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analyse

Le Cabinet du changement

Le premier ministre du Québec, François Legault, a présidé son premier conseil des ministres le 18 octobre 2018. Il est accompagné à droite du ministre des Finances, Éric Girard, et de la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais.
Le premier ministre du Québec, François Legault, a présidé son premier conseil des ministres le 18 octobre 2018. Il est accompagné à droite du ministre des Finances, Éric Girard, et de la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais. Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Martine Biron

On dit souvent que la plus grande menace pour un politicien, c'est l'arrogance, et qu'elle vient généralement avec l'usure du pouvoir. Le premier ministre François Legault, qui a présenté son Conseil des ministres jeudi à Québec, a insisté pour que ses députés soient à l'écoute des citoyens qu'ils représentent. Il voulait marquer le coup puisqu'il espère incarner le changement réclamé par ses électeurs.

On ne parlera plus du gouvernement des docteurs, mais du gouvernement des entrepreneurs.

Les principaux acteurs du cabinet paritaire de François Legault sont trois de ses bons amis. Nul doute que les nouveaux ministres affectés aux Finances, Éric Girard, au Trésor, Christian Dubé, et à l’Économie, Pierre Fitzgibbon, auront un accès direct au premier ministre du Québec et que leurs pouvoirs au sein de ce gouvernement seront importants.

M. Legault a aussi choisi de rajeunir l’image de son équipe. Ainsi, une nouvelle génération de ministres entre en scène.

L’homme fort du gouvernement a 31 ans. Simon Jolin-Barrette occupera le poste de leader parlementaire et dirigera les délicats dossiers de l’immigration et de la laïcité. La femme forte du gouvernement a 34 ans. Geneviève Guilbault est vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique.

Sur la forme, le gouvernement Legault présente un équilibre entre les hommes et les femmes, la jeunesse et l’expérience, sans oublier la représentation régionale.

Sa faiblesse, toutefois, sera sa représentation à Montréal et à Laval. Les première et troisième villes en importance au Québec n’ont aucun ministre en titre.

La députée de Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, siégera au Cabinet, mais dans un poste de ministre déléguée, donc sans portefeuille. Il faut remonter au gouvernement de l’Union nationale, il y a 50 ans, pour constater une aussi faible représentation de Montréal au Cabinet. M. Legault sera certainement interpellé sur cette question.

Une équipe de recrues

Depuis l’élection du Parti québécois, en 1976, c’est la première fois au Québec qu’un parti qui n’a jamais gouverné prend le pouvoir. L’équipe de François Legault est donc formée de recrues qui ne connaissent pas les rouages de la politique.

Si le nouveau gouvernement a l’avantage de ne pas avoir de bilan à défendre, il reste que la tâche à venir sera importante. M. Legault a envoyé le signal que l’économie, la santé et l’éducation seront ses priorités. Il veut aussi rapidement régler la question de la laïcité.

Dans ce contexte, M. Legault ouvre la porte à une nouvelle façon de gouverner et tend la main aux partis d’oppositions.

Les exclus

C’est un casse-tête douloureux de constituer un Conseil des ministres, car il y a nécessairement des exclus.

Des députés vedettes ambitieux, comme Youri Chassin, Ian Lafrenière ou André Bachand, n’ont pas été choisis par le premier ministre. C’est aussi le cas de quelques députés de la CAQ de longue date. Claire Samson est déçue, l’ancien whip Donald Martel a perdu son poste et Marc Picard, qui souhaitait le poste de président de l’Assemblée nationale, devra faire une croix sur son rêve.

Dans son discours, François Legault a répété qu’un élu est d’abord et avant tout un député. René Lévesque avait dit la même chose lors de la formation de son premier Cabinet, le 26 novembre 1976. Il avait précisé que le poste de ministre était simplement un « mandat additionnel ».

Et ce mandat additionnel, avait-il dit, est essentiellement temporaire, puisqu’il est accordé, comme le dit la loi, selon le bon plaisir... du premier ministre. Les choses peuvent donc changer et le premier ministre a le privilège de remanier son Cabinet.

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