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Julian Assange poursuit l'Équateur sur ses conditions de vie

Julian Assange, cofondateur de WikiLeaks.
Julian Assange, cofondateur de WikiLeaks Photo: Getty Images / Carl Court
Agence France-Presse

Julian Assange, fondateur du site Internet WikiLeaks et réfugié depuis six ans dans l'ambassade de l'Équateur à Londres, a lancé une action judiciaire contre le gouvernement de Quito pour protester contre ses conditions de vie.

Assange « accuse le gouvernement de l'Équateur de violer ses droits fondamentaux et sa liberté », a précisé WikiLeaks vendredi dans un communiqué. L'action a été lancée devant un tribunal de Quito par ses avocats, dirigés par l'ex-juge espagnol Baltasar Garzon.

L'Australien demande le rétablissement de ses télécommunications, coupées depuis mars, ainsi que l'annulation d'une circulaire lui imposant des horaires de visite et de salubrité, dont le non-respect se traduirait par la « fin de l'asile » que lui a accordé l'Équateur.

Lors d'une conférence de presse à Quito, M. Garzon a argué que ce protocole « ne peut avoir un ton menaçant », estimant qu'il s'agit d'« une action unilatérale » et « arbitraire » du gouvernement.

Julian Assange, 47 ans, a trouvé asile en juin 2012 dans l'ambassade pour échapper à une extradition vers la Suède, où il était recherché pour des accusations de viol et d'agression sexuelle, qu'il nie. La procédure a depuis été classée.

WikiLeaks souligne que cette action intervient « sept mois après que l'Équateur a menacé de retirer sa protection et a coupé ses accès au monde extérieur, y compris en refusant d'autoriser les journalistes et les organisations de défense des droits humains, et en brouillant ses communications pour empêcher l'accès Internet et les coups de fil ».

Quito a depuis partiellement rétabli sa connexion à Internet, par le réseau wi-fi de l'ambassade.

L'action a été lancée contre le ministre des Affaires étrangères équatorien, José Valencia, dénonçant un « abus évident » sans « justification suffisante », selon Baltasar Garzon.

« Nous allons répondre d'une manière adéquate, dans le respect du droit », a réagi M. Valencia, ajoutant que le gouvernement « compte avec tout le soutien judiciaire, étant donné qu'il s'agit d'un protocole adopté conformément aux règles internationales et à la loi équatorienne ».

M. Garzon avait déclaré jeudi en Équateur qu'Assange vivait une « situation inhumaine ».

Ce n'est pas une situation commode, c'est une situation inhumaine parce que la solution tarde, alors qu'elle aurait déjà dû être gérée par les États en cause, qui sont l'Équateur, les États-Unis et la Grande-Bretagne.

L'ex-juge Baltasar Garzon

Quito avait annoncé en mars avoir coupé les systèmes de communication de l'Australien avec l'extérieur, estimant qu'il avait manqué à son « engagement écrit de ne pas publier de messages constituant une ingérence dans la relation [de l'Équateur] avec d'autres États ».

Cette décision était survenue après une série de tweets publiés par M. Assange, dans lesquels il dénonçait notamment l'arrestation de l'ex-président catalan et leader indépendantiste Carles Puigdemont, et les sanctions prises par Londres à l'encontre de la Russie dans l'affaire Skripal.

Si les poursuites en Suède contre Assange ont été abandonnées en mai 2017, la justice britannique a réitéré mi-février son refus de lever son mandat d'arrêt au motif qu'il n'avait pas respecté en 2012 les conditions de sa liberté sous caution.

L'Australien redoute, s'il sort de l'ambassade, d'être arrêté puis extradé et jugé aux États-Unis pour la publication par WikiLeaks en 2010 de nombreux secrets militaires et documents diplomatiques américains.

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