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Pénurie d'arbitres au hockey mineur dans la région de Québec

Un arbitre de hockey mineur.

Un arbitre de hockey mineur.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La pénurie de travailleurs qui frappe le marché de l'emploi se vit également sur les patinoires de Québec et des environs. En cinq ans, Hockey Québec-Chaudière-Appalaches (HQCA) a vu son nombre d'officiels chuter de 30 %. Une situation que tentent de corriger les responsables des regroupements d'arbitres.

Un texte de Jean-Philippe Martin

Dans les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, le nombre d’arbitres fédérés pour le hockey mineur est passé de 800 à quelque 550 en 5 ans.

« Environ 100 à 125 [nouveaux] officiels se joignent au groupe, mais pour différentes raisons, on en perd 150 à 175 chaque année », précise François Talbot, arbitre en chef régional de Hockey Québec-Chaudière-Appalaches.

François Talbot, officiel en chef, Hockey Québec-Chaudière-Appalaches

Francois Talbot, officiel en chef, Hockey Québec-Chaudière-Appalaches

Photo : Radio-Canada

Selon lui, plusieurs raisons expliquent cette baisse. Certains officiels prennent simplement leur retraite, mais les coûts et les conditions difficiles peuvent aussi en dissuader plusieurs de devenir ou demeurer arbitres.

M. Talbot se dit inquiet de voir le groupe d’officiels diminuer à un tel rythme. Il croit que des impacts se feront sentir dans les arénas de la région si la situation ne s’améliore pas.

« Il faut stopper l'hémorragie, dit-il. Il faut que le nombre d'officiels arrête de diminuer, parce que là, on est rendu au plus bas qu’on peut être. »

Avec une baisse comme ça, c'est sûr qu’à un certain moment donné, on va devoir reporter des matchs.

François Talbot, arbitre en chef régional de Hockey Québec-Chaudière-Appalaches

Payer pour travailler

Un arbitre au hockey mineur peut empocher entre 15 $ et 40 $ par match, selon le calibre et sa fonction d’officiel en charge ou de juge de lignes. Toutefois, les officiels doivent eux-mêmes défrayer certains coûts avant même de poser un patin sur la glace.

D'abord, il y a l'équipement. Malgré les efforts de l’organisation pour diminuer la facture, l’officiel doit débourser, en plus de l'achat des patins, quelques centaines de dollars pour acheter le casque, la visière, les vêtements et les pièces de protection requises.

« On a fait un effort avec L'Entrepôt du hockey pour trouver un kit abordable [à 275 $] pour les officiels qui commencent », spécifie François Talbot.

À cela, s’ajoutent les frais de formation, assurances incluses, qui sont de 75 $ pour les nouveaux arbitres et de 125 $ pour les autres. Ces frais doivent être acquittés avant chaque saison.

Des solutions?

Dans la région de Bellechasse où le nouveau responsable des arbitres Charles Lemelin-Ruel a constaté une pénurie, des incitatifs ont été mis en place pour attirer les officiels manquants.

« Dans le coin de Saint-Pamphile, on disait qu'il y avait peut-être cinq arbitres au maximum. C'est épouvantable là. Là, on parle d'une pénurie pour vrai. Ici, on était une trentaine d'arbitres qui couvraient Saint-Damien, Sainte-Claire et Saint-Anselme. »

Charles Lemelin-Ruel, responsable des arbitres, région de Bellechasse

Charles Lemelin-Ruel, responsable des arbitres, région de Bellechasse

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Martin

Pour attirer les arbitres, l'organisation a misé sur le remboursement des frais de formation annuels pour les arbitres de la région de Bellechasse qui participeront à un minimum de 15 matchs durant la saison, 20 pour les arbitres de première année.

Selon lui, cette mesure a permis la rétention d’officiels qui réfléchissaient à la possibilité d’accrocher leur chandail zébré, en plus d’en convaincre d’autres de reprendre du service.

« J'ai été capable d'aller chercher huit vétérans qui ont déjà arbitré dans le passé et qui, pour plusieurs raisons, familiales, intérêt, coaching, avaient arrêté. Avec eux, j'ai l'intention de faire un beau groupe avec un beau social autour de tout ça. »

La collaboration des spectateurs

Les responsables rappellent que le métier d’arbitre peut être parfois ingrat. La pression est élevée et les critiques sont chose fréquente.

C'est sûr qu'on en perd énormément dû au fait qu’arbitrer, ce n’est pas pour tout le monde.

François Talbot, arbitre en chef régional de Hockey Québec-Chaudière-Appalaches

Selon Charles Lemelin-Ruel, les parents et les spectateurs doivent aussi réaliser qu’ils ont, quelque part, un rôle à jouer pour aider à ralentir et même stopper la baisse du nombre d’arbitres.

« On est là pour les jeunes et pour la game, rappelle Charles Lemelin-Ruel. Tout le monde doit pousser dans le même sens. Ce n’est pas parce que quelqu'un a un chandail d'arbitre sur le dos pendant un match de hockey que c'est une cible, au contraire. Les officiels sont là pour la sécurité des enfants et pour bon le déroulement du jeu. »

Québec

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