•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Comment des changements comptables font augmenter la dette fédérale

Le ministre des Finances, Bill Morneau.
Le bilan des finances publiques pour 2017-2018 est un peu plus reluisant que prévu, malgré une modification des méthodes de calcul d'Ottawa. Photo: La Presse canadienne / Christopher Katsarov
Radio-Canada

Le budget du gouvernement fédéral pourrait être écrit à l'encre rouge plus longtemps, en raison de changements aux règles comptables.

Un texte de Fannie Olivier, correspondante parlementaire à Ottawa

Le bilan des finances publiques pour 2017-2018 est un peu plus reluisant que ce qui avait d'abord été estimé, et ce, malgré une modification des méthodes de calcul d'Ottawa.

Ainsi, dans son rapport financier annuel dévoilé vendredi, le gouvernement du Canada affiche un déficit de 19 milliards de dollars pour 2017-2018, un montant légèrement inférieur à ce qu'il avait prévu dans le dernier budget (19,4 milliards de dollars, sans les changements de méthodologie).

Cette embellie s'explique par une croissance solide de l'économie, pour laquelle Ottawa s'attribue une partie du crédit. « La forte croissance économique a été alimentée par la hausse des dépenses de consommation, la vigueur des marchés du logement régionaux et l'effet de stimulation des politiques monétaires et budgétaires », peut-on lire dans le rapport.

Nouvelle méthode

Le gouvernement de Justin Trudeau adopte une nouvelle méthodologie, recommandée par le vérificateur général en 2014, pour tenir compte de façon plus réaliste des prestations de retraite que le gouvernement devra verser dans le futur. Les projections précédentes étaient évaluées avec des taux d’intérêt jugés trop élevés.

« C'est vraiment un exercice comptable », a signalé une haute fonctionnaire qui a présenté les résultats. « La nouvelle méthode est conforme aux pratiques exemplaires. »

Avant les changements comptables, le ratio dette/PIB pour 2017-2018 était de 30,4 %. Il s'établit désormais plutôt à 31,3 %. La dette totale grimpe à 671,3 milliards de dollars, soit 20 milliards de plus que ce qui avait été calculé précédemment.

Ottawa fait l’exercice de remonter dix ans en arrière en y appliquant la nouvelle méthodologie. Selon les calculs présentés vendredi, le gouvernement de Stephen Harper n’aurait pas engrangé un surplus de 1,9 milliard en 2014-2015, mais bien un déficit de 600 millions de dollars.

Les libéraux fédéraux s’étaient engagés en campagne électorale à faire un déficit « modeste » de 10 milliards de dollars. Ils ont renié cette promesse, tout comme celle de revenir à l’équilibre budgétaire au cours d’un premier mandat.

Pour évaluer leur performance économique, les troupes de Justin Trudeau insistent désormais sur l’indicateur du ratio dette/PIB, qui est à la baisse depuis l’an dernier.

« On continue sur la pente descendante [de ce ratio] », a signalé la haute fonctionnaire. On ignore toutefois quand le ratio dette/PIB passera sous la barre des 30 %, car le document ne fournit pas de projections pour les prochaines années. Ce sera plutôt présenté dans la prochaine mise à jour économique.

Les partis d’opposition ont profité du dépôt du rapport financier annuel pour critiquer les troupes de Justin Trudeau sur leur bilan économique.

C'est un autre échec du gouvernement libéral quant au contrôle des dépenses publiques, et surtout [nous n’avons] aucune idée du retour à l'équilibre budgétaire. Pour nous, c'est un mauvais bulletin des finances publiques.

Gérard Deltell, député conservateur

Revenus en hausse

Les rentrées d’impôts des particuliers ont connu une hausse marquée de près de 7 % (9,9 milliards de dollars) en 2017-2018, en partie attribuable à un changement du taux d’imposition des Canadiens les plus riches.

À compter du 1er janvier 2016, le taux d’imposition des Canadiens gagnant 200 000 $ et plus était passé de 29 à 33 %.

Selon une source gouvernementale, ces contribuables plus fortunés ont fait en sorte de déclarer un maximum de revenus en 2015, avant l’entrée en vigueur de la nouvelle fourchette d’imposition. Les chiffres présentés pour cette année constituent un retour à la normale.

Politique fédérale

Économie