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Simon Jolin-Barrette entend procéder rapidement dans le dossier de la laïcité

Simon Jolin-Barrette au micro d'Alain Gravel.
Le nouveau ministre de l'Immigration du Québec, Simon Jolin-Barrette, n'a pas l'intention de laisser traîner le dossier du port des signes religieux par les fonctionnaires de l'État. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le nouveau ministre québécois de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion entend légiférer rapidement pour encadrer le port de signes religieux et réduire d'ici 2019 le nombre d'immigrants accueillis chaque année au Québec, comme l'a promis son parti en campagne.

Assermenté jeudi dans les fonctions de leader parlementaire et de ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette s’est également vu confier la mission, par François Legault, de mettre en place l’interdiction du port de signes religieux pour les employés de l'État en situation d'autorité, soit les juges, les procureurs, les policiers et les gardiens de prison, mais aussi les enseignants.

Interrogé sur les ondes de l’émission Gravel le matin, le nouveau ministre de 31 ans a expliqué que la laïcité de ces fonctionnaires de l’État était un dossier ayant déjà trop traîné et qu’il entendait ne pas perdre de temps pour le régler.

Ça fait 10 ans que ce dossier-là traîne malgré le consensus de Bouchard-Taylor. Les libéraux ont tabletté la position du rapport relativement aux personnes en situation d’autorité.

Simon Jolin-Barrette, ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion

Selon lui, les Québécois sont prêts depuis longtemps à intégrer ce principe de laïcité de l’État : « Il y a 50 ans, on a décidé de séparer l’Église et l’État et je pense qu’il est important d’avoir un cadre juridique qui va le consacrer. »

Les Québécois ont voté en connaissance de cause

Le premier ministre désigné du Québec François LegaultFrançois Legault devant ses partisans après la victoire de son parti. Photo : Radio-Canada

Or, il n'y a pas de surprise, selon le ministre, la position de la CAQ n’a jamais changé. Il s’agit selon lui de mettre en œuvre les conclusions du rapport Bouchard-Taylor sur le port de signes religieux par les fonctionnaires en situation d’autorité et de l’appliquer en plus aux enseignants, qui sont des personnes que la CAQ juge aussi en position d’autorité.

Plus tard en matinée, le premier ministre François Legault a pris le relais en réitérant en conférence de presse qu'il croyait toujours que les enseignants du niveau primaire étaient des employés de l'État en position d'autorité. Il a néanmoins précisé que des consultations allaient être faites sur le sujet.

Lorsqu'une journaliste lui a rappelé que, jeudi, Charles Taylor, l’un des coauteurs du rapport Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, avait qualifié le plan de la CAQ de « malhonnête, ridicule et plein de bêtises », François Legault s'est défendu en déclarant que c'était M. Taylor qui avait changé d'idée et que ce rapport, il l'avait signé.

Le premier ministre a ajouté que la proposition de son parti n'était pas non plus celle de Bouchard-Taylor, puisqu'elle compte plusieurs changements.

Les agents de la paix particulièrement concernés, selon la CAQ

En ce qui a trait à Sondos Lamrhari, la jeune femme voilée qui étudie en techniques policières et dont le cas a été soulevé pendant la campagne électorale, Simon Jolin-Barrette estime qu’il est particulièrement important que les agents de l’État n’affichent aucun signe religieux lorsqu’il est question de pouvoir de coercition.

« On parle notamment des policiers, des gardiens de prison, des juges, des procureurs de la Couronne. Ils représentent l’État dans l’exercice de leurs fonctions. »

Il ne s’agit pas de grosseur, de grandeur, de signes ostentatoires ou non. C’est clair que pas de signes religieux pour les personnes en situation d’autorité, si c’est ce qui est prévu dans la loi, c’est ce qui sera exigé.

Simon Jolin-Barrette, ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion

Moins d'immigrants dès 2019

« C’est un engagement électoral que M. Legault a pris. Notre objectif est de baisser les seuils à 40 000 immigrants pour 2019, cela étant motivé par le fait de mieux intégrer les immigrants », a rappelé Simon Jolin-Barrette.

« On veut conserver les mêmes sommes budgétaires en ce qui concerne l’intégration et la francisation pour s’assurer qu’on ait un moins grand nombre de personnes, mais pour qu’elles soient mieux accompagnées dans le processus d’intégration et de francisation », a-t-il expliqué.

M. Jolin-Barrette a rappelé au passage que la vérificatrice générale du Québec a déposé l’an dernier un rapport lapidaire sur la gestion des cours de francisation, ce qui n’aide en rien les immigrants à s’intégrer au marché du travail chez nous, selon lui.

Ce n’est pas respectueux comme société de dire à des gens : ''Venez au Québec, vous allez pouvoir travailler dans votre domaine d’expertise'', et une fois rendus, bien finalement, ils ne réussissent pas à se trouver un emploi.

Simon Jolin-Barrette, ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion

Expliquant que, trop souvent, les immigrants qualifiés ne trouvent pas d’emploi dans leur domaine parce que leurs diplômes ne sont pas reconnus ou parce qu’il y a des difficultés de maillage, Simon Jolin-Barrette a promis que son gouvernement se concentrerait en priorité sur le maillage entre les entrepreneurs et les immigrants, sur la francisation et la régionalisation de l’immigration « parce qu’on a des besoins de main-d’œuvre dans toutes les régions du Québec », a-t-il conclu.

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