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Système de paye Phénix : le VG du Canada réprimande encore le gouvernement

Vue aérienne de la tour de la Paix avec la rivière des Outaouais en arrière-plan

Vue aérienne de la tour de la Paix à Ottawa

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

« Aucune amélioration », « une tache au dossier »... C'est en ces termes que Michael Ferguson, vérificateur général du Canada, décrit les ratés persistants du système de paye Phénix.

Il y a une tache au dossier : le gouvernement n’a toujours pas démontré d’indication qu’il a réduit l’impact des erreurs reliées à la paye provenant de la transformation de l’administration de la paye, incluant le système de paye Phénix, écrit le VG dans un rapport précisant qu'il ne s'agit pas d'un rapport d'audit, mais d'un commentaire sur les résultats des audits financiers de 2017-2018 que son bureau a réalisés.

Le VG déplore aussi l'absence d'amélioration depuis un an quant au système de paye utilisé pour les salaires des fonctionnaires fédéraux.

Il n'y a eu aucune amélioration depuis l'an dernier.

Commentaire du vérificateur général du Canada

Dans son second rapport sur le système de paye Phénix, présenté en mai dernier, le vérificateur général du Canada avait dressé un portrait gênant et préoccupant de sa mise en oeuvre par le gouvernement fédéral.

615 millions de dollars pour les erreurs de paye

Dans son commentaire, Michael Ferguson chiffre à 615 millions de dollars le montant total des erreurs de paye, en date du 31mars.

Nous avons estimé que le gouvernement devait 369 millions de dollars à ses employés (parce qu’ils avaient été sous-payés) et que les employés devaient au gouvernement 246 millions de dollars (parce qu’ils avaient été payés en trop). Autrement dit, les erreurs de paye s’élevaient à environ 615 millions de dollars au 31 mars 2018, écrit-il.

Nous avons constaté que 62 % des employés de notre échantillon avaient reçu une paye inexacte au moins une fois au cours de l'exercice, ajoute-t-il.

Le Sénat avait chiffré le fiasco à un montant attendu d'environ 2,2 milliards de dollars d’ici 2023, dans son rapport sur l'échec du système de paye Phénix et ses conséquences pour les Canadiens, rendu public en juillet.

Hausse des demandes d'intervention de paye en attente

Selon le commentaire du VG, les demandes d'intervention de paye en attente ont aussi augmenté de mars 2018 à juin de la même année dans les 46 ministères et organismes servis par le Centre des services de paye.

Selon ces résultats, le nombre de demandes d'intervention de paye en attente est passé de 182 500 à 187 000, soit une hausse de 4500 demandes en trois mois.

Un schéma qui montre une hausse du nombre de demandes d'intervention de paye en attente.

Un schéma tiré de l'analyse du Bureau du VG du Canada.

Photo : Capture d'écran

La répartition des erreurs décelées par le Bureau du VG

Enfin, dans ce commentaire publié sur son site Internet, le Bureau du vérificateur général détaille le pourcentage des erreurs décelées pour chaque type de paye. Par exemple, le pourcentage d'erreurs le plus important a été décelé pour la paye ordinaire (24 %).

Tous ces éléments sont interreliés, précise-t-il. Une erreur dans un élément peut se répercuter sur d’autres, ce qui augmente la difficulté des calculs de paye.

Un schéma qui représente les éléments de la paye des employés pour lesquels les tests du Bureau du VG ont décelé des erreurs.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les pourcentages d'erreurs pour chaque élément de la paye.

Photo : Capture d'écran

« C’est un embarras pour tout le monde au gouvernement »

Greg McGillis, vice-président exécutif régional de la capitale régionale de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), espère que les mots du vérificateur général résonnent et contribuent à faire avancer le dossier.

Ce dernier affirme cependant que le constat du statu quo du vérificateur général n’a rien de surprenant. On avait une impression que la complexité des cas [et] que le nombre de cas était assez similaire, indique M. McGillis.

Selon le représentant syndical, les réprimandes de M. Ferguson sont une preuve supplémentaire de « l’urgence » d’agir dans ce dossier. Ça souligne la nécessité pour le gouvernement de reconnaître leurs devoirs vis-à-vis des employés qui sont affectés, croit M. McGillis.

Des 50 000 fonctionnaires représentés par le syndicat de M. McGillis, il estime qu’au moins 30 000 d’entre eux sont touchés par les problèmes du système de paie.

Ottawa-Gatineau

Politique fédérale