•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pieridae Energy veut utiliser la fracturation en Gaspésie l'an prochain

La carte de la Gaspésie qui montre que le site Bourque se situe entre Murdochville et Grande-Vallée.
Le site Bourque se situe entre Murdochville et Grande-Vallée. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Pieridae Energy a l'intention de mener un projet pilote de production d'hydrocarbures impliquant la fracturation au site Bourque situé au nord-ouest de Gaspé.

Un texte de Michel-Félix Tremblay

En juin dernier, devant ses actionnaires, la compagnie albertaine a présenté les prochaines étapes en vue de produire du gaz naturel ou du pétrole gaspésien.

Le document interne consulté par Radio-Canada précise noir sur blanc que Pieridae Energy souhaite obtenir l'aval de Québec pour fracturer la roche aux puits Bourque no 1 et Bourque no 3 en 2019 dans le cadre d'un test de production.

Cette technique controversée, qui consiste à injecter sous pression dans le sol de grandes quantités d'eau et de produits chimiques pour stimuler la production, est interdite dans la vallée du Saint-Laurent, mais elle est permise en Gaspésie.

L'utilisation de la fracturation avait été évoquée à quelques occasions par le passé par Pieridae Energy, mais jamais dans des documents officiels. Si l'on se fie à ce qui a été présenté aux actionnaires, il s'agit désormais de l'option numéro un de l'entreprise.

Extraits du document présenté à l'assemblée des actionnaires de Pieridae Energy, juin 2018

  • Permitting work for fracking expected to be done in 2019
  • Initial production testing expected in 2019

Jamais l'entreprise n'avait exprimé aussi clairement de telles intentions. Le rapport indépendant de la firme Sproule mentionnait pourtant en novembre 2017 que cette technique serait nécessaire pour mener à terme les projets de production.

Par contre, le terme « fracturation » ne se retrouvait pas dans le communiqué de presse faisant état des conclusions du rapport commandé par Pieridae Energy.

Photo d’un site de fracturation hydraulique à Dawson Creek, dans le nord-est de la Colombie-Britannique.Un site de fracturation hydraulique à Dawson Creek, dans le nord-est de la Colombie-Britannique Photo : iStock / MajaPhoto

La fracturation est interdite dans les secteurs où l'on retrouve du gaz de schiste, c'est-à-dire dans la vallée du Saint-Laurent. Par contre, la loi l'autorise plus à l'est, dans les réservoirs dits habituels.

C'est ce qu'on retrouve dans le sous-sol de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent.

Précisons cependant que ce document a été présenté en juin, soit avant l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les hydrocarbures.

Pas de fracturation sans consultation

Le maire de Gaspé, Daniel Côté, n'est pas surpris que Pieridae Energy veuille utiliser la fracturation à Bourque. Cette option a été mentionnée à quelques reprises lors des rencontres avec des dirigeants de l'entreprise.

Daniel Côté rappelle cependant que Pieridae Energy devra passer à travers le processus d'autorisation, entre autres, concernant les distances minimales à respecter avec un « milieu hydrique ».

Le maire de Gaspé, Daniel CôtéLe maire de Gaspé, Daniel Côté Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Selon lui, avant d'autoriser la fracturation, Québec doit donner le mandat au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) d'étudier le projet et, surtout, de mesurer l'acceptabilité sociale.

On va s'appuyer sur la volonté populaire. Si les gens nous disent qu'ils ne sont pas prêts à ça, on prendra les positions appropriées.

Daniel Côté, maire de Gaspé

Daniel Côté précise du même souffle que dans un sondage mené par la MRC de La Côte-de-Gaspé l'an dernier, la fracturation était l'un des éléments qui soulevait le plus de craintes chez les répondants.

Pour l'instant, on a que des effluves de début d'information dans ce projet.

Daniel Côté, maire de Gaspé

Les écologistes aux aguets

L'installation du camp de la rivière prend de l'ampleur.L'installation du camp de la rivière prend de l'ampleur. Photo : Radio-Canada

Le porte-parole du groupe Environnement vert plus, Pascal Bergeron, estime que la fracturation peut entraîner des conséquences désastreuses pour l'environnement. Il rappelle que cette technique est déjà interdite dans l'ouest du Québec.

Ce n'est pas moins dangereux parce que ce n'est pas dans le schiste, ajoute-t-il. Selon lui, les produits utilisés pour fracturer la roche ne sont pas récupérés complètement, ce qui contamine le sol et l'eau sur de grandes distances.

Pascal Bergeron dit que Pieridae doit s'attendre à de l'adversité, comme ce fut le cas pour Junex.

Clairement, s'ils vont de l'avant avec la fracturation à Bourque, ça va brasser.

Pascal Bergeron, porte-parole, Environnement vert plus

Les Micmacs de la Gaspésie réclament pour leur part d'avoir leur mot à dire sur les projets d'hydrocarbures gaspésiens. D'ailleurs, la négociation avec l'État et les entreprises, amorcée il y a plus d'un an, n'est toujours pas terminée.

Rappelons que pour cette propriété en Gaspésie, le gouvernement du Québec est un partenaire majeur de développement, détenant une participation de 45 % par l'intermédiaire de Ressources Québec.

Pieridae Energy n'a pas donné suite à nos demandes d'entrevues, formulées pourtant à de nombreuses reprises depuis plus d'un mois. L'entreprise a cependant réagi par écrit.

Réponse de Pieridae Energy

Ce document a été préparé avant l'entrée en vigueur des nouveaux règlements et il représentait les perspectives à ce moment-là. Pour l'instant, aucune demande de permis ou de travaux n'est planifiée. Lorsque nous prendrons des décisions en regard de la nouvelle réglementation, nous ferons une annonce.

- Jean-François Belleau, directeur des relations publiques et gouvernementales, Pieridae Energy

Environnement