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Santé mentale : fermer des lits pour offrir plus de service

Vue extérieure de l'Hôpital du Saint-Sacrement et de l'affiche de l'entrée à l'urgence.

La fermeture prochaine de l'urgence psychiatrique de l'Hôpital du Saint-Sacrement est bien perçue par des organismes qui oeuvrent en santé mentale à Québec.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La fermeture prochaine de l'urgence psychiatrique de l'Hôpital du Saint-Sacrement est bien perçue par des organismes qui oeuvrent en santé mentale à Québec.

Les huit lits de l'urgence psychiatrique seront fermés le 16 novembre. Cette fermeture fait partie d'un plan de transition vers des services davantage axés sur le communautaire.

L'urgence psychiatrique de l'Hôpital du Saint-Sacrement est la moins achalandée à Québec et 90 % des patients qui la fréquentent n'ont pas de besoin urgent, indique le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale.

« C'est quand même significatif, comme nombre. Ce qu'on constate, c'est qu'ils consultent par défaut à l'urgence par manque de services dans la communauté », précise Patrick Duchesne, directeur des programmes en santé mentale et dépendances du CIUSSS.

Patrick Duchesne, directeur des programmes en santé mentale et dépendances du CIUSSS lors d'une entrevue au sujet de la fermeture de l'urgence psychiatrique de l'hôpital Saint-Sacrement à Québec

Patrick Duchesne, directeur des programmes en santé mentale et dépendances du CIUSSS de la Capitale-Nationale

Photo : Radio-Canada

Actuellement, la plupart des usagers de l'établissement souffrent de troubles anxieux ou de personnalité. Des conditions pour lesquelles l'hospitalisation n'est souvent pas la meilleure solution.

« C'est une expérience traumatisante pour beaucoup de gens, explique Benoit Côté, directeur général du Programme d'encadrement clinique et d'hébergement (PECH). Ça ne score pas toujours très fort en urgence pour les maux de l'âme. Ce n'est pas que les gens ne sont pas gentils, mais c'est un petit peu une usine où ça circule beaucoup. »

Bonne nouvelle, mais...

« Je pense que ça peut être une bonne nouvelle, en autant qu'on mette en place des ressources puis des alternatives », ajoute pour sa part Charles Rice, directeur de l'Alliance des groupes d'intervention pour le rétablissement en santé mentale (AGIR).

« Si on se contente de fermer les lits, si on se contente d'une coupe à blanc, je ne pense pas que c'est une bonne nouvelle », prévient-il cependant.

La fermeture de l'urgence psychiatrique de l'Hôpital du Saint-Sacrement ne signifie pas une baisse de services, assure le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale. La décision s'inscrit dans un virage vers une approche communautaire.

La cuisine du 1212 Chanoine-Morel, à Québec, un centre de traitement intensif de jour pour les personnes atteintes de problèmes de santé mentale. Sur la photo : un comptoir avec deux grilles-pain et une cuisinière.

Au 1212 Chanoine-Morel dans le secteur Sillery, on accueille une douzaine de personnes qui peuvent retourner chez elles le soir venu.

Photo : Radio-Canada

Les personnes qui ont des problèmes de santé mentale à Québec sont de plus en plus nombreuses à pouvoir se faire traiter sans passer par l'hôpital.

Au 1212 Chanoine-Morel, dans le secteur de Sillery, on accueille une douzaine de personnes qui peuvent retourner chez elles le soir venu.

« C'est reconnu comme étant une expérience de soins plus positive, normalisante. Ce qu'on souhaite aussi à travers ça, c'est de favoriser une déstigmatisation, puis que les gens se sentent confortables de retourner demander de l'aide par la suite », explique la psychiatre Karine Paquet.

La psychiatre Karine Paquet (à droite) et la travailleuse sociale Karine Martel lors d'une entrevue sur la fermeture d'une urgence psychiatrique à Québec

La psychiatre Karine Paquet (à droite) et la travailleuse sociale Karine Martel font partie d'une équipe qui effectue des suivis à domicile de patients avec des problèmes de santé mentale.

Photo : Radio-Canada

« Il y a des gens qui ne veulent pas se séparer de leur conjoint, ne veulent pas se séparer de leur enfant », renchérit la travailleuse sociale Karine Martel.

On est capables d'offrir la même intensité qui se fait à l'hôpital. Quand on parle d'intensité, on voit les gens minimalement une à deux fois par jour.

Karine Martel, travailleuse sociale

Le CIUSSS assure que les économies générées par la fermeture et même davantage seront réinvesties dans les services communautaires. Une nouvelle résidence de 40 places devrait ouvrir en juin.

Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CIUSSS de la Capitale-Nationale, affilié à la CSN, dénonce pour sa part la décision de fermer les lits psychiatriques.

« Pourquoi ne pas avoir mis en place les nouveaux services, fait des tests, voir comment ça fonctionne concrètement plutôt que d’aller de l’avant sans savoir? On joue avec le monde, on prend des risques inutiles, tant pour les patients que pour les employés », a déclaré le président du Syndicat, Richard Boissinot, dans un communiqué.

Avec les informations de Jean-François Nadeau

Québec

Santé mentale