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La protectrice des enfants du Manitoba confirme des lacunes dans le dialogue entre les services sociaux

Daphne Penrose, la Protectrice des enfants du Manitoba.
Daphne Penrose, la protectrice des enfants du Manitoba, déplore un manque de coordination entre différents organismes en éducation, en santé mentale, en dépendances et le système de justice de la jeunesse. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Daphne Penrose, la protectrice des enfants du Manitoba, dénonce dans un rapport le manque de coordination entre divers services pour venir en aide à un jeune Autochtone de 17 ans mort en 2016. Ce dernier avait perdu la vie au cours d'un accident dans lequel l'alcool avait joué un rôle.

Le rapport, dans le respect de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents, ne donne pas le nom de l’adolescent. Il est présenté, avec l’accord de sa famille, par son nom spirituel de Circling Star. Le nom de la Première Nation dont il est issu n’est pas non plus évoqué.

Daphne Penrose met l’accent sur le côté humain de l’enquête, constituée de nombreuses heures d’échanges et de dialogue avec les différentes parties concernées.

« Je sais que les feuilles de service seules ne peuvent rendre justice à l’ensemble de l’histoire d’un enfant », reconnaît-elle.

Elle insiste également sur le caractère novateur de ce rapport. « Pour la première fois, nous faisons connaître publiquement un rapport sur la mort d’un enfant au Manitoba », affirme-t-elle. Une compétence qui a été ajoutée récemment au service de Daphne Penrose. Cela faisait partie des recommandations de l’enquête en 2013 sur la mort de la jeune Phoenix Sinclair.

Le rapport démontre que les différents services sociaux n’ont pas su communiquer entre eux pour aider l’enfant. Ce manque a entraîné l’impossibilité de changer des habitudes dangereuses de Circling Star qui ont empiré au fil de sa vie.

« Dans le cours de l’enquête, mon équipe a analysé les services apportés par les organismes en éducation, en santé mentale et en dépendances, et le système de justice de la jeunesse », explique Daphne Penrose.

« Malgré de bonnes intentions de la part de certains services, on n’a pas apporté l'aide dont Circling Star avait besoin, rapporte-t-elle. Ces services publics ont raté de nombreuses occasions de l’aider à changer le cours de sa vie. »

Circling Star a commencé à être pris en charge par les Services à l'enfant et à la famille à l'âge de 13 ans. Il avait alors quitté sa famille après avoir appris que son père biologique n’était pas l’homme qui l'avait élevé jusque-là.

Par la suite, l’enfant a connu des dépendances à l’alcool et aux drogues. Circling Star a également été renvoyé à plusieurs reprises de son école et a été arrêté pour incendie criminel.

Le rapport mentionne aussi qu'il souffrait d'une fragilité psychologique avec des pensées suicidaires.

Daphne Penrose dit avoir choisi l’histoire particulière de ce garçon parce qu’elle met en lumière un parcours dans lequel de nombreux services sociaux entrent en jeu.

Elle ajoute qu’il ne s’agit pas non plus d’un cas isolé. « C'était un Autochtone vivant dans une communauté de Première Nation où l’équité des services n’existait pas, précise-t-elle. Il avait besoin de l’aide des services aux dépendances, mais n’a pas pu l’obtenir parce qu’il y a eu des barrières pour l’accès à ce service. »

Le rapport formule six grandes recommandations issues de l’enquête sur le cas de Circling Star :

  • Créer une stratégie provinciale pour former les services sociaux à diffuser les informations entre les différents organismes et assurer que les enfants et les jeunes soient au centre de l’attention de tous les services
  • Étudier la possibilité de limiter, de réduire ou d'éliminer progressivement les renvois ou les exclusions des écoles, sauf dans des cas de sécurité publique
  • Faciliter l’accès à l’aide en santé mentale pour les jeunes
  • Prioriser l'élaboration et l’implémentation d’une stratégie d’action envers les dépendances chez les jeunes
  • Améliorer la communication entre les différents services juridiques
  • S’assurer que les travailleurs sociaux à l’enfance et la famille sont formés pour répondre aux standards minimums

Pour Daphne Penrose, le rapport doit servir au plus grand nombre. « Nous espérons que ce rapport sera lu par d'autres personnes que seulement les acteurs gouvernementaux et les administrateurs de services. Il peut être lu par les services sociaux, les membres des familles et les membres des communautés, soit toute personne désirant mieux comprendre comment notre système public fonctionne », conclut-elle.

D'après des informations de Patrick Foucault

Manitoba

Autochtones