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Le Parti québécois remet de l'avant l'indépendance pour sa reconstruction

Pascal Bérubé.
Pascal Bérubé, chef par intérim du Parti québécois, a axé son discours sur l'indépendance du Québec durant la cérémonie d'assermentation des députés de son parti. Photo: The Canadian Press / Jacques Boissinot
Radio-Canada

Il faut « faire du Québec un pays », a lancé le chef intérimaire du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé. Après sa lourde défaite aux dernières élections, le parti souverainiste va replacer au premier plan cet engagement qui avait été mis de côté par Jean-François Lisée. Ce dernier souhaitait attendre un deuxième mandat pour proposer un référendum.

Un texte de Romain Schué, correspondant parlementaire à Québec

Si on fait de la politique, « c'est pour l'indépendance du Québec », a affirmé Pascal Bérubé, quelques minutes après l'assermentation des 10 députés du PQ, qui comptait 30 élus 4 ans plus tôt.

Tous les élus péquistes venaient alors de démarrer leur allocution par une phrase supplémentaire à la coutume habituelle. « D'ici à ce que le Québec soit indépendant, je [...] serai fidèle et porterai vraie allégeance à Sa Majesté la reine Élisabeth II », ont-ils dit devant les caméras.

Jean-François Lisée a-t-il fait une erreur en voulant repousser la question d'un troisième référendum? « Nos bilans et nos analyses [sont faits] en privé, sans précipitation et de manière ordonnée », a simplement répondu le député de Matane-Matapédia.

Pascal Bérubé et les élus du PQ.Pascal Bérubé souhaite que le Parti québécois reste « fidèle à [ses] valeurs fondamentales ». Photo : Radio-Canada

Plus tôt, Pascal Bérubé avait axé son discours de clôture sur le projet d'indépendance du Québec. Son parti avait par ailleurs fait retirer de la salle le drapeau canadien. Seul celui de la province trônait dans le Salon rouge de l'Assemblée nationale.

Il faut rester « fidèle à nos valeurs fondamentales », a-t-il mentionné, en décriant le gouvernement fédéral qui a « depuis trop longtemps considéré le Québec comme une simple province comme les autres et nous rappelle fréquemment les limites de ce statut ».

Dans un message adressé notamment « aux jeunes », davantage séduits par le discours de Québec solidaire (QS) durant le dernier scrutin, et à tous ceux qui ont choisi de voter pour une autre formation politique, il a indiqué ouvrir « les portes de notre famille politique à tous ceux qui croient que le Québec est capable de faire tellement mieux à titre de propriétaire que de locataire ».

Le PQ, a-t-il affirmé, est « différent » des autres partis et se distingue par cette volonté souverainiste.

La voie politique que nous avons choisie comme indépendantistes n’est certainement pas la plus facile, mais elle est la plus responsable. Nous en sommes conscients.

Pascal Bérubé, chef intérimaire du Parti québécois

Il a aussi critiqué François Legault, le 32e premier ministre du Québec. Ce dernier avait, la veille, cité René Lévesque, en affirmant qu'« on forme quelque chose comme un grand peuple ». Cette phrase avait été prononcée par le fondateur du PQ après sa victoire en 1976.

« Le contexte », a-t-il rappelé, était alors « d'avoir tous nos leviers de développement ».

[Le PQ] est né d’un rêve que nous n’abandonnerons jamais, tant qu’il ne sera pas devenu réalité, tant que le Québec ne sera pas un pays, et que son drapeau, le plus beau et le seul pour lequel nous prêtons vraie allégeance, ne flottera pas aux Nations unies.

Pascal Bérubé, chef intérimaire du Parti québécois

« Il y aura du travail, une grande corvée, mais avec le cœur à l’ouvrage nous y arriverons, car notre cause est juste », a-t-il conclu.

Rejet d'une alliance avec QS

Pascal Bérubé a également rejeté l'idée d'une alliance avec QS, qui a obtenu le même nombre de députés que le PQ.

« Ça a déjà été essayé. On avait proposé des alliances électorales, ça avait été refusé. Ça a mis fin au dossier », a-t-il soutenu.

Des « collaborations ponctuelles sur des enjeux qui nous touchent » seront néanmoins possibles, a-t-il ajouté, en citant l'environnement.

Lisée refuse de faire un bilan

Présent à cette assermentation, Jean-François Lisée a refusé devant les médias de faire un bilan de sa campagne électorale.

Jean-François Lisée.Jean-François Lisée n'a pas voulu commenter la campagne du Parti québécois. Photo : Radio-Canada / Romain Schué

« Il y a un post mortem [examen] qui se fait à l'intérieur du parti », a-t-il dit. Il n'a pas voulu non plus commenter la reconstruction du PQ. « Ce sont des choses qui appartiennent aux gens qui sont au Parti québécois », a-t-il affirmé.

Dans son discours, Pascal Bérubé a rendu hommage à son prédécesseur, qui s'est fait applaudir par l'assemblée. Le nouveau patron du PQ a salué son « énergie déployée pour faire connaître notre programme et nos propositions au cours des dernières semaines, mois et années ».

« Il a été un modèle de persévérance et d’innovation dont nous nous souviendrons », a-t-il noté, avant d'aller le saluer.

Pierre Karl Péladeau était lui aussi dans les locaux de l'Assemblée nationale. Il a néanmoins refusé de s’adresser aux journalistes.

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