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Légalisation du cannabis : de la surveillance, mais pas d'arrestation sur les routes de la région

Un homme inconnu lève sa jambe gauche pour tester son équilibre devant trois agents du Service de police de la Ville de Gatineau en bordure de la route.
Les policiers du SPVG n'ont soumis qu'un seul automobiliste à une épreuve de coordination des mouvements. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Moins d'une semaine après la légalisation du cannabis, les policiers d'Ottawa et de Gatineau continuent d'être très présents sur les routes de la région. Ils n'ont toutefois effectué aucune arrestation pour conduite avec les facultés affaiblies par le cannabis.

Un barrage a été mis en place dimanche matin à Gatineau. C’est sur le boulevard Fournier, entre 9 h 30 et 11 h 30, que les policiers du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) ont rencontré près d’un millier d’automobilistes. Quatre agents, dont un technicien, et deux sergents étaient sur place.

Seulement un conducteur a dû se prêter à une épreuve coordination des mouvements, parce que les policiers avaient des raisons de croire qu'il avait peut-être consommé du cannabis. Toutefois, l'automobiliste a réussi l'épreuve et a pu continuer son chemin.

Du côté d'Ottawa, il y a eu plusieurs barrages dans les derniers jours, et là aussi, aucune arrestation. Dans un cas, les policiers ont même intercepté un automobiliste qui avait du cannabis sur lui, qui a reconnu en avoir consommé, mais qui a réussi toutes les épreuves. L'automobiliste en question a donc pu reprendre sa route.

Un automobiliste a dû subir une évaluation de ses facultés par des agents du Service de police d'Ottawa, jeudi. Photo : Radio-Canada

L’agent Luc Mongeon du Service de police d'Ottawa (SPO) a affirmé avoir mené plusieurs examens physiques en bordure de la route et a indiqué que l'automobiliste en question n'a échoué aucun test. Il n'avait pas les facultés assez affaiblies pour être arrêté en raison d'avoir commis une infraction du Code criminel.

Des règles perfectibles

Pour l’avocat criminaliste Christian Deslauriers, ce dernier exemple montre bien les limites de l'action des policiers. Est-ce que la loi est bien faite pour évaluer ça? On a un bon exemple où ce n'est pas le cas, a-t-il fait valoir.

Or, pour le sergent Dany Laberge du SPO, c’est du connu. C’est comme la semaine dernière. La conduite avec facultés affaiblies par la drogue était illégale avant [la légalisation du cannabis] et ça demeure le cas aujourd’hui, a-t-il dit aux abords d’un barrage routier dans le cadre de l’opération RIDE tenue à Ottawa jeudi soir.

Dany Laberge répond aux questions d'un journaliste aux abords d'un barrage routier. Le sergent Dany Laberge du Service de police d'Ottawa. Photo : Radio-Canada

Avant le 17 octobre, trouver du cannabis dans un véhicule aurait probablement mené à une arrestation pour possession, alors que depuis la légalisation, ce n’est plus le cas. Pour nous, les agents de police, nous devons changer notre mentalité, a reconnu M. Laberge.

Des tests salivaires pour mieux encadrer la réglementation?

Me Deslauriers croit que l'introduction de tests salivaires pourrait permettre de déterminer plus objectivement si un conducteur a consommé ou non du cannabis. Mais encore là, plusieurs questions demeurent.

Personne ne connaît avec exactitude son niveau d’intoxication, croit l'avocat. Comment le calculer? L'alcool, on a de l'expérience, ça fait longtemps. Si on n'a pas consommé, on a vu nos parents consommer avant nous, on a vu ce qu'il fallait faire, ne pas faire. Là, on arrive dans une situation où personne ne sait vraiment quoi faire. Il croit d'ailleurs que les policiers seront encore confrontés à plusieurs cas semblables à l'avenir.

Même s'il n'y a pas eu d'arrestation en lien avec la conduite et le cannabis pour l'instant, les services de police des deux côtés de la rivière des Outaouais affirment qu'ils continueront à être très présents sur les routes dans les semaines à venir.

Avec les informations de Yasmine Mehdi et de Matthew Kupfer

Ottawa-Gatineau

Forces de l'ordre