•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Voyager à l’heure du surtourisme

Le reportage de Michel Marsolais
Radio-Canada

Avec plus d'un milliard de voyageurs internationaux chaque année, l'industrie du tourisme a le vent dans les voiles. Si bien que plusieurs endroits dans le monde se rebellent maintenant contre ce qu'on appelle le surtourisme.

Un texte de Michel Marsolais

Au Salon international tourisme-voyage de Montréal, 34 000 visiteurs rêvent ce week-end de partir voir le monde. « Il y a de plus en plus de Québécois qui voyagent et qui ont envie d'aller découvrir le monde. On a toujours de nouvelles destinations à leur proposer », dit Catherine Jeannin, directrice du marketing de l’événement.

Mais, ils devront s'habituer à déambuler dans une foule de curieux comme eux. Le nombre de voyageurs internationaux atteint déjà 1,2 milliard et l'industrie croît à un rythme d'environ 7 % par année. Des hordes de touristes prennent d'assaut les plus beaux endroits du monde, les ruinant souvent au passage.

« Moi, j'essaie toujours d'aller dans des endroits le moins touristiques possible. Parce que ça se ressent quand les résidents en ont assez des touristes. Quand tu vas à l'extérieur des grandes villes, tu le sens que la population est plus accueillante. Voyager, c'est un échange. Et il faut que ça soit agréable tant pour eux que pour nous », raconte Jadia Archambault-Wakil, une visiteuse du salon de Montréal.

« On comprend les gens qui sont tannés de voir des touristes. Mais, en même temps, il y a des endroits qui valent la peine d'être visités même si c'est malheureux pour les résidents. Je sais, par exemple, qu'il y a des problèmes de ce genre à Venise. Mais, si je vais en Italie, c'est certain que je vais passer par Venise parce que c'est un incontournable! », ajoute son père, Paul Archambault.

Des manifestations contre les touristes

Dans plusieurs villes comme Barcelone ou Dubrovnik, le sentiment de trop-plein se traduit par des manifestations anti-touristes même si ceux-ci sont essentiels à l'économie locale.

« On constate que c'est saturé. Même les endroits dans la nature sont saturés », constate le photographe de voyage Florent Joyeux, de l’entreprise Barrons-nous.

C'est une vraie question! D'abord parce que pour accéder à certains points de vue c'est difficile. Il y a des endroits qui croulent sous une foule assez impressionnante. Et c’est difficile d’être créatif. Tout le monde prend les mêmes photos.

La photographe Harmony Le Reste

La multiplication des Airbnb a aussi contribué à la flambée des prix des logements dans plusieurs villes et le comportement fêtard de certains visiteurs n’aide pas à les faire apprécier des résidents locaux.

À Venise, une partie de la population a été chassée de la ville pour faire place aux touristes qu'on tente de contrôler avec des guérites et des règlements sur le flânage assortis de lourdes amendes.

De nouveaux marchés continuent de se développer, notamment en Chine. Rien qu'à Montréal, le nombre de touristes chinois est passé de 50 000 visiteurs en 2014 à 142 000 cette année. Ils devraient être 180 000 en 2020.

Certains voyageurs changent déjà leurs habitudes pour éviter l'achalandage excessif.

« On essaie toujours d'y aller à des périodes qui sont acceptables au point de vue de la température, mais qu'il y ait moins de monde. Comme en été, oubliez ça! », affirme un visiteur.

Les spécialistes parlent plutôt de problèmes d'organisation dans l'accueil des étrangers. Avec toujours plus de visiteurs aux mêmes endroits pendant les mêmes périodes, les tensions ne sont pas près de s'apaiser.

Tourisme

Économie