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analyse

Le casse-tête ministériel de François Legault

Le premier ministre désigné du Québec, François Legault, s'adresse aux médias le lendemain de l'élection provinciale du mardi 2 octobre 2018 à Québec.
Le premier ministre doit prendre toutes les précautions pour ne pas laisser la déception gangréner son caucus. Photo: Associated Press / Ryan Remiorz
Sébastien Bovet

« C'est le prochain casse-tête qui s'en vient d'ici jeudi. » Cette phrase lancée par François Legault à la cérémonie d'assermentation des députés de la Coalition avenir Québec (CAQ) traduit bien l'état d'esprit dans lequel se fait l'exercice de former un conseil des ministres. Tous les premiers ministres vous le diront : c'est la démarche la plus difficile du mandat.

La joie de ceux qui sont choisis se mêle souvent aux pleurs de ceux laissés de côté. Le premier ministre doit donc prendre toutes les précautions pour ne pas laisser la déception gangréner son caucus. Parlez-en à Philippe Couillard, un caucus déçu est un caucus qui fonctionne mal et surtout dont la loyauté s’effrite.

Donc, après avoir annoncé la bonne nouvelle à ceux qui accèdent au cabinet, François Legault a dû gérer les déceptions. Son chef de cabinet a été réquisitionné pour rencontrer des députés déçus. On leur a peut-être offert la présidence d’une commission parlementaire, question de ménager leur susceptibilité et de gonfler un peu leur compte en banque.

Une logique particulière

Évidemment, les 74 députés de la CAQ ne se voyaient pas tous au conseil des ministres. Les plus réalistes ont compris depuis longtemps que les années de militantisme à elles seules, la notoriété dans son village ou les diplômes ne donnent pas un laissez-passer pour le cabinet.

Il pose au salon rouge de l'Assemblée nationale.La députation de la CAQ Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

En fait, la composition du cabinet répond à une logique particulière. La répartition régionale, la parité hommes-femmes, l’âge et les années de service comme député comptent tout autant, parfois plus, que l’expertise ou la compétence.

Par exemple, le raz-de-marée de la CAQ dans Lanaudière, dans les Laurentides ou en Montérégie provoque une abondance de candidats pour un nombre de postes limité. Ça paraît dur dit comme ça, mais si vous êtes un homme, de 40 ou 50 ans, élu dans ces régions, vos chances d’accéder au conseil diminuent.

À l’inverse, la CAQ a fait des percées en Outaouais et au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Les élus de ces régions ont plus de chances d’être invités à la grande table.

Une pilule dure à avaler

Les nouveaux venus qui se voyaient déjà ministres se feront expliquer que quatre ans au pouvoir, c’est long. Que leur tour viendra éventuellement. Encore enivrés par la victoire électorale, ils comprendront probablement et se concentreront sur leur fonction de député.

Les cas problèmes sont ceux des députés aux longues années de service, ceux qui ont saigné et sué pour la CAQ depuis longtemps. Ils percevront leur mise à l’écart comme un affront, et malgré leur sourire lors de l’assermentation de leurs collègues, ils se diront : « C’est moi qui devrais être là. »

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