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La sécurité des transports scolaires, un enjeu électoral pour les familles manitobaines?

Des enfants montent à bord d'un autobus scolaire.

Selon une enquête de l'émission « Fifth Estate », de CBC, Transports Canada n'aurait pas pris en compte des études démontrant l'utilité des ceintures de sécurité dans les autobus scolaires.

Photo : Shutterstock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une récente enquête de CBC dévoile que Transports Canada disposait de données montrant l'importance des ceintures de sécurité dans les autobus scolaires, mais a choisi de les ignorer. Sur les réseaux sociaux, un groupement de familles a sollicité l'avis des candidats aux postes de commissaires de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM).

Un texte de Julien Sahuquillo

Sur la page Facebook Jeunes familles manitobaines, les candidats aux postes de commissaires de la DSFM ont été interrogés sur la nécessité d’imposer le port de la ceinture dans les transports scolaires.

Cette nouvelle question électorale fait son apparition à une semaine du scrutin. Michel Simard, candidat dans la région urbaine qui se présente pour une seconde fois, reconnaît qu’il s’agissait là d’un sujet qui n’a pas été abordé durant son mandat.

Il avoue qu’il faudrait réactualiser cette réflexion. « Depuis 30 ans, il y a eu des études sur la question des ceintures de sécurité, mais probablement que les circonstances ont beaucoup changé », remarque-t-il.

Autre candidat dans la région urbaine, Laurent Poliquin blâme également le manque de modernisme et d’évolution des transports scolaires. « Je trouve très curieux que les autobus n’aient pas trop évolué par rapport à ceux qu’on a connus tout jeunes », remarque le candidat.

Cette vétusté des véhicules reste d’ailleurs une priorité pour David Vielfaure, qui se présente dans la région Est. « Nous devons nous assurer que les autobus peuvent être rénovés de façon sécuritaire avant de les utiliser. Cela n’aurait aucun sens d’obliger la mise en place de ceintures de sécurité si la structure ne tient pas lors d’un accident routier », explique-t-il.

Quelle est la position de Transports Canada?

En matière de sécurité dans les autobus scolaires, Transports Canada se base sur une étude de 1984. Celle-ci montrait que les ceintures de sécurité pour les élèves sont non seulement inefficaces, mais aussi dangereuses.

Pourtant, selon une récente enquête de l’émission The Fifth Estate à CBC, cette étude aurait été subjective, et de nombreux morts auraient pu être évités grâce aux ceintures de sécurité. Transports Canada aurait également eu accès à des études plus récentes montrant l’apport des ceintures dans la sécurité des enfants lors des accidents routiers.

Pour Jean-Michel Beaudry, lui aussi candidat dans la région urbaine, les récentes révélations de l’enquête de CBC sont un véritable scandale. « Le plus inquiétant, c’est que Transports Canada ait eu une étude qui contredisait celle de 1984 et que cela n'ait pas été transmis au public », déclare-t-il.

Il explique aussi que cela aurait pu changer la donne à la DSFM. « Ne pas avoir de ceintures de sécurité n’est peut-être pas la meilleure décision qui ait été prise, mais cela semblait l’être avec l’information disponible à l’époque », affirme-t-il.

« Si on l’avait su, il y a huit ans, on aurait pu faire quelque chose. On sait que des autobus avec des ceintures, cela existe, puisque c’est obligatoire dans certains États aux États-Unis. En plus, à Winnipeg, on a l’une des plus grandes manufactures d’autobus en Amérique du Nord », soutient Jean-Michel Beaudry.

Jonas Desrosiers s’étonne également de l’évolution des décisions quant à la nécessité des ceintures de sécurité. « Quand j’étais très jeune et que j’ai commencé à l’école, il y avait des ceintures dans les autobus. Elles ont été supprimées par la suite », se souvient-il.

Si on a pu enlever les ceintures, pourquoi on ne pourrait pas en remettre maintenant?

Une citation de : Jonas Desrosiers, candidat au poste de commissaire de la Division scolaire franco-manitobaine dans la région urbaine

Du côté de la DSFM, Serge Buisson, le secrétaire-trésorier, dit suivre les standards de la province. Il explique qu’en cas de changement de politique du Manitoba, l’organisme suivra et choisira alors des véhicules avec des ceintures de sécurité.

Pour Laurent Poliquin, cela n’est pas suffisant. Il estime qu’il faut faire pression sur les plus hautes autorités. « Nous avons des associations nationales comme la Fédération nationale des conseils scolaires francophones à Ottawa qui peuvent avoir l’oreille du ministre et soumettre les opinions actuelles des commissions scolaires », remarque-t-il.

Laurent Poliquin et Jonas Desrosiers estiment néanmoins encourageante la récente position fédérale. Marc Garneau, le ministre des Transports, a en effet annoncé vouloir lancer de nouveaux examens des récentes études sur l’apport des ceintures de sécurité dans les autobus scolaires.

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