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  • Archives
  • Les hauts et les bas de notre système électoral 

    Une électrice vote secrètement lors d'une élection au Canada.
    Le débat sur la réforme électorale date déjà de plusieurs années au Québec. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    La campagne électorale et les résultats de la dernière élection provinciale ont ranimé le débat sur la réforme du système électoral au Québec. Nos archives montrent que ce débat ne date pas d'hier. On constate aussi que tous les systèmes électoraux possèdent des points forts et des points faibles.

    Encore une fois

    Le midi, 1er décembre 1998

    Lorsque l’animateur Pierre Craig commence l’émission Le Midi du 1er décembre 1998, le Québec vient de vivre, la journée précédente, des élections générales.

    Une surprise est cependant apparue le 30 novembre lors du dépouillement du scrutin.

    Le Parti québécois, avec 42,70 % des suffrages exprimés, remporte 76 – la majorité – des 125 sièges de l’Assemblée nationale.*

    Son principal adversaire, le Parti libéral du Québec, obtient 43,71 % des votes, mais seulement 48 sièges.

    Quant à l’Action démocratique du Québec, elle reçoit 11,78 % des voix exprimées. Elle se retrouve cependant avec un seul siège à l’Assemblée nationale.

    Avec de tels résultats, le député libéral de Westmount-Saint-Louis Jacques Chagnon relativise, devant l’animateur Pierre Craig, la représentativité et le « mandat fort » du Parti québécois.

    Quant aux auditeurs québécois, ils devaient se dire « encore une fois ».

    Ce n’est en effet pas la première fois au Québec, ou au Canada, qu’un parti politique forme un gouvernement avec l’appui de moins d’électeurs que son principal adversaire.

    Un système électoral qui crée des distorsions

    Le 5 juin 1966, il y a des élections générales au Québec.

    L’Union nationale forme un gouvernement majoritaire avec 56 sièges, mais ne recueille que 40,82 % des suffrages exprimés.

    C’est beaucoup moins que le Parti libéral du Québec qui a obtenu 47,29 % des votes, mais qui remporte seulement 50 sièges.

    Une distorsion similaire est aussi apparue lors d’élections fédérales. Le 22 mai 1979, le Parti conservateur du Canada bat le Parti libéral du Canada.

    Émission spéciale, 24 mai 1979

    Comme le montre l'analyse du journaliste Paul Racine durant l'émission spéciale présentée par l'animateur Bernard Derome le 24 mai 1979, il n'y a pas de coïncidence entre le vote populaire exprimé et le nombre de sièges remporté par le parti vainqueur et ses adversaires.

    Les conservateurs remportent 136 sièges contre 114 pour les libéraux. Pourtant, le Parti libéral fédéral avait totalisé 40,11 % des suffrages exprimés contre 35,89 % des votes pour le Parti conservateur du Canada.

    Autre cas de distorsion : le parti vainqueur obtient le plus de voix, mais dispose d’un nombre disproportionné de sièges au Parlement.

    C’est arrivé le 29 octobre 1973 au Québec quand le Parti libéral provincial a remporté 102 des 110 sièges de l’Assemblée nationale.

    L’opposition officielle, le Parti québécois, doit alors se contenter de 6 sièges, bien qu’il ait obtenu 30 % des suffrages exprimés.

    Une volonté de réformer un système dysfonctionnel

    Avec 35 %, on pourrait avoir un gouvernement majoritaire.

    Claude Béland

    Il y a à peine une dizaine de pays qui a encore ce système qui s’inspire du régime britannique.

    Claude Béland

    Le grand responsable de ces anomalies, c’est le système électoral appelé uninominal à un tour dont nous avons hérité de la colonisation britannique.

    Le 26 mars 2007, le Québec est de retour aux urnes.

    Au coeur de l'actualité, 26 mars 2007

    Alors qu’on attend le verdict des électeurs, l’animatrice Anne-Marie Dussault de l’émission Au cœur de l’actualité reçoit en entrevue Claude Béland, président du Mouvement Démocratie et Citoyenneté du Québec.

    Claude Béland a présidé les États généraux sur les institutions démocratiques convoqués par le gouvernement du premier ministre Bernard Landry en 2002. Leur but est de réfléchir sur les moyens qui donneraient plus de pouvoirs aux citoyens du Québec.

    Il constate que le système électoral en place au Québec ne fonctionne pas.

    L’existence de plusieurs partis détraque son fonctionnement prévu dans un cadre où seulement deux partis s'affrontent.

    Puis il y a les déséquilibres de représentation entre les régions peuplées et moins peuplées. Ces bris de mécanisme minent le principe de l’équité du vote.

    La solution préconisée par Claude Béland : un système électoral à deux votes. Les électeurs désigneraient à la fois des députés élus directement à l’Assemblée nationale et des députés élus sur la base de régions électorales.

    C’est ce qu’on appelle un système électoral proportionnel mixte.

    Claude Béland souligne toutefois un élément fondamental dans l’entrevue avec Anne-Marie Dussault. Tous les systèmes électoraux comportent à la fois des qualités et des défauts.

    Rien n’est parfait…

    5 sur 5, 22 janvier 2006

    Ces faiblesses inévitables dans tous les systèmes électoraux, l’animateur Gilles Gougeon les a résumées dans un reportage infographique qu’il a présenté à l’émission 5 sur 5, le 22 janvier 2006.

    Tout système électoral doit composer avec deux principes qui entrent souvent en contradiction.

    D’une part, il doit représenter le plus fidèlement possible la volonté des électeurs. C’est le principe de représentativité.

    Mais trop de représentativité peut nuire au principe de stabilité des gouvernements.

    Différents types de systèmes électoraux intègrent différents équilibres entre ces deux principes.

    À un extrême, on retrouve notre système uninominal à un tour. S’il est stable, il est parfois très peu représentatif de la volonté des électeurs.

    À l’autre extrême, il y a le système proportionnel intégral. Si ce système respecte fidèlement la volonté populaire, il peut être dangereusement instable et mener à l’impossibilité de gouverner.

    Entre ces deux extrêmes, plusieurs systèmes peuvent être conçus.

    D’où la nécessité pour les législateurs et les électeurs qui souhaitent une réforme du système électoral actuellement en vigueur au Québec de peser le pour et le contre.

    * Les résultats définitifs ont été confirmés plus tard par le Directeur général des élections du Québec.

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