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Haro sur les vieux appareils électroniques jetés à la rue

De nombreux produits terminent leur vie au centre de tri, histoire d'en récupérer les matériaux précieux.

Photo : Reuters / Thomas Mukoya

Radio-Canada

Ordinateurs portables, imprimantes, vieux téléviseurs... Deux Québécois sur trois accumulent à la maison des appareils électroniques qui ne servent plus. Mais si le recyclage de ces appareils et autres gadgets est fortement encouragé, le processus est-il aussi efficace qu'on l'avance pour en récupérer les divers matériaux et éviter que ceux-ci n'aboutissent au dépotoir?

Pour espérer récupérer les matériaux précieux qui entrent dans la fabrication de tant d'appareils employés tous les jours, comme l'or, le cuivre et l'argent, il faut d'abord convaincre les consommateurs de recycler.

« On se dit "mais pourquoi je recyclerais mes produits électroniques désuets"? C'est très important, car ainsi on remet, dans la chaîne de fabrication de nouveaux produits électroniques, des ressources naturelles qui ont déjà été prélevées du sol; donc on peut réutiliser au lieu de prélever de nouvelles ressources à toutes les occasions », avance Martin Carli, porte-parole de l'Association pour le recyclage des produits électroniques (ARPE).

Après avoir convaincu le Québécois moyen de se séparer de son imprimante antédiluvienne, un flou demeure : une fois récupérés, les matériaux qui la composent seront-ils entièrement recyclés?

À cette question, Karel Ménard, directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, n'a pas de réponse.

« En fait, [...] on se pose la même question, car il n'y a pas de traçabilité sur les produits électroniques ni sur les matières recyclables de notre cueillette sélective, par exemple », dit-il.

L'efficacité du recyclage de ces matériaux dépend de l'endroit où l'on se départit des appareils. Les objets laissés dans un écocentre ou un point de chute de l'ARPE aboutissent bien souvent chez ECycle Solution, qui procède alors au recyclage.

Nous allons déconstruire le matériel et le séparer en plastique, en métaux, pour aller vers un centre de transformation finale, vers une fonderie par exemple.

Marc Brunette, directeur commercial de l'entreprise ECycle Solution

« Il y a un marché parallèle au nôtre, dit-il. Il existe encore un marché secondaire : ce sont des gens qui vont récupérer de vieux produits, qui vont retirer le matériel précieux, et le restant du matériel, qui a peut-être un coût à faire traiter, peut se retrouver à l'enfouissement, et même se retrouver dans un autre pays. »

Qui doit payer?

Cette récupération a toutefois un coût. Heureusement, les écofrais associés aux produits électroniques et facturés lors de l'achat de l'appareil en question financent les activités des recycleurs.

Il s'agit-là d'une incongruité importante, croit M. Ménard. « Les programmes de récupération sont financés par le consommateur, alors que ça devrait être le producteur dans le meilleur des cas, parce que c'est le producteur qui devrait être responsable du produit mis en marché », soutient-il.

Selon ce dernier, la véritable solution au défi du recyclage des produits électroniques se situe plutôt du côté de la fin de l'obsolescence planifiée des appareils. Les conserver plus longtemps permettrait d'éviter qu'autant de gadgets ne se retrouvent au centre de tri, à l'usine de recyclage ou encore au dépotoir.

D'après un reportage de Mélissa François

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