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BEI : près de la moitié des allégations impliquent une présumée victime autochtone

La directrice du Bureau des enquêtes indépendantes, Madeleine Giauque, devant la Commission Viens.
La directrice du Bureau des enquêtes indépendantes, Madeleine Giauque. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

44 % des allégations d'actes criminels qui auraient été commis par un policier et qui ont été analysées par le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), concernent une présumée victime autochtone.

Un texte de Thomas Deshaies

C’est ce qu’a notamment dévoilé la directrice du BEI, Madeleine Giauque, lors de son témoignage à la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics (CERP).

Madeleine Giauque n’a pas voulu s’avancer sur les raisons qui expliquent qu’il y ait un nombre de dénonciations si élevé provenant des Autochtones, comparativement à leur poids démographique au Québec.

On ne peut que constater, au BEI, c’est cela, a-t-elle répondu. Aucune accusation n’a été déposée à ce jour, mais six dossiers demeurent sous enquête.

La proportion est différente dans le cas des enquêtes indépendantes, enclenchées directement par le BEI. C’est-à-dire que lorsqu’un civil est gravement blessé ou tué, dans le cadre d’une intervention policière, le BEI doit enquêter, qu'il y ait plainte ou non.

Depuis le début des activités du BEI en 2016, 101 enquêtes indépendantes de ce type ont été enclenchées et 16 concernaient des Autochtones, soit 17 % des enquêtes.

Ils représentent environ 1 % de la population québécoise.

Restructuration en vue des enquêtes concernant les Autochtones

Depuis septembre dernier, le BEI s’est vu confier le mandat d’enquêter sur toute allégation criminelle formulée par un Autochtone sur un policier. Antérieurement, le BEI traitait uniquement les allégations à caractère sexuel.

La directrice a fait état, lors de son témoignage, des défis à enquêter dans les communautés.

Les victimes autochtones sont très difficiles à retracer, a-t-elle notamment affirmé.

La directrice a expliqué qu’une restructuration de son bureau a été nécessaire. Son équipe est passée de 18 à 34 employés, incluant l’ajout d’une agente de liaison autochtone.

Les procureurs de la commission se sont d’ailleurs interrogés sur l’ampleur de la tâche qui sera demandée à l’agente de liaison.

Mme Giauque a assuré qu’elle ferait les démarches nécessaires pour obtenir des ressources supplémentaires, au besoin. Mais faut comprendre que je suis un organisme gouvernemental et je ne peux pas décider demain matin que j’agrandis mon bureau, a-t-elle fait savoir.

Aucun autochtone dans l’équipe

Madeleine Giauque admet qu’il est regrettable qu’aucun membre de son équipe ne soit membre des Premières Nations.

Ce qu’on me dit, c’est que les populations autochtones n’ont pas eu connaissance des appels de candidatures, a-t-elle expliqué.

Ce qu’on a prévu, pour les prochains appels de candidatures, c’est de transmettre directement lles appels aux organisations qui pourront le transmettre à leur population, ajoute Mme Giauque.

La directrice du BEI entend redoubler d’efforts pour avoir une approche culturellement adaptée. Aucun document écrit, contenant des directives, n’a toutefois encore été produit à ce jour par le BEI.

Le procureur de Femmes autochtones du Québec a questionné Mme Giauque sur la possibilité de rendre publics ses rapports d’enquête, dans un souci de transparence. Une avenue qui a été écartée par Mme Giauque lors de son témoignage, expliquant qu’il pourrait être injuste de dévoiler l’identité de policiers qui n’auraient finalement commis aucune faute.

Abitibi–Témiscamingue

Autochtones