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D'est en ouest, les clients affluent pour acheter légalement du cannabis

Une longue file de clients s'étirait devant une succursale de Cannabis NB avant l'ouverture du magasin, mercredi matin.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Radio-Canada

17 octobre 2018, minuit : le Canada devient l'un des rares pays du monde à légaliser le cannabis à usage récréatif. D'un océan à l'autre, les résidents font la file devant des magasins privés ou des succursales gouvernementales pour acheter, en toute légalité, un produit qu'ils devaient jusqu'ici se procurer de manière illicite. Retour sur cette journée historique.

C’est Terre-Neuve-et-Labrador qui a ouvert le bal. Peu après minuit, heure locale, deux résidents ont acheté le premier gramme de cannabis légal de l'histoire du Canada. Ian Power et Nikki Rose faisaient le pied de grue depuis 20 h la veille devant le nouveau commerce Tweed, à Saint-Jean, afin d’être les premiers servis.

C’était mon rêve d’être la première personne à acheter le premier gramme de cannabis légal au Canada. Et me voilà!

Ian Power
Trois personnes tiennent un relevé de transaction dans un commerce.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le PDG de Canopy Growth Bruce Linton vient de réaliser la première transaction légale de marijuana au Canada à Nikki Rose et Ian Power à Saint-Jean.

Photo : La Presse canadienne / Paul Daly

Le violoniste bien connu Ashley MacIsaac a également passé une bonne partie de la nuit dans le froid, à l'extérieur du magasin de la Société des alcools de Sydney River, au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, pour être parmi les premiers à se procurer du cannabis légal au pays. Il a profité de l’occasion pour réchauffer au son de son instrument les autres personnes qui étaient dans la file.

« Je suis du Cap-Breton, je joue du violon et je fume du pot », a lancé celui qui vit maintenant en Ontario, mais qui a tenu à être dans son coin d’origine pour l’événement.

Ashley MacIssac exhibe un sac contenant le cannabis qu'il vient d'acheter.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ashley MacIsaac a pris l'avion depuis l'Ontario, où il habite maintenant, pour revenir dans son coin de pays et être parmi les premiers à se procurer du cannabis.

Photo : CBC/Holly Connors

« Ça m’a aidé à développer ma créativité », ajoute-t-il, indiquant fumer du cannabis depuis des années. Ashley MacIsaac a remporté trois prix Juno.

Ailleurs en Atlantique, de longues files s’étaient également formées devant les magasins avant leur ouverture. La vente de cannabis en ligne a aussi été populaire, et les premières ventes ont été réalisées tout juste après minuit.

« [Dans] la première heure [après minuit], environ 300 clients [avaient] fait un achat en ligne », a confirmé le porte-parole de Cannabis Nouveau-Brunswick, Mark Barbour.

Les succursales de la SQDC prises d’assaut

Des centaines de clients attendent en file devant la SQDC de Drummondville.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des centaines de clients attendent en file devant la SQDC de Drummondville.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Dumas

Partout au Québec, les magasins de la Société québécoise du cannabis (SQDC) ont attiré des foules, parfois impressionnantes.

À Drummondville, des centaines de personnes se sont rendues à la seule succursale de la SQDC du Centre-du-Québec au matin de son ouverture officielle. Des agents de sécurité et des policiers veillaient à ce qu’elles entrent par groupes de 30. Certains ont attendu près de 2 h avant de pouvoir mettre les pieds dans le magasin.

« Je savais ce que je venais chercher. C'était une bonne expérience. C'est rapide. Pas le temps de niaiser! », s’est exclamé le premier client à sa sortie.

Une étagère de la succursale de la Société québécoise du cannabis dans Lebourgneuf à Québec.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une étagère de la succursale de la Société québécoise du cannabis (SQDC) dans Lebourgneuf à Québec

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

« Quand c'est vendu par le gouvernement, il n'y a pas d'inquiétudes, croit Zachary Nicole, à Québec. Tu y vas, tu demandes ce que tu veux, tu ressors et tu es heureux. »

« J'ai grandi en région, raconte-t-il. Souvent, c'était un seul [vendeur] dans le village. Le prix qu'il demandait, c'est ça que tu payais. Des prix de fou. »

Patrick répond aux questions des journalistes après être ressorti de la succursale de la SQDC.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Patrick, premier client à s'être procuré du cannabis au point de vente de la SQDC de Québec.

Photo : Radio-Canada / Pascal Poinlane

« On se sent libre », ajoute Patrick, le premier client à s'être procuré du cannabis légal à Québec. Il avoue avoir déjà eu des ennuis avec la justice en 2006 relativement à la production de cannabis.

Ça va désengorger le système de justice [puis] ça va enlever une charge qui n'était pas nécessaire, je pense, dans notre société.

Patrick, consommateur de cannabis

Des centaines de clients ont bravé la pluie pour se rendre à l’une ou l’autre des deux succursales de Québec. Un épisode de violence pour « conserver sa place » est survenu devant la SQDC du secteur Sainte-Foy, mais dans l’ensemble, l'attente s'est bien déroulée.

« Ça va sentir un peu le pot dans les rues »

À Montréal, des centaines de résidents ont fait la file devant les trois succursales de la SQDC ouvertes afin d'être parmi les premiers clients des boutiques qui ouvraient à 10 h.

C’est quelque chose [de] symbolique pour nous, pour montrer que la prohibition, c’est terminé ici, au Canada.

Hugo Sénécal, client de la SQDC

« Je ne pensais jamais dans mon existence acheter du weed [cannabis] légal avec ma carte de guichet, se réjouit Hugo Sénécal. J’ai eu 15 grammes pour 129 $, taxes incluses. »

« C’est sûr qu’au début peut-être, aujourd’hui, ça va sentir un peu le pot dans les rues, faut pas se le cacher, mais la lune de miel va passer », estime un autre consommateur.

Le site Internet de la SQDC a pour sa part enregistré plus de 1000 ventes dans les 50 premières minutes suivant son ouverture.

Du cannabis en ligne pour les Ontariens

L’Ontario n’a pas ouvert de magasins de cannabis en cette journée de la légalisation. Le gouvernement Ford a plutôt promis de permettre l’ouverture de magasins privés à partir du mois d’avril. D’ici là, les propriétaires de comptoirs illégaux de marijuana s'exposent à des amendes salées s'ils ne ferment pas leurs portes immédiatement.

Pour l’instant, les Ontariens ne peuvent se procurer du cannabis légalement que sur le site web de la Société ontarienne du cannabis. Mais les consommateurs ont été rapidement déçus, puisque plusieurs formats ou types de cannabis étaient déjà écoulés et n’étaient plus disponibles.

L’Ouest tarde à ouvrir des magasins

Au Manitoba, l’ouverture de six magasins de cannabis s’est faite dans le calme. Peu de personnes s’étaient déplacées pour assister à l’ouverture des portes.

L’un des premiers à y être, Adam Clyme, raconte fumer de la marijuana depuis des années pour l’aider à dormir.

Il se réjouit que le magasin soit ouvert dès 9 h ou 10 h. « Il y a un aspect sécuritaire. Vous n'êtes pas obligé de rencontrer un gars louche », dit-il.

Seuls sept commerces sont prêts à vendre du cannabis dès maintenant en Saskatchewan, mais aucun dans les grandes villes de Regina et de Saskatoon, en raison d’un problème d’approvisionnement. Quarante-quatre autres détaillants sont toujours en processus d'obtention d'un permis.

Des clients font la queue devant un magasin de cannabis de Calgary, en Alberta.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des clients font la queue devant un magasin de cannabis de Calgary, en Alberta.

Photo : Radio-Canada / Colleen Underwood/CBC

En Alberta,huit magasins ont ouvert leurs portes : six à Edmonton et deux à Calgary, où environ 450 personnes ont bravé le froid, espérant être les premiers à entrer à l’intérieur.

Une trentaine d’autres magasins attendent toujours l’approbation finale de la Commission albertaine des jeux du hasard, de l'alcool et du cannabis (AGLC) pour avoir pignon sur rue dans l’une des deux villes. La Commission estime que l'Alberta accueillera au total 250 magasins dans la province d'ici la fin du mois de décembre.

Le site web de l’AGLC a par ailleurs connu un très fort achalandage dès son activation, juste après minuit. « Après environ cinq minutes, le site traitait 200 commandes par cinq minutes », relate la porte-parole, Kaleigh Miller.

Elle explique qu’à 8 h 30, il y avait déjà eu plus de 40 000 visites sur le site gouvernemental. Plusieurs articles, des fleurs séchées aux huiles, étaient tous déjà écoulés, ajoute Mme Miller.

En Colombie-Britannique, un seul magasin autorisé de cannabis a ouvert, dans un centre commercial de Kamloops. C'est la seule municipalité à avoir remis avant l'échéance le permis nécessaire pour vendre légalement de la marijuana.

« Nous avons agi plus vite que les autres villes de la Colombie-Britannique », a indiqué le conseiller municipal Donovan Cavers.

Maintenant que le modèle est établi, Kamloops espère remettre une quinzaine de permis dans les six prochains mois.

Une seule boutique gérée par le gouvernement a ouvert ses portes à Whitehorse, au Yukon. Un protocole serré et une sécurité accrue ont été élaborés pour assurer le bon déroulement des transactions, notamment l’entrée de seulement 12 personnes à la fois. Un site web de vente est par ailleurs accessible en tout temps.

Un magasin a aussi été créé à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest, à l’intérieur d’une succursale d’alcool.

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