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Le legs de Gaétan Gervais, figure de proue de l'Ontario français

Gaétan Gervais a déjà reçu l’Ordre du Canada en 2014.
Gaétan Gervais a reçu l’Ordre du Canada en 2014. Photo: Radio-Canada / Mireille Langlois

Auteur, professeur et diffuseur, l'historien sudburois Gaétan Gervais, décédé dans la nuit de vendredi à samedi, aura été sur plusieurs fronts. Que laisse-t-il comme legs à l'Ontario français?

Le drapeau franco-ontarien

Hissé pour la première fois à l’Université de Sudbury en 1975, le lys et le trille a été conçu par M. Gervais, à l’époque chargé de cours à l’Université Laurentienne et Michel Dupuis, alors étudiant au baccalauréat en sciences politiques au même établissement. L’identité des créateurs de l'emblème n’aura toutefois été rendue publique que deux décennies plus tard.

Le 22 mars 1997, des milliers de Franco-Ontariens se sont rassemblés à Ottawa pour protester contre l'annonce de la fermeture de l'Hôpital Montfort.Le 22 mars 1997, des milliers de Franco-Ontariens se sont rassemblés à Ottawa, drapeaux franco-ontariens en mains, pour protester contre l'annonce de la fermeture de l'Hôpital Montfort. Photo : Getty images/AFP/Dave Chan

Depuis 2001, le drapeau franco-ontarien est reconnu officiellement par le gouvernement de l’Ontario comme étant un symbole de la communauté francophone. Il a aussi servi d’élément de ralliement notamment lors de la campagne SOS Montfort de 1997.


Les études franco-ontariennes : un champ en soi

L’historien et professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi, François-Olivier Dorais, a consacré sa thèse de maîtrise à Gaétan Gervais. Son ouvrage Un historien dans la cité : Gaétan Gervais et l’Ontario français paru en 2016 en est une adaptation.

Il indique dans l’ouvrage qu’en prenant part notamment à la création en 1978 de l’Institut franco-ontarien (IFO), M. Gervais entendait pallier la carence d’études historiques sérieuses sur l’Ontario français.

L’IFO publie toujours la Revue du Nouvel-Ontario, qui regroupe des articles scientifiques et recensions d’ouvrages portant sur la francophonie ontarienne.

Par son implication active dans la production de la Revue de l’Université Laurentienne et de la Revue du Nouvel-Ontario de même qu’au sein de la gestion et du rayonnement de l’Institut franco-ontarien, Gaétan Gervais a fortement contribué à donner un nouveau souffle et de nouvelles assises scientifiques à la recherche historique en milieu franco-ontarien.

François-Olivier Dorais dans Un historien dans la cité (p.91)

Le professeur d’histoire à l’Université d’Ottawa, Michel Bock, a fait ses études de maîtrise sous la supervision de M. Gervais. Il souligne le rôle de son ancien mentor dans la vulgarisation du savoir scientifique.

Il me disait souvent, quand j’étais étudiant : “Il faut écrire pour être compris, pas seulement des quelques spécialistes qui travaillent sur des objets semblables, mais d’un public beaucoup plus vaste. C’est tout à l’honneur de Gaétan Gervais d’avoir voulu décloisonner la recherche universitaire pour la rendre accessible et pertinente d’un point de vue social, d’un point de vue communautaire., fait-il savoir.


L’autonomisation du postsecondaire en français

M. Bock salue également un militant qui a travaillé très activement pour tenter, de l’intérieur de l’appareil bureaucratique gouvernemental ontarien, d’autonomiser les Franco-Ontariens dans le domaine névralgique du postsecondaire et de l’université en particulier.

Entre 1987 et 1989, Gaétan Gervais a oeuvré au bureau de Brian Goodman, alors sous-ministre adjoint responsable des universités.

Sur le plan strictement politique, la question universitaire a été sa grande cause. Cette contribution a structuré un débat en Ontario français qui débordait largement le cadre strict des milieux universitaires.

Michel Bock, professeur d’histoire à l’Université d’Ottawa


De nombreux ouvrages

Gaétan Gervais a écrit et pris part à la rédaction de dizaines d’ouvrages, d’articles scientifiques et de ressources documentaires ayant comme objet l’Ontario français.

Paru en 2010, le Dictionnaire des écrits de l’Ontario français 1613-1993 qu’il a codirigé avec l’ethnologue Jean-Pierre Pichette, est la première bibliographie générale des écrits franco-ontariens et le premier répertoire des auteurs de l’Ontario français. L’ouvrage répertorie plus de 2537 écrits de plus de 900 auteurs sur une période de près de quatre siècles.

La recension qui a pris 28 ans n'aura pas été de tout repos, selon M. Pichette.

Ce qui était difficile, c'est que souvent, bien sûr, il y a de grandes oeuvres, mais les grandes oeuvres, tout le monde se précipite pour les recenser. Mais on a ensuite de petites monographies paroissiales où se trouve souvent l'histoire d'une paroisse, comme Opasatika. Souvent, ce sont les seules références qu'on possède sur ce coin du pays qui s'appelle l'Ontario français.

Jean-Pierre Pichette à l'émission Grands Lacs Café le 4 décembre 2010

Une bourse d’études

L’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) du grand Sudbury octroie chaque année une bourse de 100 $ baptisée Gaétan-Gervais à un finissant de chacune des sept écoles secondaires de langue française du Grand Sudbury, ainsi qu’à un étudiant du Collège Boréal et de l’Université Laurentienne. En octroyant la somme aux récipiendaires, l’ACFO du grand Sudbury souligne la contribution d’un(e) jeune au développement et à la promotion de la communauté francophone de la région.


Une école porte son nom

Ouverte en 2011, la seule école secondaire publique de langue française d’Oakville, au sud de Toronto, a pris le nom de Gaétan Gervais. Elle relève du Conseil scolaire Viamonde.

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