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Bruce McArthur : la police de Toronto met sur pied une unité spéciale pour les personnes disparues

Image d'un homme dans un écran en tenue de prisonnier orange entouré de trois personnes.
Bruce McArthur lors de sa comparution par vidéoconférence, le 5 octobre. Photo: CBC/Pam Davies
Radio-Canada

Tous les cas de personnes disparues traités par la police de Toronto depuis 1990 seront passés en revue.

Depuis l'arrestation de Bruce McArthur, des militants et des membres de la communauté LGBTQ pressaient la police de créer cette unité.

Plusieurs ont accusé la police d'avoir trop attendu avant de prévenir le public de la présence d'un possible tueur en série.

Jean-Guy Cloutier estime qu'une telle unité pourrait avoir été utile en 2010, année où il a signalé la disparition de son ami Skandaraj Navaratnam, l'une des huit victimes présumées de McArthur.

Je me serais senti mieux si j'avais su qu'il y avait une unité dédiée à la recherche de personnes disparues, dit-il.

Gros plan sur un homme d'origine Sri Lankaise avec une barbeSkandaraj (Skanda) Navaratnam était porté disparu depuis 2010. Il est l'une des huit victimes présumées de Bruce McArthur. Photo : Facebook

Selon lui, cette nouvelle unité pourrait améliorer la communication avec ceux qui rapportent la disparition d'un proche.

Ils ne me donnaient pas beaucoup d'informations. Ils répétaient seulement que l'enquête était en cours et que je serais avisé s'il y avait du nouveau.

L'unité spéciale pour les personnes disparues a été créée en juillet. Deux détectives en chef, quatre enquêteurs et un analyste en font partie.

Des dossiers de plus de 20 ans

Au cours des derniers mois, l'équipe a recueilli des informations sur tous les cas de personnes disparues traités par la police de Toronto depuis 1990.

En moyenne, le service de police dit recevoir 4 200 rapports signalant la disparition d'un individu chaque année. Ainsi, la nouvelle unité pourrait devoir examiner plus de 100 000 dossiers.

L'objectif sera de réviser chacun d'entre eux, résolus ou non, pour s'assurer que l'enquête a été menée suivant les normes actuelles.

Le sergent détective de la police de Toronto Stacy Gallant. Le sergent détective de la police de Toronto Stacy Gallant. Photo : CBC / Oliver Walters

L'unité ne sera pas nécessairement responsable des enquêtes sur les nouvelles disparitions, mais conservera un dossier dans tous les cas.

Nous serons une unité de surveillance, pour avoir une meilleure idée de ce qui se passe dans la ville avec les personnes disparues, explique le sergent détective Stacy Gallant de la police de Toronto.

Si nous remarquons des tendances ou des liens, nous pouvons donner notre appui aux services qui mènent l'enquête, poursuit-il.

Pas unique au Canada

Toronto n'est pas la première ville canadienne à mettre sur pied une unité spéciale pour les personnes disparues.

Winnipeg a créé une unité semblable en 1974. D'autres villes, comme Ottawa, Hamilton, Vancouver et Edmonton, ont emboîté de pas.

Au Manitoba, en Alberta et en Colombie-Britannique, des lois permettent à ceux qui enquêtent sur des disparitions d'obtenir une ordonnance donnant accès à certains documents, notamment les relevés bancaires et les données cellulaires des personnes disparues, sans devoir d'abord prouver qu'il y a des motifs de croire qu'un crime a été commis.

En Ontario, la Loi sur les personnes disparues, adoptée en mars dernier, prévoit des mesures similaires, mais cette loi n'est pas encore en vigueur.

La province est restée silencieuse sur la date prévue d'entrée en vigueur, mais indique que le ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels se penche actuellement sur les règlements requis pour donner vie à la Loi sur les personnes disparues.

Pourquoi autant de temps?

La façon dont les cas de personnes disparues sont traités est une discussion qui évolue depuis de nombreuses années, dit le sergent Myron Demkiw.

Il admet toutefois que le projet Houston et le projet Prism, ainsi que l'opinion publique sur ces enquêtes, ont donné une certaine urgence à la discussion.

Ces deux enquêtes ont été lancées respectivement en 2012 et 2017 en réponse à la disparition d'hommes dans le quartier gai de Toronto.

La communauté LGBTQ a accusé la police de ne pas avoir pris au sérieux ces disparitions.

Depuis, un examen indépendant des pratiques policières en matière d'enquêtes sur les personnes disparues a été lancé.

L'examen indépendant ne se limitera pas à ces disparitions, mais évaluera l'ensemble des pratiques de la police dans les cas de personnes disparues.

Avec les informations de CBC

Toronto

Justice et faits divers