•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les élections afghanes dans le chaos : un attentat fait au moins 15 morts

Des femmes font la queue pour voter à Hérat.

Des femmes font la queue pour voter à Hérat.

Photo : AFP/Getty Images / Hoshang Hashimi

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un attentat-suicide dans un quartier du nord de Kaboul a fait au moins 15 morts et plus d'une centaine de blessées, samedi, alors que se déroule en Afghanistan la troisième élection législative depuis l'intervention militaire américaine qui a chassé les talibans du pouvoir en 2001.

La capitale a été la cible de multiples explosions, selon Muhibullah Zeer, porte-parole adjoint du ministère de la Santé. Dix civils et cinq policiers ont été tués.

Organisée avec trois ans de retard, cette élection débute donc dans le chaos et la tragédie.

Certains Afghans ont fait la queue pendant des heures pour voter, samedi, alors que des dizaines de milliers de membres des forces de sécurité sont en état d'alerte dans tout le pays après une campagne marquée par une violence implacable.

Le président afghan Ashraf Ghani a tout de même montré l'exemple en votant dès l'ouverture du scrutin dans une école de la capitale, et a appelé ses compatriotes à l'imiter.

À Kaboul, certains bureaux ont ouvert avec cinq heures de retard.

En plus de ces retards, la confusion autour des équipements d'enregistrement biométrique des électeurs ainsi que des documents électoraux manquants a provoqué de longues files d'attente, suscitant la colère des électeurs.

Une femme place son doigt sur un lecteur biométrique qui reconnaît son empreinte digitale.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pour tenter de prévenir la fraude, la Commission électorale indépendante, qui organise l'élection législative en Afghanistan, a accédé aux demandes des partis d'opposition pour la mise en place d'un vote biométrique.

Photo : AFP / Abdul Shahmim Tanha

Les nouvelles machines biométriques destinées à réduire la fraude ont été ajoutées tardivement aux élections afghanes et n'ont pas été testées sur le terrain. Avant le scrutin, le président de la Commission électorale indépendante, Abdul Badih Sayat, a averti que le système pourrait connaître des problèmes.

Et des problèmes, il y en a eu. Ils ont été si nombreux que M. Sayat a annoncé que les élections se prolongeront dimanche dans les endroits où le personnel électoral ou le matériel électoral sont arrivés en retard.

Des hommes font la queue pour voter à Kaboul. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des hommes font la queue pour voter à Kaboul.

Photo : Reuters / Omar Sobhani

Le directeur général adjoint de l’exécutif afghan, Mohammad Mohaqiq, n’a pas apprécié ce début chaotique et s’est montré indigné devant le travail de préparation de l’équipe de M. Sayat.

Les gens ont afflué vers les bureaux de vote, mais les employés de la commission électorale n'étaient pas présents, et dans certains cas, ils étaient là, mais il n'y avait pas de matériel électoral, et dans la plupart des cas, les systèmes biométriques ne fonctionnaient pas.

Une citation de : Mohammad Mohaqiq

Les 8,9 millions d’électeurs inscrits doivent désigner les 250 députés de la chambre basse, la Chambre du peuple. Un siège est réservé à la minorité sikhe. Près de 2450 candidats sont en lice.

La Chambre du peuple et le Sénat forment l'Assemblée nationale d'Afghanistan.

Les talibans et l'EI s’en mêlent

Au cours des huit années qui se sont écoulées depuis les dernières élections, les Afghans ont subi la résurgence des talibans, qui ont mené des attaques quasi quotidiennes contre les forces de sécurité, s'emparant de vastes zones rurales et menaçant les grandes villes.

L’antenne locale de l'État islamique a de son côté visé la minorité chiite du pays avec une vague d'attentats à la bombe qui ont fait des centaines de morts.

Les deux groupes ont menacé d'attaquer quiconque prend part au vote.

Le ministère de la Défense a déclaré qu'il avait augmenté le nombre de membres des forces de sécurité nationale déployés de 50 000 à 70 000 pour protéger les 21 000 bureaux de vote du pays.

Une cérémonie en l'honneur d'Abdul Raziq s'est déroulée à Kandahar, vendredi. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une cérémonie en l'honneur d'Abdul Raziq s'est déroulée à Kandahar, vendredi.

Photo : Associated Press

Dans ce climat, on craignait que les électeurs n'osent pas se rendre dans les bureaux de vote, surtout après l'assassinat jeudi du chef de la police de Kandahar, province stratégique de située dans le sud du pays. L’attentat a été revendiqué par les talibans.

Ce chaos aux urnes pourrait compromettre la légitimité du vote dans l'esprit de nombreux Afghans, qui ont déjà exprimé des craintes de fraude visant à maintenir au pouvoir les chefs de guerre et de corruption politique qui dominent actuellement le Parlement afghan.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !