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Les enseignants en immersion déplorent le manque de ressources en français

Parni des présentoirs de livres et magazines pédagogiques, un homme et une femme feuillettent des ouvrages.

Plusieurs enseignants en langue française qui participent au congrès 2018 de l'ACPI, vendredi, affirment que l'accès à des ressources pédagogiques en français leur faciliterait beaucoup la tâche.

Photo : Radio-Canada / Megan Goddard

Radio-Canada

Les enseignants en immersion sont souvent forcés de créer leur propre matériel pédagogique, contrairement à leurs collègues anglophones. Ce problème, souligné cette semaine par le Comité permanent des langues officielles, fait réagir les enseignants réunis au congrès de l'Association canadienne des professionnels de l'immersion (ACPI), vendredi, à Winnipeg.

« Pour mon cours d’anglais, il y a tellement plus de ressources à ma disponibilité, explique Ben Fowler, professeur de français langue seconde à l’École secondaire Oak Park, à Winnipeg. Je dois passer beaucoup plus de temps pour préparer mes cours de français. »

Portrait d'un homme aux cheveux bruns coupés courts qui regarde le journaliste; en arrière-plan on distingue un tableau accroché à un mur et des 
sièges noirs.

Ben Fowler, professeur à l’école secondaire Oak Park à Winnipeg

Photo : Radio-Canada / Megan Goddard

Mercredi, le Comité permanent des langues officielles déposait à la Chambre des communes un rapport qui recommandait, notamment, que du matériel adapté aux réalités des communautés en milieu minoritaire soit fourni aux enseignants. Le comité reconnaît ainsi que la disponibilité de ce matériel pose des problèmes, notamment dans les provinces de l'Ouest canadien.

Les enseignants sont contraints de traduire les ressources anglaises, de créer leur propre matériel en français, ou encore d’adapter des ressources élaborées pour d’autres réalités.

Portrait d'une dame aux longs cheveux blonds attachés en queue, qui s'exprime; derrière elle on distingue un tableau accroché sur un mur.

Colleen Lheureux, enseignante en français langue seconde à Laval

Photo : Radio-Canada / Megan Goddard

« Malheureusement, la majorité des ressources en ligne proviennent de l’Europe, c’est un français européen », déplore Colleen Lheureux, enseignante en français langue seconde à Laval, au Québec, en ajoutant qu’il ne s’agit pas du français auquel ses élèves sont habitués.

Comme plusieurs enseignants réunis au congrès de l’ACPI, Mme Lheureux affirme que l’accès à du matériel pédagogique en français, « serait un outil exceptionnel ».

Le président de l’ACPI, Marc-Albert Paquette, explique que l’organisme recommande la mise en place d’une banque de ressources nationale pour appuyer les enseignants d’un océan à l’autre.

D’autres recommandations

Dans son rapport, le Comité permanent sur les langues officielles formule quatre recommandations pour améliorer la situation de l'immersion. Il demande ainsi que les gouvernements continuent à investir dans la formation des enseignants en français.

M. Paquette affirme que la consultation pancanadienne sur l’état de l’immersion au Canada a mis en lumière une chose : « Tous les enseignants embauchés n’avaient pas forcément les compétences linguistiques de haut niveau que l’on souhaite avoir pour nos élèves. »

Portrait d'un homme aux cheveux bruns foncés, avec une barbe et des lunettes noires rectangulaires, qui s'exprime dans une salle; en arrière-plan et floue, on distingue une foule de personnes.

Marc-Albert Paquette, président de l'Association canadienne des professionnels de l'immersion (ACPI)

Photo : Radio-Canada / Megan Goddard

Comme leurs élèves, les enseignants des écoles d'immersion ont besoin d'occasions de parler français à l'extérieur de l'école. Le Comité en a tenu compte dans une recommandation, qui milite en faveur d'une offre bonifiée d’expériences linguistiques et culturelles pour les enseignants. « Quand on sait que la majorité des enseignants d’immersion sont issus de la communauté anglophone », il est important qu’ils connaissent la culture de la francophonie canadienne, indique Marc-Albert Paquette.

Des initiatives comme le mentorat interculturel pourraient être mises en place pour ce faire, selon lui.

Le Comité se penche aussi sur l'accessibilité aux programmes d'immersion, notamment pour les enfants ayant des difficultés d'apprentissage, une recommandation qui a l'aval du président de l'ACPI.

Il ne faut pas penser que l’immersion est un programme d’élite.

Marc-Albert Paquette

« Nous, on croit fondamentalement que l’immersion est un programme qui est fait pour tout le monde, y compris les élèves qui ont des besoins particuliers », précise Marc-Albert Paquette.

Le congrès de l'ACPI se poursuit samedi, notamment avec la tenue de l'assemblée générale annuelle de l'organisme.

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