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Un drapeau de la fierté hétérosexuelle provoque colère et stupéfaction

Un parc avec un monument de granit derrière lequel se trouve un mat, en haut duquel flotte un drapeau rayé avec les symboles masculin-féminin entrecroisés

Le drapeau de la fierté hétérosexuelle a été hissé dimanche après-midi au coeur du village de Chipman.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Massé

Radio-Canada

Plusieurs citoyens du Nouveau-Brunswick dénoncent le fait qu'un drapeau de la fierté hétérosexuelle ait été hissé au coeur du village de Chipman.

Le drapeau, noir et blanc affichant les symboles mâle et femelle l’un dans l’autre, a été hissé sur un terrain public appartenant à la ville.

Il a flotté pendant presque 24 heures près de la marina locale. Les autorités municipales l’ont retiré de son mât, lundi après-midi.

Entourées de militants, les deux personnes débattent.

Une citoyenne débat avec Gleen Bishop sur la pertinence de faire flotter un tel drapeau.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Massé

Sur place, un groupe de citoyens, équipé d’un drapeau arc-en-ciel, symbole de la fierté LGBTQ, ont eu un échange musclé avec un citoyen, Glen Bishop, qui a participé à la pose de ce drapeau.

On n’a pas besoin de la fierté hétérosexuelle, clame une citoyenne. On a toujours pu se marier ensemble, on peut toujours être vu ensemble en public.

Des personnes se sont fait assassiner parce qu’elles sont gaies. On ne se fait pas torturer parce qu’on est hétérosexuel.

Une citoyenne

Je n’ai pas de problème avec ça, c’est que je veux aussi exprimer mon orientation sexuelle, leur répond l’homme.

Nos drapeaux, pourquoi on ne les fait pas flotter ensemble?, ajoute-t-il.

C’est plus qu’un drapeau. C’est le symbole derrière “tout le monde doit être hétéro parce que c’est normal”. Je suis hétéro et je n’ai jamais été ridiculisé pour ça, parce que c’est “normal”, lui répond la dame.

Deux hommes installent le drapeau du Canada sur le mât.

Le drapeau a été remplacé lundi par celui du Canada.

Photo : Hadeel Ibrahim / CBC

L’homme a avancé que selon lui, il y a une minorité de personnes dans le village qui s'identifient comme membre de la communauté LGBTQ et que le devoir de la municipalité est de représenter tous les citoyens.

Selon lui, cette proportion serait de 95 % d'hétérosexuels contre 5 % de membre de la communauté LGTBQ. En 2017, un sondage pancanadien indiquait que c'était plutôt 13 % de la population à l'échelle du pays qui se définit comme membre de cette communauté.

Cette déclaration de Gleen Bishop a fait particulièrement réagir les militants. Les homosexuels et les lesbiennes vivent dans cette ville, que vous le vouliez ou non!, lui a lancé l’une d’elles.

Pas contre les homosexuels, clame l’homme

La pose du drapeau est une démarche de 12 citoyens qui cherchaient des moyens de montrer leur appui aux hétérosexuels.

Glen Bishop soutient que son groupe n’est aucunement contre la fierté gaie. Il n'y a pas de haine en jeu ici, ajoute-t-il précisant qu’il a beaucoup d’amis gais.

Le drapeau de la fierté hétérosexuel flotte au sommet d'un mât.

Le drapeau a flotté au-dessus de la ville pendant 24 heures environ.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Massé

Je ne suis pas contre les homosexuels, chacun choisit son orientation sexuelle.

Glen Bishop, citoyen de Chipman

Une demande a été envoyée aux autorités municipales afin de faire flotter le drapeau il y a deux mois. Le conseil municipal a adopté une motion en ce sens plus tôt ce mois-ci, affirme le résident.

Les réseaux sociaux s’enflamment

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnes se sont opposées avec énergie à la présence de ce drapeau.

L’artiste acadien, Xavier Gould, a partagé sur Facebook un message envoyé à la municipalité.

Même si une partie de ces événements ont peut-être été causés par des bonnes intentions, je peux vous assurer que vous ne pouvez être plus dans l’erreur.

Xavier Gould, artiste acadien
Une photo en gros plan de Xavier Gould.

L'artiste Xavier Gould, alias Jass-Sainte Bourque, était présent à titre de président d'honneur.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

La fierté gaie, ce n’est pas un mouvement anti-hétéro. Ça ne le sera jamais, lance-t-il. Il compare le drapeau de la fierté hétéro à de la propagande haineuse qui partage de fausses idées basées sur l’exclusion.

Sur Twitter, le député de Kent-Nord, Kevin Arseneau a condamné aussi la décision d’afficher ce drapeau.

Une cinquantaine de personnes se sont présentées lors de la hissée du drapeau, dimanche selon Glen Bishop. Le maire, Carson Atkinson, y a tenu un discours.

Votre conseil [municipal] a voté à l'unanimité en faveur de l'acceptation d'un drapeau fourni par la communauté LGBTQ et aujourd'hui, nous acceptons un drapeau fourni par la communauté hétérosexuelle, a-t-il déclaré, selon une publication Facebook faites par la municipalité.

Le maire indique que la ville reconnaît, accepte et respecte les droits des individus. Le maire a refusé les demandes d’entrevues lundi avant-midi.

Comparé au fascisme

Margaret Clark, résidente de Minto, une communauté voisine, affirme qu’elle a ressenti un choc en voyant des photographies du drapeau sur Facebook. Elle dit que faire flotter ce drapeau revient à retourner 10 ans dans le passé.

Elle soutient que ce drapeau lui rappelle les mauvais traitements subis par son fils à l’école secondaire parce qu’il est homosexuel et que les élèves ne l'acceptaient pas ainsi.

La situation était si grave qu’en 11e année, il a déménagé à l’Île-du-Prince-Édouard où il a terminé ses études.

Faire flotter un drapeau de la fierté hétérosexuelle, c'est presque comme mettre une croix gammée, lance-t-elle, en comparant ce symbole à celui du fascisme.

Un peu plus de 900 personnes habitent à Chipman selon les données de Statistiques Canada.

Avec les informations de Mathieu Massé

Avec les informations de CBC

Communauté LGBTQ+

Société