•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Trump menace de fermer la frontière avec le Mexique pour bloquer la caravane de migrants

Gros plan sur le visage de Donald Trump
Sur Twitter, Donald Trump a menacé de déployer l’armée à la frontière américano-mexicaine. Photo: Reuters / Kevin Lamarque
Radio-Canada

Le président Trump a menacé de déployer l'armée à la frontière entre les deux pays pour refouler les migrants partis par milliers d'Amérique centrale, plusieurs nourrissant l'espoir de gagner les États-Unis.

À trois semaines des élections de mi-mandat, Donald Trump a repris un de ses thèmes de campagne de prédilection - la sécurité des frontières - dans une série de tweets rageurs jeudi, fustigeant le Guatemala, le Honduras et le Salvador, en n’épargnant ni le Mexique ni les démocrates.

Il a notamment appelé le Mexique à intercepter les migrants.

Je dois, dans les termes les plus forts, demander au Mexique d’arrêter cette attaque - et s'il n'en est pas capable, j’appellerai l'armée américaine et FERMERAI NOTRE FRONTIERE SUD!..

Donald Trump, président des États-Unis

Amalgamant migrants et criminalité, il a aussi critiqué les leaders des trois premiers pays pour en faire trop peu « pour stopper le vaste afflux de personnes, DONT PLUSIEURS CRIMINELS », réitérant sa menace de couper l’aide financière que leur octroie Washington.

Il a du même souffle semblé menacer de mettre fin à l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC), que les trois partenaires viennent tout juste de conclure.

« L'assaut sur notre pays à la frontière sud, y compris les éléments criminels et les DROGUES qui affluent, sont beaucoup plus importants pour moi, comme président, que le commerce et l'AEUMC », a-t-il averti.

La faute aux démocrates

Cet « assaut » sur les États-Unis est mené par les démocrates », s’est-il insurgé, les accusant de vouloir des « frontières ouvertes » et de se satisfaire de « lois laxistes ».

Marcelo Ebrard, nommé ministre des Affaires étrangères mexicain par le président élu Manuel Lopez Obrador, a minimisé les propos du président américain, estimant que celui-ci s'adressait à sa base électorale à l’approche des élections de mi-mandat du 6 novembre.

Depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2017, l'administration Trump a resserré la politique migratoire américaine.

Jusqu’ici, il n’a toutefois pas réussi à faire voter des fonds par le Congrès pour réaliser sa promesse phare de construire un mur à la frontière avec le Mexique. Frustré par ce blocage, il a ordonné, en avril dernier, le déploiement de la Garde nationale à la frontière pour en assurer la sécurité.

Des milliers de migrants d'Amérique centrale poursuivent leur exode

Des dizaines de migrants, dont une femme tenant un enfant dans ses bras, attendent à la frontière.Des migrants honduriens attendent dans la municipalité d'Ocotepeque, à la frontière d'Agua Caliente, dans l'espoir de traverser au Guatemala afin de joindre la caravane de migrants tentant de gagner les États-Unis. Photo : Reuters / Jorge Cabrera

Partie à la fin de la semaine dernière de San Pedro Sula, une ville du Honduras parmi les plus dangereuses au monde, la caravane de migrants a vu ses rangs s’accroître au fil de son périple vers le Salvador et le Guatemala.

Il n’y a pas d’évaluation officielle de leur nombre, mais les médias estiment que les migrants, qui fuient la violence et la pauvreté, se comptent par milliers.

Après avoir passé la nuit dans des refuges de la capitale guatémaltèque, des centaines d'entre eux ont entrepris de parcourir les 250 km qui les séparent encore de la ville de Tecun Uman, à la frontière avec l'État mexicain du Chiapas.

Un autre groupe n’avait pas encore atteint la ville de Guatemala.

Le Mexique a déployé des ressources policières additionnelles à sa frontière avec le Guatemala.

Les autorités mexicaines ont indiqué que les Honduriens n’auraient pas le droit d’entrer au pays tous ensemble et qu’ils devraient présenter un passeport et un visa – des documents que peu possèdent – ou présenter une demande de statut de réfugié, un processus qui pourrait prendre 90 jours.

Le président guatémaltèque, Jimmy Morales, a indiqué mercredi que son pays collaborait avec des organisations humanitaires pour aider les migrants en leur fournissant nourriture et abri.

Comme au Guatemala et au Salvador, les gangs font régner la terreur au Honduras, où 68 % des 9 millions d'habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Le Honduras est considéré comme l'un des pays les plus violents du monde, avec une moyenne quotidienne de 20 meurtres par jour.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a appelé au « respect des droits de tous les migrants et plus particulièrement des plus vulnérables ».

Plus de 500 000 Latino-Américains traversent illégalement la frontière sud du Mexique chaque année pour tenter de remonter vers les États-Unis, selon des chiffres de l'ONU.

Pompeo reprend le bâton du pèlerin

À peine revenu de Turquie et d’Arabie saoudite, où il a tenté de faire le point sur la disparition du Saoudien Jamal Khashoggi, le secrétaire des Affaires étrangères, Mike Pompeo, doit se rendre au Panama jeudi, puis au Mexique le lendemain.

Il rencontrera le président panaméen Juan Carlos Varela et le président mexicain sortant, Enrique Pena Nieto, pour discuter, notamment, d’immigration illégale ainsi que de « mouvement illicite d’argent, d’armes et de drogue », selon un communiqué du département d’État.

Avec les informations de AFP, et Reuters

International