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Faute de personnel à l'hôpital, des futures mamans font une heure de route pour accoucher

Une jeune mère souriante tient un bébé dans ses bras

Cinthia-Line Boudreau se remet de ses émotions en câlinant son nouveau-né.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Radio-Canada

« Ç'a été un choc, totalement. C'est arrivé après que j'étais déjà en travail depuis des heures. » Cinthia-Line Boudreau a vécu un cauchemar mercredi dernier. Elle a dû être transférée de l'hôpital de Bathurst à Campbellton alors qu'elle attendait pour accoucher.

Cette semaine, deux hôpitaux au Nouveau-Brunswick, dont celui de Bathurst, ont suspendu leurs services d'accouchements à cause d'un manque de personnel infirmier.

Alors que les services d'accouchements n'avaient pas encore été suspendus, Cinthia-Line Boudreau a été transférée à Campbellton mercredi dernier pour accoucher. C’est la médecin elle-même qui est venue m’annoncer que j’allais devoir être transportée en ambulance à Campbellton pour accoucher, raconte-t-elle, en larmes.

Ça été un choc totalement. C’est arrivé après que j’étais déjà en travail depuis des heures. La médecin m’a dit que ça faisait depuis très tôt le matin qu’elle essayait de tous les côtés de trouver d’autres infirmières pour venir remplacer celles qui étaient déjà là. Elle était fort probablement elle aussi épuisée, dit-elle.

Selon Mme Boudreau, une infirmière qu'elle a croisée avait fait des quarts de travail de plus de 24 heures. Et elle ne serait pas un cas unique.

C'est inquiétant pour les patients.

Cinthia-Line Boudreau

Une future maman inquiète

Hier, quand ils m’ont dit ça, ma pression a monté à 167, affirme Katia Plourde, résidente de Nicholas-Denys qui devrait accoucher à Bathurst le 30 octobre.

Portrait de Katia PourdeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Katia Plourde, résidente de Nicholas-Denys, affirme que les autorités médicales ne lui ont proposé aucun plan de rechange pour son accouchement par césarienne lorsqu'elles l'ont informée de la suspension du service à Bathurst.

Photo : Gracieuseté de Katia Plourde

La possibilité que son bébé se présente plus tôt et qu’elle doive se rendre à Miramichi, un trajet d’environ une heure, l'inquiète beaucoup.

Eux autres [à Miramichi] ne connaissent pas mon dossier. Ils ne savent pas que j’ai besoin d’une chirurgie césarienne planifiée pour un bébé en [position de] siège. Ce sont tous des risques qui mettent nos vies et la vie de nos futurs bébés en danger, lance-t-elle.

Katia Plourde ajoute qu’elle a dû contacter elle-même l’hôpital de Miramichi pour prendre des dispositions en cas de besoin.

Ce qui m’a le plus déçue, c’est lorsque j’ai été avisée que les services seront interrompus, aucun plan d’accouchement ne m’a été proposé. J’ai dû moi-même aller sur les réseaux sociaux pour trouver les numéros de téléphone des deux autres hôpitaux et trouver un plan B. Moi, j’ai été suivie par l’hôpital de Bathurst justement pour un bébé en [position] de siège. C’est une chirurgie qui demande beaucoup de planification, des plans de secours, et aucun plan ne m’a été proposé, déplore Mme Plourde.

Deux hôpitaux suspendent leurs services

Les services d’obstétrique ont été interrompus à 16 h, lundi, à l’Hôpital régional Chaleur. Ils doivent reprendre à 8 h le vendredi 26 octobre.

Selon Johanne Roy, vice-présidente aux Services cliniques du Réseau de santé Vitalité, de nombreux efforts ont été déployés, mais en vain, afin de trouver suffisamment de personnel infirmier pour offrir les services de façon sécuritaire.

Mme Roy dit que les dispositions nécessaires ont été prises afin d’établir des corridors de services vers les hôpitaux régionaux de Campbellton et Miramichi. Vitalité dit avoir communiqué personnellement avec toutes les femmes qui, à sa connaissance, sont susceptibles d’accoucher dans les prochains jours.

Un homme assis à son bureauAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le porte-parole du Réseau de santé Vitalité au Nouveau-Brunswick, Thomas Lizotte.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Le porte-parole du Réseau Santé Vitalité, Thomas Lizotte, a affirmé pour sa part mercredi qu'il pourrait y avoir des exceptions : Si l'accouchement n'est pas pressant, s'il vous plait, contactez l'hôpital de Miramichi ou l'hôpital de Campbellton pour qu'ils puissent s'occuper de vous. Si l'accouchement est urgent, notre priorité est la sécurité des patients, donc il est sûr et certain qu'on va s'occuper de ces mamans-là.

Le Réseau de Santé Horizon vit aussi une situation similaire à l'Hôpital du Haut de la Vallée de Wakefield. Les accouchements seront suspendus du mercredi 24 octobre 2018 à 15 h au vendredi 26 octobre 2018 à 17 h, faute de personnel. Les femmes enceintes qui devaient accoucher à cet hôpital seront dirigées vers l'hôpital de Fredericton ou bien celui d'Edmundston.

Il faut mettre sur pied une stratégie 

La médecin à la retraite Linda Dalpé déplore la fermeture temporaire du service d'obstétrique à l'Hôpital régional Chaleur à Bathurst.

Elle appelle le Réseau de Santé Vitalité à adopter une stratégie afin d'éviter une nouvelle fermeture, mais aussi un stress supplémentaire pour les femmes enceintes : Au moins on est octobre, mais imaginez s'il y avait une tempête de neige!

Elle rappelle aussi que certains membres de personnels médicaux peuvent être unilingues anglophones, ce qui peut donc être un autre facteur d'angoisse pour les femmes enceintes.

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