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La dernière chronique de Jamal Khashoggi publiée par le Washington Post

« Libérez Jamal Khashoggi », peut-on lire sur les pancartes des manifestants.

Des protestataires se sont rendus manifester leur mécontentement devant le consulat saoudien à Istanbul, le 8 octobre dernier.

Photo : Getty Images / OZAN KOSE

Radio-Canada

Le quotidien américain Washington Post a publié mercredi la dernière chronique rédigée par le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, disparu – et selon la police turque, assassiné – après s'être rendu au consulat de l'Arabie saoudite à Istanbul, le 2 octobre. Il y fait part de son inquiétude pour la liberté de presse dans plusieurs pays arabes.

La rédactrice en chef du journal, Karen Attiah, explique que c’est l’assistant de Jamal Khashoggi qui lui a fait parvenir la lettre, une journée après sa disparition. Elle dit avoir hésité à la publier, car elle espérait qu’il revienne au journal auquel il contribuait depuis un an.

Elle s’est finalement résignée, indiquant que la dernière chronique du journaliste « capture sa passion pour la liberté du monde arabe ».

« Une liberté pour laquelle il a apparemment donné sa vie », ajoute-t-elle.

La liberté de presse bafouée

Dans son texte, Jamal Khashoggi raconte avoir récemment réalisé à quel point peu de pays arabes sont classés comme étant « libres » dans le dernier rapport du Freedom House (Nouvelle fenêtre), une organisation non gouvernementale financée par le gouvernement américain, qui étudie l'état de la démocratie dans le monde.

Cela veut dire que « les Arabes vivant dans ces pays ne sont pas informés ou sont mal informés », déplore-t-il.

Ils ne sont pas outillés pour faire face adéquatement, et encore moins pour discuter publiquement, des enjeux qui touchent leur région ou leur vie de tous les jours.

Jamal Khashoggi

Jamal Khashoggi dénonce le « discours trompeur des gouvernements qui domine la psyché publique ».

Il raconte l’espoir qui avait fait surface lors du printemps arabe en 2010. « Les journalistes, les universitaires et la population générale avaient beaucoup d’attentes et espéraient des sociétés arabes libres dans leur pays respectif. Ils s’attendaient à être émancipés de l’hégémonie de leurs gouvernements et de leurs constantes interventions et censure de l’information. »

Des espoirs qui ont été déçus, puisque ces sociétés sont « retombées » dans le statu quo ou connaissent « des conditions encore plus dures qu’avant », note-t-il.

Les gouvernements ont « carte blanche pour faire taire les médias »

Selon lui, les irrégularités sur le plan de la liberté de presse ne sont plus condamnées par la communauté internationale. Le journaliste saoudien estime que « les gouvernements arabes ont même carte blanche pour faire taire les médias », citant notamment les arrestations de journalistes locaux.

Le monde arabe fait face à son propre "rideau de fer" imposé, non pas par des acteurs étrangers, mais par des forces internes avides de pouvoir.

Jamal Khashoggi

Le chroniqueur termine son texte en réclamant une plateforme médiatique moderne, « isolée de l’influence des gouvernements nationalistes qui propagent la haine » et sur laquelle les journalistes arabes pourraient s’exprimer.

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