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Des réponses aux questions d’adolescents canadiens sur le cannabis

Montage photo avec le portrait de quatre jeunes adolescents, deux filles et deux garçons.
Quatre adolescents du Collège Louis-Riel ont posé leurs questions sur le cannabis à Radio-Canada, qui les a relayées auprès du directeur général de Jeunesse sans Drogue Canada, Marc Paris. Photo: Radio-Canada / Gilbert Rowan
Radio-Canada

À l'occasion de la légalisation du cannabis mercredi, Radio-Canada est allé à la rencontre de quatre étudiants du Collège Louis-Riel, à Winnipeg, pour recueillir les questions qu'ils se posent. Le directeur général de Jeunesse sans drogue Canada leur répond.

Ibrahim Bezzahou, Claire Morham, Maxime Kornachuk et Domy Singa sont étudiants au Collège Louis-Riel et l’âge où ils seront autorisés à consommer du cannabis s'approche à grands pas. Avec lui, différentes questions leur viennent à l’esprit. Voici les réponses, regroupées par thème, que le directeur général de Jeunesse sans drogue Canada, Marc Paris, leur donne.

À partir de quel âge?

Comme pour le tabac et l’alcool, il y a un âge légal minimum, rappelle le spécialiste. Celui-ci varie entre 18 ans et 19 ans, selon les provinces et les territoires. Les Manitobains comptent parmi ceux qui doivent attendre l'âge de 19 ans.

« Ce qui est important à savoir, c’est que pour ceux qui facilitent l’accès ou la vente de cannabis à des jeunes, il y a des pénalités qui sont très sévères, avec des sentences pénales », souligne Marc Paris. Au Manitoba, elles sont de l’ordre de 3000 $.

Un jeune adolescent aux cheveux bruns foncés s'exprime la main sur le haut du torse.Maxime Kornachuk, étudiant au Collège Louis-Riel Photo : Radio-Canada / Gilbert Rowan

Maxime Kornachuk se demande toutefois quel est l’âge recommandé pour commencer à consommer de la marijuana. Marc Paris souligne que le cerveau humain atteint son plein développement entre 21 ans à 25 ans. C’est la raison pour laquelle, dit-il, l’Association des pédiatres du Canada recommandait aux jeunes d’attendre au minimum leurs 21 ans avant de commencer à consommer du cannabis.

« La consommation en bas âge et fréquente chez les jeunes peut avoir des effets très négatifs, qui peuvent être permanents », avertit le spécialiste.

Quels effets sur la santé ?

« Je sais que ça peut affecter les cellules du cerveau, mais à part ça je n’y connais pas trop », avoue Domy Senga. Il en va de même pour Ibrahim Bezzahou, qui s’interroge sur les effets à long terme du cannabis sur le cerveau.

Portrait d'un jeune adolescent aux cheveux noirs bouclés coupés courts qui esquisse un sourire en écoutant attentivement la journaliste. Ibrahim Bezzahou, étudiant au Collège Louis-Riel Photo : Radio-Canada / Gilbert Rowan

Tout dépend de l’âge auquel la personne commence à consommer du cannabis, mais aussi de la fréquence et du niveau de THC (tétrahydrocannabinol), qui est l’hallucinogène dans le cannabis, explique Marc Paris.

Quand la consommation de cannabis devient une habitude, ça peut arrêter certains développements du cerveau, parfois en permanence.

Marc Paris, directeur général de Jeunesse sans Drogue Canada

Il ajoute que les personnes qui présentent des prédispositions à la schizophrénie se mettent en danger en fumant de la marijuana, qui peut aussi créer des troubles cognitifs.

Ainsi, sans dire que tous ceux qui consomment deviendront fous, « c’est un risque que les gens doivent évaluer et connaître », estime Marc Paris.

Portrait d'une jeune adolescente de couleur noire avec de longs cheveux tressés qui sourit.Domy Senga, étudiante au Collège Louis-Riel Photo : Radio-Canada / Gilbert Rowan

Domy Senga se demandait, quant à elle, si elle risquait quelque chose par le simple fait de se trouver à proximité de quelqu’un qui fume. La fumée du cannabis est aussi nocive que celle du tabac pour les poumons, affirme le spécialiste. « La fumée secondaire n’est donc pas plus acceptable et il faut s’en tenir éloigné », conclut-il.

Qu’est-ce qui est légal ?

La vente de nourriture contenant du cannabis ne sera pas légale avant au moins un an, explique Marc Paris. En cette période d’Halloween, avec toutes les sucreries qui nous tomberont entre les mains, il est cependant difficile de reconnaître un aliment « illégal ».

Marc Paris concède que « les gros dangers avec les [formes] comestibles, surtout [les aliments préparés] à la maison, c’est qu’il n’y a aucun moyen de contrôler le contenu de THC ». C’est donc la prudence qui s’impose.

Dans une salle des nouvelles, un homme aux cheveux courts gris et avec une moustache, parle l'air sérieux.Marc Paris, directeur général de Jeunesse sans Drogue Canada Photo : Radio-Canada

« Probablement qu’il faudra faire comme nos parents nous ont appris : ne prends pas des bonbons des étrangers », blague Maxime Kornachuk en se demandant s’il ne faudrait pas mettre l’accent sur l’éducation des jeunes quant aux aspects positifs ou négatifs de la consommation, mais aussi par rapport aux aspects juridiques de cette légalisation.

Selon le directeur des Services aux élèves de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), Daniel Preteau, l’éducation est un volet important dans la légalisation du cannabis. « En neuvième et dixième [années], on a parlé de comment ça peut affecter le cerveau », affirme d’ailleurs Claire Morham.

Portrait d'une jeune adolescente blanche aux cheveux blonds attachés qui parle.Claire Morham, étudiante au Collège Louis-Riel Photo : Radio-Canada / Gilbert Rowan

« Les enseignants traitent de toutes les substances, l’alcool aussi, avec les élèves depuis longtemps ». Dans le cas où ils ne sauraient pas comment répondre à certaines questions, M. Preteau indique que des conseillers en orientation sont là pour les aider.

On veut bien éduquer nos jeunes pour que la décision de consommer, si elle est prise, soit bien prise.

Daniel Preteau, directeur des Services aux élèves de la DSFM

Selon Daniel Preteau, il est nécessaire que les jeunes puissent parler librement du cannabis, « parce que quand on rend un sujet tabou, on embarque souvent les jeunes dans la mauvaise direction ».

Avec les informations de Geneviève Murchison

Manitoba

Drogues et stupéfiants