•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pétrole à rabais : un manque à gagner de 100 M$ par jour, selon les analystes

Un chevalet de pompage au coucher du soleil dans un champ.
Le secteur pétrolier était le moteur de la croissance en Alberta en 2017. Photo: Reuters / Todd Korol
Radio-Canada

Le prix du pétrole de l'Ouest canadien poursuit sa dégringolade, et cette chute des cours du baril continue de favoriser les raffineries américaines au détriment des producteurs de pétrole canadiens.

« Alors que les prix à l’international rejoignent leur niveau de 2014, le Western Canadian Select (WCS) s’affaiblit », écrit Carine Bergevin-Chammah, une économiste de Desjardins, dans une note de service publiée lundi.

Pour un baril de pétrole, les producteurs de l’Alberta et de la Saskatchewan reçoivent trois fois moins d’argent que leurs compétiteurs américains.

La semaine dernière, le prix du Western Canadian Select (WCS) a chuté sous la barre des 20 $, alors que prix du baril West Texas Intermediate (WTI) s’affichait aux alentours de 70 $.

Cela « représente un escompte d’environ 50 $ US , dit Mme Bergevin-Chammah. [C'est] le plus grand écart jusqu’à aujourd’hui. »

Une situation temporaire

Selon l'analyse de Desjardins, la production pétrolière de l’Ouest canadien a augmenté plus rapidement que prévu en 2018.

Or, les producteurs de l’Ouest canadien ont de la difficulté à exporter leur pétrole, à cause du réseau de pipelines qui a atteint son maximum.

« Le transport par rail a significativement augmenté pour compenser, mais cette solution demeure plus dispendieuse et encore insuffisante », dit Mme Bergevin-Chammah.

Ce goulot d’étranglement est accentué par le fait que plusieurs raffineries américaines, actuellement en maintenance, ne peuvent plus commander de pétrole canadien.

« Elles devraient atteindre leur plein rendement dans quelques semaines », pense Zachary Rogers, analyste au groupe Wood Mackenzie, à Houston.

Faute de débouchés, le pétrole albertain doit être stocké, mais les capacités d’entreposage sont elles aussi sur le point d’atteindre leurs limites, souligne Samir Kayande, analyste au groupe RS Energy.

« C’est dans ce genre de scénario, où nous ne savons plus où mettre notre pétrole temporairement, que les prix risquent de fluctuer énormément », explique-t-il.

À la mi-novembre, « avec la remise en marche des raffineries américaines, le prix du WCS devrait [...] se relever au cours des prochains mois », prévoit Mme Bergevin-Chammah.

En attendant, l’industrie pétrolière de l’Ouest canadien se prive de 100 millions de dollars par jour, évalue Michael Dunn, analyste à GMP FirstEnergy.

Le mois dernier, l’écart entre le WCS et le WTI oscillait autour de 35 $. À ce moment-là, Scott Moe, le premier ministre de la Saskatchewan, avait déclaré qu’un tel escompte sur le WCS allait coûter à la province 300 millions de dollars, soit 110 millions de dollars de plus que ce qui avait été estimé initialement.

Alberta

Industrie pétrolière