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Les syndiqués de Postes Canada en grève

Le reportage de Marie-Claude Morin
Radio-Canada

Les employés de Postes Canada ont déclenché une grève tournante dans quatre villes, lundi, à partir de 0 h 01.

Halifax, Windsor, Edmonton et Victoria sont les municipalités ciblées par le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) pour cette première journée de grève.

Il n’y aura donc pas de service de livraison ni de ramassage du courrier et des colis dans ces secteurs. La grève durera 24 heures et les villes touchées changeront d'un jour à l'autre.

« En fin de semaine, Postes Canada avait la possibilité d'empêcher qu'une interruption de service commence lundi matin. Mais, comme elle le fait depuis près d'un an, elle a plutôt préféré refuser de discuter des enjeux qui comptent pour nos membres », a déclaré Mike Palecek, président national du STTP.

Le STTP a expliqué par voie de communiqué avoir choisi de recourir à la grève tournante pour « réduire le plus possible les conséquences, sur la population, d'une interruption de service ».

En cas de grève, le syndicat s'est déjà engagé auprès de Postes Canada à livrer tout de même les chèques de pension et d'aide sociale, comme il l'a fait dans le passé.

La grève tournante va se poursuivre tant que Postes Canada ne négociera pas avec sérieux. Elle se doit de mieux agir. Les membres du STTP méritent de meilleures conditions de travail.

Mike Palecek, président national du STTP

La négociation privilégiée

Postes Canada a réagi par voie de communiqué à l’annonce d’une grève tournante de ses employés en réitérant qu’elle « maintient son engagement envers le processus de négociation ».

« Nous avons déposé une offre significative qui comprend des augmentations de salaire, la sécurité d’emploi et l’amélioration des avantages sociaux, et qui ne demande aucune concession. Nous répondons aussi à de nombreux enjeux soulevés par le syndicat et nous avons offert de travailler ensemble à trouver des solutions constructives », affirme la société d’État.

Elle ajoute : « Nous demeurons déterminés à en arriver à une entente négociée avec le STTP, en prenant toutes les mesures nécessaires pour réduire au minimum l’incidence que tout arrêt de travail pourrait avoir sur nos clients. La grève tournante pourrait occasionner de légers retards pour la clientèle ».

Elle souligne également qu'elle poursuit ses activités à l’échelle du pays. « Nous acceptons le courrier et les colis et en assurons la livraison dans toutes les autres régions », écrit-elle.

Proposition rejetée

Samedi, le syndicat a publié un communiqué indiquant que la partie patronale avait refusé une nouvelle proposition qu'il lui avait présentée.

Le STTP disait avoir déposé de nouvelles propositions touchant la charge de travail, la précarité d'emploi et la rémunération des facteurs ruraux et suburbains.

De son côté, Postes Canada s'est défendue en affirmant répondre « à de nombreux enjeux soulevés par le syndicat et [avoir] offert de travailler ensemble à trouver des solutions constructives ».

Le STTP a déposé un préavis de grève, mardi.

La convention collective des syndiqués de Postes Canada est échue depuis décembre 2017, et les 10 mois de négociation qui se sont écoulés depuis n’ont pas permis de dénouer l’impasse.

Après avoir obtenu un fort mandat de grève de ses membres le 11 septembre, le STTP a d’abord menacé de déclencher une grève le 26 septembre, avant de se raviser.

Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, qui, au Québec, est affilié à la FTQ, compte quelque 50 000 membres au Canada, dont 42 000 facteurs urbains et 8000 facteurs ruraux ou suburbains.

Réactions

La Société québécoise du cannabis (SQDC), qui est en ce moment prise d’assaut par les consommateurs désirant se procurer légalement des produits du cannabis, n’a pas tardé à réagir.

« Pour l'instant, vu le nombre de commandes et les validations d'identités nécessaires pour la livraison de colis, il ne semble pas y avoir de plan B possible. Nous suivons la situation. Mentionnons qu'une grève tournante aurait bien évidemment des impacts beaucoup moins importants qu'une grève générale », a déclaré Mathieu Gaudreault, porte-parole de la SQDC.

Avec les informations de La Presse canadienne

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