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L'Atlantique est convoitée à un an des élections fédérales

La ville d'Halifax en Nouvelle-Écosse
Les partis de l'opposition souhaitent reprendre des sièges dans la région de l'Atlantique, où ils n'ont fait élire aucun député en 2015. Sur la photo : la ville d'Halifax en Nouvelle-Écosse. Photo: iStock

Les prochaines élections fédérales doivent avoir lieu dans un an, soit le 21 octobre 2019. En 2015, le Parti libéral du Canada (PLC) a raflé la totalité des 32 sièges des provinces de l'Atlantique, du jamais vu en politique moderne. Cela place la barre bien haut pour le prochain scrutin et rend envieux les partis de l'opposition, qui ont tout à gagner.

Un texte d’Alix Villeneuve

Impossible de faire mieux en nombre de sièges pour les libéraux en Atlantique, souligne le professeur de sciences politiques Yvon Grenier, de l’Université Saint-Francis-Xavier en Nouvelle-Écosse.

C’est impossible de faire mieux… Mais c’est tout à fait possible de faire moins bien.

Yvon Grenier, politologue de l’Université Saint-Francis-Xavier
Yvon Grenier en entrevueLe politologue Yvon Grenier estime que les libéraux vont se faire attaquer sur plusieurs fronts dans la région de l'Atlantique Photo : Radio-Canada

Il faut s’attendre à ce que le PLC perde quelques sièges, juge-t-il. C’est qu’avec le nombre de voix totales au lieu du nombre de circonscriptions, on observe une tout autre réalité pour le PLC dans la région, souligne-t-il.

Si on avait eu une représentation proportionnelle dans la région Atlantique, il y aurait eu 19 libéraux, 6 conservateurs et 6 NPD. Ce n’est pas un grand grand balayage comme la distribution des sièges peut le suggérer.

« Focuser » sur l’économie, lancent les libéraux

Comment les libéraux comptent-ils prouver aux Canadiens qu’ils méritent un second mandat ? En se concentrant sur l’économie, répond le ministre Dominic LeBlanc.

Il évoque entre autres l’entente de libre-échange avec les États-Unis. Une preuve de notre focus sur les questions qui touchent la vie des Canadiens.

Dominic LeBlanc aux Communes alors qu'il était ministre des Pêches et des Océans.Dominic LeBlanc estime qu'en travaillant pour la vie économique de la classe moyenne et en oeuvrant pour la création d'emploi, les libéraux seront en mesure à prouver de nouveau leur valeur aux yeux des Canadiens. Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Quand on a le titre de champion, la prochaine bataille, on doit défendre son titre, affirme la porte-parole du PLC, Marjolaine Provost. Selon elle, le parti est bien équipé, entre autres puisque la réponse des sympathisants est bonne sur le terrain.

On n’est pas plus ou moins inquiet que ce qu’on était à la veille de la dernière élection. On va travailler aussi fort, sinon plus.

Marjolaine Provost, porte-parole du PLC

Elle indique que plus de 15 000 personnes ont adhéré au parti dans les deux dernières années dans la région. Un signe que la base militante demeure motivée selon elle.

Une élection provinciale encourageante pour les conservateurs

Du côté du Parti conservateur du Canada, on observe avec attention le choix des Néo-Brunswickois lors des récentes élections provinciales.

Dans le sud de la province, la presque totalité des sièges a été remportée par le Parti progressiste conservateur, les cousins provinciaux, avec qui le parti fédéral a une étroite parenté. Les deux formations s'opposent par exemple à la taxe sur le carbone.

Il y a de grands gains à faire dans ces régions-là, souligne l’ancien député fédéral Jean Dubé, qui milite toujours pour le Parti conservateur du Canada. Il précise toutefois que les gains sont possibles, même dans le nord de la province.

Un siège serait bon, c'est déjà mieux!, lance-t-il à la blague.

Jean Dubé lors d'une entrevue à la radio. Jean Dubé s'est présenté dans la course à la direction du Parti progressiste-conservateur du N.-B. Il se dit en réflexion quant à la possibilité de se présenter aux élections fédérales de l'an prochain. Photo : Radio-Canada / Marie-Élaine Cloutier

Il souligne entre autres que les décisions du gouvernement Trudeau concernant l’industrie des pêches et l’assurance-emploi seront un boulet pour les libéraux avant les prochaines élections.

Il y a beaucoup de malaise [envers les libéraux]. Je pense qu’on va voir le même malaise au niveau fédéral.

Jean Dubé, militant pour le Parti conservateur du Canada

Sur les régions à cibler pour la prochaine année en Atlantique, il veut passer sous la loupe chaque circonscription remportée dans le passé.

Il faut travailler plus fort, lance le NPD

Du côté du Nouveau Parti démocratique, on va souligner qu’avec la totalité des sièges, les libéraux auront peut-être tendance à tenir la région pour acquise, estime son chef parlementaire Guy Caron. C’est probablement un élément sur lequel on va jouer.

Sur diverses questions qui touchent particulièrement l’Atlantique, on a l’impression que lorsqu’il était temps de se lever, les députés ne l’ont pas fait.

Guy Caron, chef parlementaire du NPD
Le député néo-démocrate de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Guy Caron.Guy Caron est aussi le député néo-démocrate de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, la circonscription la plus à l'est du pays pour le NPD. Photo : Courtoisie Guy Caron

Il souhaite faire des gains notamment dans le nord du Nouveau-Brunswick, à Halifax et à Saint-Jean de Terre-Neuve, des régions où le parti a traditionnellement bien fait, indique M. Caron.

Est-ce que ces gens ont été bien représentés par rapport à ce que Yvon Godin, Megan Leslie et Jack Harris offraient?, lance-t-il en évoquant ces anciens députés du NPD de ces régions.

L'ex-député néo-démocrate d'Acadie-Bathurst, Yvon Godin L'ex-député néo-démocrate d'Acadie-Bathurst, Yvon Godin avait été élu avec près de 70 % des voix en 2011. Selon Guy Caron, la popularité du député peut expliquer ce résultat, mais les électeurs savent qu'il était étiqueté au NPD. Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Toutefois, la base militante du parti doit être reconstruite, admet-il. Je ne vous fais pas de cachette, on n’est pas là où on voudrait l’être présentement, que ce soit en Atlantique ou dans le reste du pays. On a beaucoup de travail à faire.

Aux élections provinciales au Nouveau-Brunswick, le NPD-NB a récolté 5 % des voix. Ça envoie un signal qu’il faut travailler plus fort, de façon acharnée, ça, c’est clair, lance Guy Caron.

En 2015, les Canadiens ont élu 184 députés libéraux, 99 conservateurs, 44 néo-démocrates, 10 bloquistes et 1 vert.

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