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Affaire Khashoggi : Trump réclame les enregistrements, « s'ils existent »

Le président Donald Trump a demandé à la Turquie de produire les enregistrements qu'elle détiendrait de l'assassinat de Jamal Khashoggi, si ils existent.

Photo : Reuters / Yuri Gripas

Radio-Canada

Le président américain Donald Trump a demandé mercredi à la Turquie de lui fournir les présumés enregistrements qui prouveraient que le journaliste Jamal Khashoggi a bel et bien été assassiné à l'intérieur du consulat saoudien, le 2 octobre dernier.

En dépit des nombreuses affirmations des médias turcs voulant que ces enregistrements, qui seraient en possession des autorités turques, contiennent les détails de l’exécution de Jamal Khashoggi, le président Trump s’est montré peu convaincu de leur existence, préférant appeler les médias à être patients avec l’Arabie saoudite.

Interrogé par les journalistes sur la description de leur contenu par le journal turc Yeni Safak, qui révélerait les détails « horribles » sur la mort de Jamal Khashoggi, le président Trump s’est contenté de déclarer : « Nous l’avons demandé, s’il existe ».

« Je ne suis pas encore sûr qu’ils existent », a déclaré le président un peu plus tard, au cours d’un autre point de presse.

Bien qu’il ait évoqué la possibilité que des sanctions soient prises contre le régime de Riyad s’il s’avère que Jamal Khashoggi a bel et bien été assassiné par des agents saoudiens en Turquie, le président Trump s’est montré très réservé face aux preuves incriminantes qui s’accumulent contre le royaume saoudien depuis la disparition de ce collaborateur du Washington Post.

Washington accusé de passer l'éponge

Les nombreux photographes de presse photographient les enquêteurs médico-légaux turcs, qui sortent des véhicules pour entrer dans le domicile du consul saoudien en Turquie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les enquêteurs médico-légaux turcs à leur arrivée au domicile du consul saoudien en Turquie

Photo : Reuters / Osman Orsal

Accusé d’accréditer les dénégations du régime du prince Mohammed ben Salmane qui nie toute implication de son gouvernement dans cette affaire, le président Trump s’est défendu mercredi de « couvrir » le pouvoir saoudien, avec qui Washington entretient d’étroites relations commerciales et politiques depuis des décennies.

Selon Donald Trump, dont le pays vend chaque année des milliards de dollars d’armes à Riyad et à qui il achète d'importantes quantités de pétrole en retour, il convient d’attendre les résultats des enquêtes qui sont menées en Arabie saoudite et en Turquie avant de prendre de quelconques mesures de rétorsion.

Mercredi, son secrétaire d'État Mike Pompeo a rendu les mêmes conclusions au terme de rencontres d'urgence tenues avec le gouvernement saoudien et, plus tard, avec le président turc Recep Tayyip Erdogan.

L'étau se resserre sur Riyad

Or, selon plusieurs journaux et officiels turcs, ces enregistrements audio existent bel et bien et les informations qu’ils contiennent sont des plus incriminantes pour le gouvernement saoudien. De nombreux détails ne cessent de filtrer dans les médias turcs depuis l'annonce de l'existence de ces enregistrements par Ankara.

La publication mercredi, dans le New York Times et dans plusieurs journaux officiels turcs, de détails particulièrement horribles de la torture, du meurtre et du démembrement du corps de Jamal Khashoggi corroborent chaque jour un peu plus la thèse de l'élimination du journaliste par Riyad, qui n'a depuis fourni aucune explication sur la disparition du journaliste dans son consulat d'Istanbul.

Selon un « officiel turc » cité par le New York Times, les renseignements turcs ne détiendraient pas que des enregistrements audio de l'assassinat de Khashoggi, ils seraient également en possession de matériel vidéo.

Le dissident saoudien Jamal Khashoggi prend la parole lors d'un événement organisé par Middle East Monitor à Londres.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Riyad pourrait changer sa version et admettre que Jamal Khashoggi a été tué après un interrogatoire ayant mal tourné.

Photo : Reuters

Le journaliste saoudien, détenteur d’un statut de résident permanent aux États-Unis, vivait en exil en Amérique depuis un an.

Particulièrement critique à l’égard du régime saoudien et du prince héritier Mohammed ben Salmane, il collaborait régulièrement avec le quotidien américain The Washington Post.

Il a disparu le 2 octobre dernier, après être entré dans le consulat saoudien d’Istanbul où il s’était rendu pour obtenir un certificat de divorce en vue d’un second mariage avec une femme turque.

Inquiète de ne pas le voir ressortir plusieurs heures après, sa fiancée avait contacté les autorités turques pour signaler sa disparition.

Ottawa réclame une enquête transparente et crédible

Chrystia FreelandAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Chrystia Freeland

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Questionnée sur les ondes de l’émission Gravel le matin sur la position du gouvernement canadien face à ces événements, la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a affirmé suivre la situation de très près.

« J’ai parlé lundi avec le ministre des Affaires étrangères de la Turquie et nous sommes très au courant de la situation », a expliqué Mme Freeland.

« Une enquête transparente est absolument nécessaire », a-t-elle plaidé, soulignant que le « Canada est prêt à soulever des enjeux concernant les droits humains avec tout le monde, y compris l’Arabie saoudite », une allusion aux critiques formulées à l'endroit de Riyad, en août.

Le Canada a des questions très sérieuses et des inquiétudes concernant M. Khashoggi. L’Arabie saoudite doit répondre à nos questions.

Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères du Canada

« C’est une situation très très grave », a poursuivi la ministre Freeland. Les journalistes ont le droit de travailler dans le monde entier et leur sécurité est un enjeu très important. »

La ministre, qui n’a pas voulu dire si elle avait pris connaissance du contenu des enregistrements que prétend détenir la Turquie, a précisé qu’elle travaille régulièrement avec des « informations qui ne sont pas publiques ».

Elle a par ailleurs réitéré qu’une enquête transparente et crédible doit être menée sur ces événements et que les personnes impliquées assument « leurs responsabilités ».

Avec les informations de Associated Press

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