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Une étude internationale mesure les coûts associés au délai de traitement des AVC

Rayons X d'un cerveau lors d'un accident vasculaire cérébral (AVC).
Rayons X d'un cerveau lors d'un accident vasculaire cérébral (AVC) Photo: iStock

On sait depuis longtemps que plus on traite rapidement un patient qui a fait un AVC, meilleures sont ses chances de survie. Une grande étude internationale présentée jeudi, dans le cadre du Congrès mondial AVC Montréal, permet pour la première fois de mesurer le coût humain et social d'un retard d'intervention.

L'étude révèle qu'un délai d'une heure avant d'intervenir entraîne, pour le patient, une perte équivalant à 9 mois de pleine qualité de vie et à 14 000 $ pour la société. Le coût pour deux heures de retard : deux ans de pleine qualité de vie et une facture de 26 000 $.

« On dit souvent qu'une minute de blocage d'une artère dans le cerveau, ça tue 1,9 million de neurones par minute. Alors, on peut penser qu'une heure d'ischémie, de blocage d'une artère, ça tue plusieurs millions de neurones. Et ça se traduit par des handicaps physiques et cognitifs », affirme le Dr Alexandre Y. Poppe, neurologue au CHUM.

Au Canada, il faut en moyenne deux heures pour transporter un patient à un centre de soins, l'évaluer et lui faire passer un examen en imagerie médicale.

Dans les centres spécialisés, on réalise ensuite, si nécessaire, une thrombectomie. L'intervention permet de retirer le caillot qui obstrue l'artère, et le sang peut alors circuler de nouveau. Pour les cas qui sont traités dans les centres spécialisés, on observe une baisse de 50 % de la mortalité.

Qu'est-ce qu'un AVC?

L'accident vasculaire cérébral ischémique (AVC) est la conséquence du manque d'apport d'oxygène dans une partie du cerveau. Il peut être la conséquence d'une thrombose ou d'une embolie (migration d'un caillot ou d'un débris de dépôt graisseux) cérébrale. Dans les deux cas, une partie du cerveau est moins irriguée. Il y aura alors un déficit neurologique (paralysie) plus ou moins important correspondant au territoire cérébral atteint.

Est-il possible de faire encore mieux?

« Au Québec, il y a quatre centres seulement qui offrent ce traitement spécial, deux à Montréal, un à Québec et un à Sherbrooke. Donc, il y a tous les enjeux de pouvoir amener rapidement les patients par ambulance au bon endroit. »

Dans les régions plus éloignées, la vidéoconférence est une option intéressante.

« On a mis en place, entre autres, la télé-AVC, où même si on n'a pas accès à un grand centre ou à un neurologue ou à tout l'équipement spécialisé, on peut, à distance, avec un neurologue, faire un premier diagnostic, un premier examen et décider quoi faire, entre autres pour donner le bon médicament, la bonne intervention rapidement », explique Andréane Tardif de la Fondation des maladies du coeur et de l'AVC.

Aujourd'hui, 80 % des Canadiens survivent à leur AVC, mais plus de la moitié conservent une incapacité à long terme.

Avec les informations de Normand Grondin

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