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Une Russe est accusée d'interférence dans les élections américaines de mi-mandat

Un homme remplit un formulaire pour être inscrit sur les listes électorales.
Les conspirateurs ont cherché à se faire passer pour des Américains, tout en alimentant la zizanie au sein des milieux politiques et sociaux. Photo: Reuters / Lucy Nicholson
Radio-Canada

Le département américain de la Justice a déposé vendredi une poursuite contre la Russe Elena Alekseevna Khoussianova pour son rôle présumé au sein d'une conspiration de la Russie pour interférer dans le système politique américain, y compris à l'occasion des élections de mi-mandat, qui doivent avoir lieu dans quelques semaines à peine.

Selon la poursuite, Mme Khoussianova était la chef comptable du « Projet Lakhta », qui aurait été financé par l'oligarque russe Ievgueniy Viktorovich Prigozhine et deux entreprises sous son contrôle, Concord Management and Consulting et Concord Catering.

En utilisant des médias sociaux et d'autres moyens, les participants à cette conspiration auraient mené une « guerre d'informations » contre les États-Unis, tentant de semer la zizanie et d'alimenter la méfiance envers les candidats électoraux américains et le système politique des États-Unis, peut-on encore lire dans la poursuite.

Mme Khoussianova a géré des millions de dollars pour les entreprises de son patron. Une partie de ces fonds a été consacrée à l'achat de publicités sur les médias sociaux aux États-Unis, de noms de domaines et à la « promotion d'articles d'information sur les réseaux sociaux ».

Les conspirateurs « ont posé des gestes extraordinaires pour donner l'impression qu'ils étaient des militants politiques américains ordinaires », ont indiqué les procureurs.

Facebook, encore et toujours

Dans les documents dévoilés vendredi par la justice américaine, il apparaît que les conspirateurs ont lancé une campagne d'achats publicitaires dans les médias sociaux, et ce, depuis 2015. À titre d'exemple, entre janvier et juin de cette année, Mme Khoussianova a acheté pour au moins 60 000 $ US en publicités sur Facebook et au moins 6000 $ US en publicités sur sa filiale Instagram, selon les documents.

Ces achats ont été effectués alors même que le géant des médias sociaux, pris à partie par la classe politique américaine en raison, justement, de l'ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016, a mis en place des mesures de contrôle pour empêcher que de telles démarches ne se reproduisent.

Ce printemps, Facebook et Twitter, ce dernier également employé par des trolls pour faciliter l'ingérence russe, ont adopté ces nouvelles règles. « À partir d'aujourd'hui, toutes les publicités liées à des élections et à des sujets [d'intérêt général] sur Facebook et Instagram aux États-Unis doivent être clairement identifiées, y compris par une mention "payé par" de la part de l'annonceur au-dessus de la publicité », déclarait alors le directeur de la gestion de produits de Facebook, Rob Leathern.

Un dossier connu du procureur spécial

Les deux entreprises de M. Prigozhine sont liées aux trois entités et aux 13 individus russes qui ont été mis en accusation en février par le procureur spécial Robert Mueller, dans le cadre d'une présumée conspiration criminelle et d'espionnage visant à déstabiliser la plus récente campagne présidentielle américaine, à renforcer les appuis en faveur de Donald Trump et à nuire à son opposante démocrate, Hillary Clinton.

M. Prigozhine, qui faisait partie de ceux personnellement accusés par M. Mueller, a été surnommé le « cuistot de Poutine » par les médias russes, en raison du fait que son entreprise de restauration a organisé des banquets pour le président russe Vladimir Poutine et d'autres politiciens d'importance. L'oligarque a également été visé par des sanctions imposées par le gouvernement américain.

En juillet dernier, le bureau de M. Mueller a également accusé 12 agents de renseignements russes d'avoir piraté les réseaux informatiques du Parti démocrate, parallèlement à l'ingérence russe dans la présidentielle américaine de 2016.

Par ailleurs, plusieurs agences américaines des forces de l'ordre et du renseignement ont indiqué vendredi toujours s'inquiéter de tentatives de la Russie, de la Chine, de l'Iran et d'autres groupes étrangers pour interférer dans le processus électoral des élections de mi-mandat.

Jusqu'à maintenant, précise-t-on, il n'y a aucune preuve que quiconque a tenté d'empêcher des électeurs de voter ou de modifier les résultats. Certains gouvernements étatiques ou locaux, qui gèrent les bureaux de scrutin, ont rapporté des tentatives d'intrusion dans leurs réseaux informatiques, mais les responsables ont été en mesure de « bloquer l'accès ou de rapidement réduire l'ampleur de ces tentatives », ont précisé les agences.

Avec les informations de Reuters, et The New York Times

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