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Fortnite, le nouvel adversaire d’un entraîneur-chef au hockey

Le jeu Fortnite donne des défis dans le monde du sport
Radio-Canada

Le réalisme, l'accessibilité et la popularité des jeux vidéo sont devenus des défis pour les dirigeants d'équipes de sport de haut niveau. En Saskatchewan, un entraîneur-chef au niveau junior A au hockey voit d'ailleurs le jeu Fortnite comme étant un nouvel adversaire qui se trouve à l'extérieur de l'aréna.

Un texte de Charles Lalande

Récemment, Philippe Roy, entraîneur-chef et directeur général de l’équipe Junior A des Hounds de Notre Dame, a senti le besoin d’en discuter avec ses étudiants-athlètes âgés de 17 à 21 ans.

Afin d’illustrer son propos, il a utilisé comme exemple l'horaire d'une journée type d'un joueur. Celle-ci débute à 8 h et se termine à 23 h. Pendant ces 15 heures, la moitié du temps des joueurs est déjà bien déterminée : 3 heures sont consacrées au hockey (séance sur la patinoire, entraînement hors glace et rencontres), une heure de récupération et 3 heures 30 minutes pour les repas.

« L’autre moitié de leur journée est libre. Ils ont donc 7 heures 30 minutes pour s’améliorer. Et c’est là que, malheureusement, la technologie entre en ligne de compte. C’est plus facile d’aller sur Internet, de jouer à Fortnite ou à n’importe quelle console que d’étudier, aller s’entraîner, parler à quelqu’un ou lire un livre », a-t-il souligné.

Des accros dans le monde du hockey

Le 18 juin 2018, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a formellement reconnu « le trouble du jeu vidéo » comme étant une maladie, au même titre que les jeux d’argent et la cocaïne.

Selon l’OMS, le diagnostic peut être établi lorsque les spécialistes remarquent des conséquences sur les activités personnelles, familiales, sociales, scolaires et professionnelles d’une personne qui persistent au moins durant 12 mois.

Dans le monde du sport, cet été, Jeff Marek, du réseau Sportsnet, a révélé dans la baladodiffusion 31 Thoughts que la carrière d’un ancien choix de première ronde était en péril en raison de sa dépendance aux jeux vidéo. Toujours selon Jeff Marek, le hockeyeur en question, qui n’a pas été identifié, serait allé chercher de l’aide pour régler son problème qui nuit à sa carrière.

Toujours au cours de l’été, à l’aube du dernier repêchage, le directeur général adjoint du Canadien de Montréal, Trevor Timmins, avait déclaré qu’il se méfiait des espoirs qui consacraient trop de temps aux divertissements en ligne, perdant ainsi de précieuses périodes de sommeil et de récupération. Cette déclaration est toujours diffusée sur le site web de l’équipe.

Finalement, au début de la présente saison, les Canucks de Vancouver ont décidé d’interdire les jeux vidéo lors des voyages sur la route. Cette décision a été prise dans le but de permettre à l’équipe de passer davantage de temps ensemble.

Les jeux vidéo, un « nanane »

Chez Les Pats de Regina, formation de la Ligue de hockey de l’Ouest, l'organisation affirme être bien consciente de cette réalité, mais qu’elle n’a jamais eu de problème sur ce plan.

Même son de cloche du côté des Hounds de Notre Dame.

Philippe Roy ne s’oppose pas aux jeux vidéo. Il les autorise, pourvu que ce soit avec parcimonie et que les effets sur le rendement scolaire et athlétique des joueurs soient minimes.

Un homme avec un chandail gris parle devant de jeunes joueurs de hockey, assis sur un banc dans un vestiaire.Philippe Roy accorde beaucoup d’importance à la communication avec ses joueurs âgés de 17 à 21 ans. Photo : Radio-Canada

« Pour les athlètes, la récupération mentale et physique est très importante. [Parfois, à cause de la technologie] il y a un manque d’appréciation physique et sociale avec d’autres joueurs. Tu ne parles plus vraiment à personne, tu es dans ta bulle. Pour moi, ça devrait être une récompense. Tu as eu une bonne journée, tu te donnes un petit nanane [en jouant] une heure ou deux, mais après ça, il faut que tu penses à toi », conclut-il.

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