. Huit millions de dollars ont déjà été investis pour préparer cet « hôtel de ville temporaire ». Le déménagement est prévu pour le printemps.

En septembre 2017, la Ville estimait que la rénovation complète de l'actuel hôtel de ville coûterait plus de 87 millions de dollars, mais l'estimation qui a gonflé depuis. Aux dernières nouvelles, le projet était évalué à 115 millions, mais le coût final pourrait atteindre les 140 millions, a mentionné l'administration en mai dernier.

Plus de 20 millions ont déjà été engagés dans ce projet. Un contrat de 7,3 millions a notamment été accordé au cabinet Beaupré Michaud et Associés Architectes pour la réalisation des plans et devis, en 2017.

Au bout du compte, la facture sera assumée à 61 % par la Ville de Montréal; les 39 % restants le seront par l'agglomération, c'est-à-dire les 16 municipalités qui composent l'île de Montréal. Cette répartition a été faite en fonction de la surface physique occupée par les différents services municipaux établis à l'hôtel de ville.

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