•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Santé Canada fait preuve de « laxisme » dans le dossier des boissons sucrées alcoolisées, selon Éduc'alcool

Des canettes de Four Loko dans un dépanneur

Des canettes de Four Loko dans un dépanneur

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

En mars dernier, Éduc'alcool se réjouissait de l'annonce d'une consultation de Santé Canada afin de mieux encadrer la vente de boissons sucrées alcoolisées comme le Four Loko. Mais aujourd'hui, l'organisme s'impatiente. La publication récente d'un avis public sur le danger de mélanger alcool, caféine et médicaments, comme l'a recommandé le coroner dans son rapport sur la mort de Pierre Parent, de Drummondville, est loin de satisfaire Éduc'alcool.

Un texte de Marie-Pier Bouchard (Nouvelle fenêtre)

Dans une lettre envoyée au Bureau du coroner du Québec le 14 septembre et obtenue par la Loi d'accès aux documents, Santé Canada s'engage à transmettre un avis public avant la fin du mois de septembre pour faire suite au rapport du coroner dans le dossier de la mort de Pierre Parent.

L'avis en question « concernant les dangers de la consommation d’alcool éthylique en combinaison avec des stimulants tels la caféine ou certains médicaments arythmogènes » a été publié sur le site internet de Santé Canada le 27 septembre.

C'est exactement ce qu'a recommandé le coroner Yvon Garneau dans son rapport sur la mort de Pierre Parent rendu public le 21 août, mais selon le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy, ce n'est pas suffisant.

Le coroner a invité le gouvernement à faire de la sensibilisation. Faire de la sensibilisation ce n’est pas de mettre quatre phrases sur un site internet en espérant qu’un jour quelqu’un viennent le visiter.

Hubert Sacy, directeur général, Éduc'alcool
Hubert Sacy, directeur général d'Éduc'alcoolAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Hubert Sacy, directeur général d'Éduc'alcool

Photo : Radio-Canada

Dans le cas de Pierre Parent, c'est le mélange de Four Loko, de caféine et d'un médicament contre le rhume qui a été fatal, conclut le coroner Yvon Garneau au terme de son investigation.

La prévention ce n’est pas mettre un texte quelque part et attendre les bras croisés. La prévention, c’est un travail dynamique, c’est un travail actif, c’est aller vers les gens. On ne reste pas assis dans son bureau à écrire des phrases sur un écran , ajoute Hubert Sacy.

Santé Canada indique par courriel que la nouvelle réglementation visant à limiter la concentration d'alcool dans ces boissons alcoolisées très sucrées devrait entrer en vigueur au cours des prochains mois au terme d'un processus qui suit son cours.

En attendant, certaines mesures ont été prises récemment, mentionne l'organisation, comme la publications de certains documents informatifs.

Santé Canada affirme que l'élaboration de cette nouvelle réglementation se fait à partir de la consultation de 45 jours tenue au cours des derniers mois et du rapport produit par la suite.

Urgence d'agir

Le directeur général d’Éduc’alcool considère que la consultation du gouvernement fédéral a été « interminable » et il s’explique mal qu’on prenne autant de temps à mettre en place la nouvelle réglementation.

Pour la durée des procédures, Hubert Sacy croit que toutes les boissons alcoolisées très sucrées devraient être retirées des tablettes pour éviter d’autres décès au cours de cette période de réflexion.

Il y a déjà eu deux morts peut-être plus, on n’en sait strictement rien. Pendant ce temps, il y en a encore sur les tablettes.

Hubert Sacy, directeur général, Éduc'alcool
Des canettes dans un dépaneurAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des boissons sucrées alcoolisées

Photo : Radio-Canada / Josée Guérin

Santé Canada répond que chaque province est responsable de superviser la distribution et la vente de boissons alcoolisées.

Le problème des « boissons hypocrites »

Pourquoi y a-t-il davantage urgence d’agir, selon M. Sacy, dans le cas des boissons alcoolisées très sucrées?

« La bière goûte la bière, le vin goûte le vin, le scotch goûte le scotch alors que les boissons alcoolisées très sucrées sont des boissons hypocrites », répond-il.

Ces boissons camouflent le goût de l’alcool et l’effet de l’alcool. Résultat : on boit, on boit, on boit et un moment donné d’un coup boum on tombe. C’est ça le grand danger de ces boissons.

Hubert Sacy, directeur général, Éduc'alcool

Décès médiatisés

En mars dernier, c'est la mort de la jeune Athéna Gervais qui a poussé le gouvernement du Québec à limiter la vente des boissons sucrées alcoolisées qui contiennent plus de 7 % d’alcool aux succursales de la Société des alcools du Québec (SAQ).

C'est aussi à ce moment que le gouvernement fédéral a annoncé son intention de modifier la réglementation pour limiter la teneur en alcool des boissons alcoolisées très sucrées.

Même s’il croit que le gouvernement du Québec aurait pu faire plus en imposant un prix minimum pour ces produits, Hubert Sacy admet que « c’était mieux que rien ».

Le rapport du coroner du la mort du Drummondvillois, Pierre Parent, a relancé les discussions.

Santé publique

Santé