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La « caravane » de migrants honduriens entre de force au Mexique

Un homme brandissant un drapeau s'agenouille devant des véhicules blindés.
Un migrant hondurien qui tente de rejoindre les États-Unis, brandissant un drapeau de son pays d'origine, s'agenouille à un point de contrôle frontalier entre le Guatemala et le Mexique. Photo: Reuters / Ueslei Marcelino
Agence France-Presse

Des milliers de migrants honduriens ayant quitté leur pays en « caravane » ont passé en force la frontière entre le Guatemala et le Mexique à Tecún Umán avec comme objectif de se rendre aux États-Unis, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.

« Je suis heureuse. Nous ne faisons rien de mal, nous voulons seulement du travail », a déclaré à l'AFP une femme tenant par la main une fillette, au milieu de la foule qui a passé le pont sur la frontière.

Les migrants honduriens, qui fuient la misère et la violence dans leur pays, ont réussi à submerger des dizaines de policiers et militaires massés avec des véhicules blindés du côté mexicain pour leur barrer le passage. Ils ont notamment enfoncé une clôture métallique qui leur barrait le passage.

Certains migrants ont été victimes de malaise au cours de la bousculade.

Aux cris de « Yes, we can » [Oui, nous le pouvons], la foule, qui compte nombre de femmes et d'enfants, s'est engouffrée à la frontière après quelques instants de grande tension face à un premier cordon d'une vingtaine de policiers.

Environ 4000 Honduriens avaient franchi en groupe samedi la frontière entre le Honduras et le Guatemala à Puerto Sula à la suite d'un appel sur les réseaux sociaux. Leur objectif est de se rendre aux États-Unis, via le Mexique.

Des migrants se tenant devant des policiers.Les migrants honduriens ont dû affronter plusieurs corps policiers dans le cadre de leur périple humanitaire, dont ici, à la frontière avec le Guatemala. Photo : Reuters / Jorge Cabrera

Le président américain Donald Trump a menacé de fermer la frontière avec le Mexique avec l'aide de l'armée pour leur barrer la route.

« Je dois, dans les termes les plus fermes, demander au Mexique de stopper cette marche. Si le Mexique n'y arrive pas, je demanderai à l'armée de FERMER NOTRE FRONTIÈRE SUD », a tweeté le président américain, qui craint de perdre la majorité absolue au Congrès aux élections de mi-mandat, dans trois semaines.

« Crise » à la frontière

Une « crise se profile » à la frontière américano-mexicaine, a d'ailleurs déclaré vendredi le secrétaire d'État américain Mike Pompeo en déplacement à Mexico, quelques heures avant l'arrivée des migrants à la frontière sud du Mexique.

« Le président Trump a clairement exprimé le principal problème que nous affrontons. Une crise se profile rapidement, avec un nombre record de migrants », a expliqué en conférence de presse le chef de la diplomatie américaine, aux côtés de son homologue mexicain Luis Videgaray, avant de s'entretenir avec le président mexicain Enrique Peña Nieto.

« Cela a d'énormes implications sur l'épidémie [de consommation] d'opioïdes aux États-Unis », a-t-il ajouté, au lendemain d'une visite au Panama, consacrée notamment au trafic de drogue et à l'immigration illégale.

Le Mexique, comme tout pays où prévaut l'État de droit, appliquera la loi, mais toujours de façon humanitaire.

Luis Videgaray, chef de la diplomatie mexicaine

Le Mexique a déployé plusieurs centaines de policiers antiémeutes près de la frontière avec le Guatemala face à l'arrivée massive de ces migrants qui fuient la pauvreté et la violence au Honduras.

Un premier groupe d'une trentaine de personnes avait franchi vendredi matin cette frontière et a été appréhendé par des agents frontaliers mexicains qui vont étudier leurs demandes d'asile ou de visa.

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