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L’avez-vous vu? Des œillères pour humains et la guerre de l’eau

Une invention japonaise permet de se concentrer dans les espaces de bureaux ouverts et les points chauds qui risquent d'être au centre des enjeux hydropolitiques dans le futur sont identifiés. Voici quelques nouvelles que vous auriez pu manquer cette semaine.

Un texte d'Alain Labelle

1. Pour « toucher » les mondes virtuels

Un gant DextrES Le gant DextrES permet de recréer virtuellement la sensation du toucher. Photo : École polytechnique fédérale de Lausanne

Des gants très légers qui permettent de saisir et manipuler des objets dans un monde virtuel avec un sens du toucher ultra-réaliste ont été créés par des ingénieurs suisses.

Herbert Shea et ses collègues de l’École polytechnique fédérale de Lausanne ont mis au point des gants pesant moins de 8 grammes par doigt qui donnent une sensation tactile très réaliste à l’utilisateur.

Le dispositif a le potentiel de fonctionner avec une batterie, ce qui permettra une plus grande liberté de mouvement.

Fait de nylon, les DextrES sont équipés de fines lames de métal souples qui glissent l’une sur l’autre au-dessus des doigts de l’utilisateur.

Ces lames sont séparées par un isolant électrique. Au contact d’un objet virtuel, une tension est envoyée entre les lames, qui se collent soudainement entre elles par attraction électrostatique, ce qui bloque le mouvement des doigts. Dès que la tension est enlevée, les lames peuvent glisser et les doigts sont à nouveau libres.

Ces gants pourraient représenter une petite révolution dans l’univers des jeux vidéo en réalité virtuelle. Ils pourraient aussi servir à la formation des chirurgiens.


2. Un escargot conservé dans l'ambre depuis 99 millions d'années

Des escargots conservés dans l'ambre.À l'époque où ces escargots ont été fossilisés, les dinosaures peuplaient toujours la planète. Photo : Université chinoise en géosciences de Péki

Pour la première fois, la partie molle d'un escargot datant du Crétacé a été découverte dans un morceau d'ambre fossilisé. La scientifique Lida Xing, de l'Université chinoise en géosciences de Pékin, a pu identifier et dater le gastéropode, qui serait âgé de 99 millions d'années. À la même époque, les dinosaures peuplaient encore la planète.

L’escargot complet mesure à peine 5 millimètres de diamètre. Il est possible d’observer sa minuscule coquille et son corps se distingue clairement, avec le pied, la tête et l'un des deux yeux.

Selon les chercheurs, l’escargot serait tombé dans la résine où sa coquille est restée collée. Il aurait alors désespérément tenté de s'en extraire, ce qui expliquerait son aspect étiré. Une autre possibilité est que son corps soit lui-même resté collé, l'empêchant de se rétracter à l'intérieur de la coquille. Le morceau d'ambre contient par ailleurs un deuxième escargot moins bien conservé.

Le morceau de résine dans lequel a été trouvé l'escargot est conservé à l'Institut de Paléontologie de Dexu, à Chaozhou, en Chine. Les escargots conservés dans l'ambre sont extrêmement rares. Des coquilles vides avaient été mises au jour, mais jamais le corps mou et gélatineux particulièrement fragile de l’animal.


3. Bye-bye distraction au bureau

Le Wear Space de Panasonic.Le Wear Space de Panasonic. Photo : Panasonic

Pas facile de se concentrer dans les espaces travail à aires ouvertes, et pourtant ce type d’aménagement est de plus en plus populaire dans les entreprises.

Un prototype développé par Panasonic pourrait bien permettre de se concentrer dans cet environnement souvent bruyant. Le Wear Space est un accessoire portable conçu pour aider ses utilisateurs à se concentrer en limitant sa vue et son ouïe, grâce à une technologie antibruit et à une cloison qui contrôle son champ de vision. Ainsi, la personne pourra se concentrer sur ce qui se trouve directement devant elle.

L’invention consiste en une bande courbe de matériau souple qui s'enroule autour de l'arrière de la tête et s'étend pour protéger les côtés des yeux et bloquer toute distraction dans la vision périphérique. Elle rappelle étrangement les œillères pour chevaux.

Sans fil et connecté à Bluetooth, l’accessoire de 300 $ peut être connecté à un téléphone intelligent ou à un ordinateur pour écouter de la musique.

Ses inventeurs expliquent que, contrairement aux écouteurs ordinaires, Wear Space ne met aucune pression sur la tête, ce qui augmente son confort.


4. Où le manque d’eau pourrait-il créer des conflits?

Carte du monde montrant les régions où le manque d'eau pourrait causer des conflits.Sur cette carte du monde, plus une zone est de couleur chaude, plus elle est susceptible de connaître des conflits en raison du manque d'eau. Photo : Centre de recherche de l’Union européenne

Un rapport publié par le Centre de recherche de l’Union européenne montre où dans le monde la pénurie d’eau risque de créer des tensions — voire des confits géopolitiques — au cours des 50 à 100 prochaines années.

Les auteurs expliquent que les effets des changements climatiques jumelés à la croissance démographique déclencheront des instabilités et des tensions sociales dans plusieurs régions où des pays voisins devront gérer et partager l’eau douce qui deviendra de plus en plus rare.

Le document indique que si les causes des conflits géopolitiques sont complexes, la concurrence pour les ressources en eau sera de plus en plus grande à l'échelle mondiale, certaines régions étant plus vulnérables que d'autres.

Le modèle mis au point par l’Italien Fabio Farinosi et ses collègues tente de prévoir où et quand de futures guerres de l'eau pourraient survenir.

Les cours d’eau à risque incluent le Nil, le Gange-Brahmapoutre, l'Indus, le Tigre-Euphrate et le fleuve Colorado, qui sont tous des régions où les bassins sont déjà soumis à une pression hydrique.

En identifiant ces zones géographiques et les pays les plus susceptibles de connaître des problèmes hydrosociaux, les scientifiques espèrent lancer des conversations entre toutes les régions concernées afin d’atténuer les risques de conflits avant qu'ils ne surviennent.


5. Une fresque antique est-elle la première bande dessinée?

Une peinture murale racontant les aventures de centaines de personnages. La fresque découverte dans un tombeau en Jordanie ressemble étrangement à une bande dessinée. Photo : CNRS

Un tombeau datant de l'Antiquité romaine exhumée en Jordanie contient une peinture murale racontant les aventures de centaines de personnages.

L’archéologue français Julien Aliquot et ses collègues du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) expliquent que cette fresque ressemble étrangement à une bande dessinée. Cette iconographie est extraordinaire en raison, entre autres, de la profusion de personnages : ils sont 260, humains et dieux confondus.

Mais elle arbore aussi des inscriptions qui accompagnent les scènes. Une soixantaine de textes peints en noir y sont rédigés en araméen, mais en utilisant aussi des lettres grecques.

Ces inscriptions s’apparentent à des sortes de bulles de bande dessinée puisqu’elles décrivent les activités des personnages qui parlent en expliquant ce qu’ils font : « Je taille (la pierre) » ou « Hélas pour moi! Je suis mort! »

Le dispositif iconographique et textuel très riche serait en fait l’illustration des étapes de la fondation de Capitolias : consultation des dieux sur le choix du site lors d’un banquet, défrichage du terrain, élévation d’une muraille, remerciements aux dieux après l’édification de la cité.

Selon les chercheurs, le personnage enseveli dans le tombeau pourrait bien être celui représenté dans la scène du sacrifice du tableau central, et être par conséquent le fondateur de la cité. Son nom n’est pas encore identifié, mais pourrait être gravé sur le linteau de la porte qui reste à dégager.


6. Le vol du pissenlit

Une graine de pissenlit en vol.Une graine de pissenlit prend son envol. Photo : Université d’Édimbourg/Cathal Cummins

L'extraordinaire capacité de vol des graines de pissenlit est possible grâce à une forme de vol qui n'a jamais été vue auparavant dans la nature, affirment Cathal Cummins et ses collègues de l’Université d’Édimbourg en Écosse.

Selon eux, le mouvement de l'air autour et à l'intérieur de leur faisceau de soie en forme de parachute permet aux graines de parcourir de grandes distances, parfois d’un kilomètre ou plus, entièrement maintenues à flot par l'énergie éolienne.

L'étude révèle qu'une bulle d'air en forme d'anneau se forme lorsque l'air circule dans la structure de soie, ce qui augmente la traînée qui ralentit la descente de chaque graine vers le sol.

Cette forme de bulle d'air, nommée anneau vortex séparé (separated vortex ring), se trouve physiquement détachée de la soie et est stabilisée par l'air qui la traverse.

La quantité d'air qui circule, qui est essentielle pour maintenir la bulle stable et directement au-dessus de la graine en vol, est précisément contrôlée par l'espace dans la structure de soie.

Ce mécanisme de vol est quatre fois plus efficace que le design d’un parachute conventionnel.

Selon les chercheurs, le parachute naturel poreux du pissenlit pourrait inspirer le développement de drones à petite échelle nécessitant peu ou pas de consommation électrique. Par exemple, de tels drones pourraient être utiles pour la télédétection ou la surveillance de la pollution atmosphérique.


7. Les plus belles photos de la nature de 2018

Un couple de singes.Un couple de singes rhinopithèques de Roxellane Photo : Wildlife Photographer of the Year/Marsel van Oosten

Depuis 54 ans, le concours de photo Wildlife Photographer of the Year rassemble et récompense chaque année les meilleurs photographes de la vie sauvage.

En 2018, pas moins de 45 000 photos de professionnels et amateurs issus de 95 pays ont été soumises au jury.

La photo grande gagnante cette année provient de la forêt tempérée des monts Qinling, en Chine. Obtenue par le photographe néerlandais Marsel van Oosten, la photo « Le couple d’or » montre un couple de singes rhinopithèques de Roxellane, une espèce menacée d'extinction selon l'Union internationale pour la conservation de la nature.

Le photographe mexicain Alejandro Prieto a pour sa part été récompensé dans la catégorie Photojournaliste de nature pour sa photo d’un jaguar prise à Sierra de Vallejo, dans l’État du Nayarit au Mexique. La photo « L'arbre à signatures » montre un jaguar mâle qui aiguise ses griffes et grave sa marque sur un tronc d’arbre qui délimite son territoire.

Un jaguar.La photo « L'arbre à signatures » Photo : Wildlife Photographer of the Year/Alejandro Prieto

La photo « Le deuil de Kuhirwa » de l’Espagnol Ricardo Núñez Montero a été récompensée dans la catégorie Comportement : Mammifères. Elle montre une jeune femelle gorille de montagne de la réserve de Bwindi, en Ouganda, qui refuse de se séparer de son bébé mort.

Une gorille tient dans ses mains son bébé mort. Une gorille tient dans ses mains son bébé mort. Photo : Wildlife Photographer of the Year/Ricardo Núñez Montero

La photographe australienne Georgina Steytler a été récompensée dans la catégorie Comportement : invertébrés pour la photo « Ballet dans la boue ». Sa photo montre des femelles guêpes maçonnes prélevant de la boue au bord d’un trou d'eau de la réserve naturelle de Walyormouring, dans l'ouest de l'Australie. Les insectes roulent la boue en boule pour construire des chambres dans un nid à proximité.

Des guêpes maçonnes. Des guêpes maçonnes utilisent de la boue pour construire leur nid. Photo : Wildlife Photographer of the Year/Georgina Steytler

Société