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L'amiante presque complètement banni au Canada dès le 30 décembre

En 2016, l’Institut national de santé publique du Québec a recensé 853 nouveaux cas d’amiantose Photo: Getty Images / Neydtstock
Radio-Canada

L'interdiction de faire le commerce de l'amiante ou d'en utiliser, qui a été annoncée il y a deux ans par le gouvernement Trudeau, entrera en vigueur le 30 décembre.

C’est ce qu’a confirmé la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, lors d’une conférence de presse, jeudi, au campus Civic de l'Hôpital d'Ottawa.

Cela entrera en vigueur le 30 décembre 2018 pour l’importation, l’exportation, la vente et l’utilisation de l’amiante.

Catherine McKenna, ministre canadienne de l'Environnement et du Changement climatique

Mme McKenna a aussi confirmé que des entreprises pourront continuer d’exploiter les résidus miniers laissés par des décennies d'extraction d’amiante pour en extraire du magnésium.

Environ 800 millions de tonnes de ces résidus se trouvent près des anciennes mines d’amiante de Thetford Mines et d’Asbestos, au Québec. Ces mines sont fermées depuis plusieurs années.

La nouvelle réglementation comporte aussi une série d’exemptions pour permettre aux militaires, aux installations nucléaires et aux usines de chlore et de soude caustique de continuer à utiliser de l'amiante.

« Ce sont des exemptions vraiment mineures. Aucune de ces exceptions n’aura d’impact sur la santé humaine, ce qui est notre priorité », a plaidé la ministre McKenna.

« Dans certains cas, il y avait des raisons techniques. Pour les installations militaires, on avait besoin d’exemptions », a-t-elle ajouté. « Mais [ces exemptions] sont limitées dans le temps. Il doit y avoir des rapports sur ces exemptions. ».

La ministre n'en a pas dit davantage. Elle a invité les journalistes à consulter des experts de son ministère pour de plus amples détails.

Le Canada a accepté d'interdire l'amiante en 2016, après des années de pression exercée par des experts en santé publique, d'anciens travailleurs miniers et des proches de victimes. Il a toutefois continué de faire valoir que l'amiante était sans danger s'il était utilisé avec les précautions appropriées.

Au moins 510 Canadiens sont morts en 2016 du mésothéliome, un cancer du poumon lié à l'amiante. Ce chiffre n'inclut toutefois pas les décès survenus au Québec, la province ayant cessé en 2010 de signaler ses taux de maladies liées à ce minerai.

Une exemption critiquée

L'exemption accordée par le gouvernement fédéral pour l'exploitation de résidus miniers ne plaît pas à tous. Interrogée par La Presse canadienne, une experte en la matière, Kathleen Ruff, dit être déçue par cette décision.

Ces résidus contiennent jusqu'à 40 % de fibres d'amiante, qui sont responsables de cancers et d'autres maladies pulmonaires, a-t-elle expliqué.

Tout le monde est favorable aux emplois et au développement des communautés, tout le monde est content de la création de nouvelles entreprises, mais cela ne devrait pas se faire au détriment de la santé humaine. Cela ne devrait pas être dangereux.

Kathleen Ruff, experte en matière d'amiante

Au moins une entreprise, Alliance Magnésium, souhaite extraire ce métal des résidus de mines d'amiante, principalement pour utilisation dans les pièces automobiles et les moules haute pression.

En août dernier, Québec lui a octroyé une aide financière de 30,9 millions de dollars pour l'implantation d'une « usine de démonstration commerciale » de fabrication de magnésium à partir des résidus par un procédé d'électrolyse.

Le projet, d'une valeur de près de 105 millions de dollars, doit être réalisé à Danville, en Estrie, et créer une soixantaine d'emplois.

Un véhicule circule sur le futur site de l'usine Alliance magnésium à Danville.Voici le site de la future usine Alliance magnésium de Danville. Il s'agit de l'ancien site de l'usine Magnola. Photo : Radio-Canada / Jean-François Dumas

Joël Fournier, président d'Alliance Magnésium, explique que le processus employé par son entreprise détruit ce qu'il reste de la fibre d'amiante encore présente dans la pierre en la trempant dans l'acide. Le traitement permet ensuite de récupérer du magnésium et de la silice amorphe.

Il assure que les travailleurs portent une protection appropriée pour les empêcher d'inhaler toute fibre d'amiante et que les tests effectués par l'entreprise démontrent que très peu de fibres se retrouvent en suspension dans l'air.

« Je dis toujours que nous ne faisons pas partie du problème; nous n'avons pas créé le problème, nous faisons partie de la solution, insiste M. Fournier. Essentiellement, nous procédons à la remise en état des lieux. »

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

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