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  • Archives
  • Il y a 60 ans, une explosion secouait la mine de Springhill en Nouvelle-Écosse

    Des mineurs se tiennent debout devant l'entrée de la mine, qui est interdite d'accès.

    Un coup de toit secoue la mine de Springhill où 166 mineurs travaillent à plus de 1300 pieds de profondeur le 23 octobre 1958.

    Photo : Radio-Canada / Reportage du Téléjournal du 23 octobre 1988

    Radio-Canada

    Le 23 octobre 1958, les galeries de la mine de charbon à Springhill, en Nouvelle-Écosse, s'effondrent, emportant 75 mineurs et faisant de nombreux blessés. L'accident fatal s'ajoute à une longue liste d'incidents dans cette mine, la plus profonde d'Amérique du Nord. Nos archives témoignent de la violence du « coup de toit » et des miracles survenus lors du sauvetage.

    Il n’est sans doute pas une personne à Springhill qui n’ait perdu à un moment ou un autre un père, un frère, un cousin dans un accident minier.

    Géralde Lachance, journaliste

    La communauté de Springhill se tourne vers l’exploitation du charbon après la découverte de ce minéral au début des années 1830. La Springhill Mining Company est ouverte au début des années 1870 et devient le principal gagne-pain de ses habitants entre 1873 et 1958.

    Exploitée abondamment, la mine devient rapidement la plus profonde en Amérique du Nord, plongeant à près de 425 mètres (1400 pieds) sous la surface de la terre.

    La majorité des hommes de Springhill descendent jour après jour sous terre, à des profondeurs telles que la chaleur atteint parfois 40 degrés.

    Le 23 octobre 1958, la terre tremble dans le village minier, quelques instants à peine avant la fin de la journée de travail. Le coup de toit, ou « bump » comme l’appellent les mineurs, touche le puits numéro deux et est d’une violence extrême. La secousse est ressentie sur plusieurs kilomètres à la ronde.

    Les habitants apprennent rapidement que trois galeries de la mine se sont effondrées. 174 mineurs sont emmurés à plus de 400 mètres (1300 pieds) sous terre. 75 d’entre eux y laisseront leur vie.

    À l’émission radio Désastre minier de Springhill du 24 octobre 1958, le journaliste Gérald Lachance, sur place, relate les premières heures de la catastrophe.

    Désastre minier de Springhill (audio), 24 octobre 1958

    Dans les heures qui suivent le « bump », la ville se mobilise. 82 hommes sont extirpés des décombres, mais plusieurs manquent à l’appel. Avec les jours qui passent, l’espoir de sortir des survivants des profondeurs s’effrite.

    Et puis un miracle survient. Le 29 octobre, 12 mineurs sont sauvés après avoir été emmurés pendant plus de six jours. Puis sept autres sont tirés des décombres 48 heures plus tard.

    Le reportage du journaliste Jean Ducharme à l’émission Caméra 58 du 2 novembre 1958 témoigne du travail acharné des secouristes pour venir en aide aux mineurs.

    À genoux, dans des chaleurs suffocantes, ils s’acharnent pendant des heures à creuser des voies de sortie et à acheminer des vivres aux survivants.

    Caméra 58, 2 novembre 1958

    Pour la plupart d’entre eux, ce n’est pas chose nouvelle que cette lutte pour arracher des hommes des profondeurs de la terre. Plusieurs faisaient partie des équipes qui, il y a seulement deux ans, consentaient à descendre dans la houillère pour dégager ceux qui avaient été emmurés à la suite d’un coup de grisou.

    Jean Ducharme, journaliste

    L’explosion de 1958 n’est pas le premier accident fatal à secouer la communauté minière. Combinées à celle-ci, les explosions de 1891 et de 1956 ont causé la mort de 236 personnes.

    L'effondrement est l'une des plus grandes menaces dans les mines. Et la ville de Springhill ne se remettra pas de l’explosion de 1958.

    Au lendemain de la tragédie, la mine est fermée. Les familles des mineurs refusent de renvoyer les hommes au fond du puits. Les conséquences sont pourtant très graves, puisque la fermeture cause la perte de 1400 emplois.

    Ce n’est qu’avec la construction d’une prison fédérale en 1967 que la ville se trouve une nouvelle vocation. Le taux de chômage diminue alors, mais demeure très élevé pour le niveau provincial.

    L’explosion de la mine de Springhill en 1958 s’inscrit parmi les pires tragédies minières de l'histoire canadienne. La mémoire de cette triste histoire continue de faire partie de la fibre de la ville.

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