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Les Afghans votent au péril de leur vie pour une deuxième journée

Un policier mène la garde à un poste de contrôle de Kaboul lors de l'élection législative.
Un policier mène la garde à un poste de contrôle de Kaboul lors de l'élection législative. Photo: Reuters / Omar Sobhani
Reuters

L'élection législative en Afghanistan, perturbée samedi par des problèmes logistiques et marquée par un attentat sanglant à Kaboul, s'est poursuivie dimanche malgré les risques liés à la sécurité et les soupçons de fraude électorale.

Les talibans opérant librement dans une grande partie du pays, ces élections sont considérées comme un test majeur de crédibilité pour le gouvernement afghan soutenu par l'Occident.

Environ trois millions d'Afghans ont voté samedi, un taux de participation plus important que prévu, mais de graves problèmes techniques ont été signalés dans tout le pays et un grand nombre de bureaux de vote sont restés fermés, souvent à cause du manque de personnel.

Le député sortant Mohammad Arif Rahmani a évoqué des signes « évidents » de fraude.

Cette prolongation de l'élection d'un jour et demi était déjà en soi un élément ouvrant la voie à la fraude.

Le député sortant Mohammad Arif Rahmani

Face à une vague de plaintes, la Commission électorale indépendante (CEI) a annoncé qu'elle prolongeait le vote dans 401 bureaux de vote qui n'avaient pas ouvert samedi.

Dans les faits, moins des deux tiers des bureaux de vote qui devaient ouvrir dimanche ont effectivement ouvert leurs portes, le reste des bureaux étant fermés pour des raisons de sécurité, a déclaré le président de la CEI, Abdul Bade Sayad.

Plus de 120 attentats à la grenade ou à l'aide d'engins explosifs improvisés ont été recensés samedi et des dizaines de personnes ont été tuées et blessées à travers le pays.

Un attentat-suicide, survenu dans un quartier du nord de Kaboul, a fait au moins 15 morts – dix civils et cinq policiers. Il n'a pas été revendiqué.

Un travailleur électoral afghan compte les bulletins de vote dans le cadre de l'élection législative.Un travailleur électoral afghan compte les bulletins de vote dans le cadre de l'élection législative. Photo : Reuters / Mohammad Ismail

Enlevés et tués

Dans certaines provinces, des hommes armés sont entrés de force dans des bureaux et ont détruit du matériel électoral.

Dimanche, les corps de quatre observateurs ont été retrouvés dans la province de Balkh, dans le nord du pays. Ils avaient été enlevés la veille et ont été tués par balle.

Les opérations de dépouillement ont commencé, mais les résultats ne sont pas attendus avant le mois prochain.

La Fondation d'Afghanistan pour la transparence des élections, un groupe de la société civile, a annoncé que plus d'un million d'électeurs avaient voté à Kaboul. La participation a cependant été très faible dans les provinces, a-t-elle précisé par la voix de son directeur, Naeem Ayubzada.

Selon la Fondation, la prolongation du scrutin a multiplié les possibilités de fraude. Des urnes à moitié vides sont restées ouvertes samedi soir dans certains bureaux de vote.

Mariam Sulaimankhel, candidate de la minorité nomade des Kochis, qui dispose de 10 sièges réservés, a déclaré que, comme de nombreux Kochis à Kaboul, elle n'avait pas pu voter, car leurs noms ne figuraient pas sur les listes électorales.

« Nous sommes une minorité et la commission électorale ne se préoccupe pas d'une représentation équitable », a-t-elle déclaré.

En outre, le vote dans la province de Kandahar a été retardé d'une semaine après l'assassinat jeudi du puissant commandant de la police locale, le général Abdul Razeq.

Les élections dans la province de Ghazni, dans le centre du pays, ont également été reportées en raison de désaccords sur la représentation des différents groupes ethniques.

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