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Pourquoi le transport en commun n'a-t-il pas la cote à Winnipeg?

Radio-Canada

Le bus n'a pas la cote à Winnipeg, particulièrement pour les usagers qui vivent dans des quartiers en périphérie du centre-ville. Comme il s'agit d'un enjeu électoral pour les Winnipégois, nous avons voulu comprendre pourquoi le transport en commun a si mauvaise presse.

Un texte de Patricia Bitu Tshikudi

Qu’ils prennent l'autobus ou non, les Winnipégois ont une opinion sur l’efficacité du système de transport en commun à Winnipeg.

« Ma copine prenait le transport en commun et ça a besoin d'être amélioré de beaucoup », estime Samuel, qui habite à Winnipeg depuis deux ans.

« Ce n’est pas fiable à mon avis », dit pour sa part Nathalie, une étudiante.

C’est en retard ou [ ça arrive ] une demi-heure plus tard, ou ça ne vient pas du tout. C'est un peu frustrant quand tu dois aller en cours. 

Nathalie, étudiante

En retard, pas efficace, peu sécuritaire, voilà plusieurs choses qui découragent les Winnipégois de prendre le bus pour se déplacer.

Selon Statistique Canada, Winnipeg est la seule de huit grandes régions métropolitaines du pays où le nombre d'usagers des transports en commun a diminué au cours des 20 dernières années.

Entre 1996 et 2016, la proportion des usagers du transport en commun est passée de 14,3 % à 13,6 % de la population.

Pour le professeur en urbanisme Marc Vachon, l’étalement urbain est un des problèmes du transport en commun à Winnipeg.

« Vu qu'on a tellement d'étalement urbain, ça encourage cette culture de l'auto et ça décourage de prendre l'autobus », dit-il.

Plus on a une centralité et plus on est capable de faire un meilleur transport aussi.

Marc Vachon, urbaniste

Avec une population dispersée sur un grand territoire, Winnipeg n'a pas la densité démographique nécessaire pour qu'une masse critique de personnes prenne le bus de manière efficace.

« Si on distribue la population sur un grand étalement, on a d'énormes coûts, que ce soit pour construire des viaducs, pour les trains ou pour le transport en commun », explique M. Vachon.

L’autre aspect à considérer, selon lui, c’est l’image que les gens se font des transports en commun.

Dans d'autres villes, c'est hypster de prendre l'autobus. À Winnipeg, ce n’est pas perçu comme ça.

Marc Vachon, urbaniste

« Il y a une vision assez archaïque comme quoi je ne peux pas me payer une auto, que c'est pour les étudiants, pour les personnes à faible revenu ou les personnes âgées », ajoute-t-il.

Selon lui, des efforts ont été faits pour améliorer l’offre de service avec notamment l’achat de nouveaux autobus.

Il croit, toutefois, qu’il faut en faire plus pour changer l’image que les Winnipégois ont du transport en commun.

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