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analyse

Le climat politique ou « le climat et la politique » à un an du scrutin fédéral

Le premier ministre Justin Trudeau en chambre, à Ottawa
Sous l'égide du premier ministre Justin Trudeau, le gouvernement libéral tance ses adversaires conservateurs sur la question de l'environnement. Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Madeleine Blais-Morin

ANALYSE – À un an du prochain scrutin, les attaques des libéraux de Justin Trudeau ont déjà commencé. Pas cinglantes, mais tout de même bien ciblées : elles s'en prennent à l'absence de plan conservateur dans la lutte contre les changements climatiques. Tous les partis s'entendent sur le fait que cet enjeu fera partie de la prochaine campagne électorale. Mais le gouvernement Trudeau ne sera pas le seul à décocher des flèches, il risque aussi d'en recevoir.

Il y a quelques jours, le Parti libéral de Justin Trudeau publiait un tweet, avec « MISE À JOUR » écrit ainsi, en lettres majuscules. Les libéraux annonçaient avoir trouvé le plan pour le climat des conservateurs d’Andrew Scheer. Mais le lien affiché renvoyait à un message d’erreur : « Erreur : Aucun plan trouvé. »

Les libéraux ont l’intention d’exploiter cette faille, avant que leurs adversaires conservateurs se décident à enfin présenter leur plan. Ça viendra, nous dit-on dans l’équipe d’Andrew Scheer. La partie pourrait alors se corser. Les tweets humoristiques ne suffiront probablement plus.

Le ministre Pablo Rodriguez, qui coprésidait la dernière campagne des libéraux, disait en entrevue il y a quelques jours :« Je pense que la lutte contre les changements climatiques va être un enjeu important. Il n'y a pas nécessairement de consensus sur comment y arriver, mais il y a un consensus qu'il faut agir, à part les membres du Parti conservateur ».

Un prix sur le carbone qui divise

Le plan libéral visant à mettre un prix sur la pollution vient de recevoir un cautionnement important.

La taxe sur le carbone est la solution, selon les tout derniers lauréats du prix Nobel d’économie. Mais ces voix scientifiques résonneront-elles davantage que celles, plus populistes, à la Doug Ford, qui retire sa province de la Bourse du carbone? La Saskatchewan et le Manitoba contestent, eux aussi, la volonté d’Ottawa de dicter aux provinces quel prix elles devront apposer au carbone.

Le Parti conservateur d’Andrew Scheer qui s’oppose à la taxe sur le carbone a donc de nouveaux alliés.

Les libéraux comptent malgré tout mener cette bataille jusqu’au bout. Mais une frange des électeurs qu’ils courtisent pourrait déjà leur avoir tourné le dos, en raison de leur décision d’acheter le pipeline Trans Mountain.

Selon le doyen de la Chambre des communes, le bloquiste Louis Plamondon, cet achat controversé de 1147 kilomètres de long risque « d’affaiblir » les libéraux. D’ailleurs, lorsqu’on lui demande quel est l’enjeu numéro un qu’il veut voir mis de l’avant lors des prochaines élections, il répond candidement : « L’environnement ».

Le NPD a aussi l’intention d’en faire un thème clé de la prochaine campagne. En chambre, pas plus tard que la semaine dernière, le parti reprochait une fois de plus au gouvernement Trudeau d’avoir adopté les cibles de réduction des gaz à effet de serre de Stephen Harper.

Comme quoi, si les libéraux ont en ce moment beau jeu de s’en prendre à leur principal adversaire – les conservateurs – sur la question de la lutte contre les changements climatiques, ils sont eux aussi vulnérables.

Lorsque la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, a réagi au dernier rapport alarmant du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), elle a indiqué que les « actions à poser vont au-delà de la partisanerie ».

Dans le monde réel, difficile d’imaginer que cette lutte planétaire puisse être exempte de considérations politiques.

Bon nombre d’électeurs souhaiteront que les critiques et les attaques prévisibles d’ici le jour du scrutin, dans un an, incitent les partis à bonifier leur plan.

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