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La FSIN perd l'appui de chefs de Premières Nations à la veille des élections

Un candidat à l'élection s'adresse à une assemblée.

Les délégués issus des 74 Premières Nations membres de la FSIN voteront pour un nouveau chef jeudi à Saskatoon.

Photo : CBC / Brad Bellegarde

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan (FSIN) a perdu l'appui de chefs de Premières Nations, alors que les membres de la FSIN doivent élire leur nouveau chef cette semaine.

« La FSIN est en déroute et ça donne une mauvaise image de tous les membres des Premières Nations », a déclaré le chef du Conseil tribal de Saskatoon, Mark Arcand.

Les délégués de la FSIN voteront pour un nouveau chef jeudi prochain, mais Mark Arcand et d'autres membres des Premières Nations affirment qu'il faudra plus qu'une élection pour réparer cette institution vieille de 72 ans.

Ils n'ont plus de vision.

Mark Arcand, chef du Conseil tribal de Saskatoon

L'objectif de la FSIN est de faire pression pour que les traités soient respectés, notamment dans les domaines de l'éducation, de la santé, de la justice, et du logement.

Les sept bandes du Conseil tribal de Saskatoon ont envoyé une lettre à la FSIN indiquant qu’elles ne se reconnaissent plus au sein de la fédération.

Selon Mark Arcand, les 74 Premières Nations membres de la FSIN devraient cesser de contribuer au financement de la fédération. « Ne prenez plus notre argent. Nous ne voyons pas ce que ces investissements apportent », regrette-t-il.

Marc Arcand sourrit dans la rue, en entrevue.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Selon le chef du Conseil tribal de Saskatoon, Marc Arcand, les membres des Premières Nations souffrent toujours des séquelles des pensionnats autochtones.

Photo : Radio-Canada / Omayra Issa

Le chef Arcand affirme que la FSIN est distraite par des chamailleries et des querelles internes. Par exemple, la police a été appelée aux bureaux de la FSIN à Saskatoon ce mois-ci, lors d’une dispute concernant le choix du chef par intérim pendant la campagne électorale.

Mark Arcand a également déclaré que la FSIN n'avait pas réussi à soutenir le Conseil tribal de Saskatoon dans ses revendications juridiques et politiques à l'égard des services de protection de l'enfance. « Nous n'avons reçu aucun soutien de la part de la FSIN – rien », a-t-il dit.

Des Nations mécontentes

La chef de la Première Nation Sakimay, Lynn Acoose, dit faire pression pour obtenir des réformes, mais elle ajoute que peu de choses ont été accomplies ces dernières années. Selon elle, la FSIN a oublié son mandat initial consistant à lutter pour les droits issus des traités.

« Je pense que c'est très désorganisé et qu'ils passent trop de temps à chercher de l'argent. Si les choses ne changent pas, nous nous dirigeons vers l'assimilation », soutient-elle.

Lynn Acoose devant un édifice.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lynn Acoose ira voter même si elle pense que les chefs devront envisager de dissoudre complètement la FSIN si les choses ne s'améliorent pas rapidement.

Photo : CBC / Jason Warick

Sauver la fédération?

Aucun représentant de la FSIN n'a pu être joint pour commenter directement. Cependant, d'autres chefs défendent l'institution.

« Ils offrent un lieu de solidarité où les nations se rassemblent et discutent de problèmes », a indiqué le chef de la Première Nation de White Bear, Nathan Pasap.

De son côté, le chef Michael Starr de la Première Nation de Star Blanket a confié qu’il était temps de « rafraîchir et de renouveler » la fédération. Mais il estime que critiquer publiquement et menacer de se retirer de la FSIN n'était pas la bonne approche.

Nos ancêtres voulaient que nous travaillions ensemble. [...]Je crois que nous allons y arriver.

Michael Starr, chef de la Première Nation de Star Blanket

L'ancien chef de la FSIN, Sol Sanderson, estime que la fédération mérite d'être sauvée.

Il souligne tout le travail accompli depuis la création de la FSIN, en 1946, comme la fondation de l’Université des Premières Nations du Canada et du Saskatchewan Indian Institute of Technologies, dans les années 1970.

Sol Sanderson à la caméra.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'ancien chef de la FSIN, Sol Sanderson,dit qu'il était important d'assurer un financement adéquat aux dispositifs actuels en matière d'éducation, de protection de l'enfance et d'autres domaines.

Photo : CBC

Il rappelle aussi qu'en 1993, les dirigeants de la FSIN ont aidé à négocier l’entente sur les droits fonciers issus de traités et que depuis 1995, l'accord sur le jeu de la FSIN a permis de générer des dizaines de millions de dollars de chiffre d'affaires dans les casinos, tout en créant des milliers d'emplois.

La Fédération restera en place aussi longtemps que nous en aurons besoin.

Sol Sanderson, ancien chef de la FSIN

Depuis lors, Sol Sanderson admet que les progrès ont stagné sur de nombreux fronts, mais il croit que la FSIN peut être restaurée, car, selon lui, la fédération peut être un puissant instrument pour faire progresser collectivement les droits des Premières Nations et affirmer leur souveraineté.

Avec les informations de Jason Warick

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