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Le ministre responsable de la PPO nie faire campagne pour une politicienne qui a été interrogée dans une enquête policière

Quatre personnes prennent la pose pour une photo
Eliana Di Biase, au centre, en compagnie du ministre Michael Tibollo, lors d'une soirée bingo Photo: Facebook
CBC News

Le ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels, Michael Tibollo, qui est par le fait même responsable de la Police provinciale de l'Ontario (PPO), essuie des reproches parce qu'il a donné l'impression d'avoir appuyé une candidate au poste de conseillère à la municipalité de Vaughan dont le chalet et le mari font l'objet d'une enquête de la part de la PPO. Le ministre répond que c'est simplement une coïncidence s'il a fait deux apparitions publiques aux côtés de la candidate dans la dernière semaine, prenant des photos à ses côtés et la présentant aux électeurs.

Lors du plus récent événement, le ministre Tibollo a apporté des pizzas à une soirée de bingo pour aînés dans un centre communautaire de sa circonscription. Le vote par anticipation se déroulait au même moment et dans le même édifice.

Il a ensuite présenté la candidate Eliana Di Biase et son époux aux gens présents, de même que deux autres candidats à différents postes. Puis, le ministre a pris la pose pour une photo en compagnie de Mme Di Biase.

Plus tôt dans la même semaine, M. Tibollo a participé à une autre soirée bingo pour aînés, dans un autre centre communautaire de sa circonscription. Il a offert des pizzas au groupe avant d’y présenter Mme Di Biase. Cette fois, celle-ci a pris la parole, avant de se mêler à la foule en compagnie du ministre.

Le compte Instagram de la candidate contient un montage photo de la soirée, agrémenté de sonorités d’opéra italien, intitulé « La symphonie parfaite… Le député Michael Tibollo / Eliana Di Biase ».

Un des candidats au même poste que celui brigué par Mme Di Biaise critique les gestes du ministre Tibollo. Richard Lorello est aussi celui qui a demandé une enquête de la PPO sur les agissements du mari de Mme Di Biase et sur la construction de leur chalet familial.
« Il doit se tenir loin de tout ça, dit M. Lorello. Le ministre Tibollo, qui est en charge de la PPO, donne des apparences de partialité. »

M. Tibollo dit qu’il s’est présenté aux événements pour les aînés parce qu’il faisait une tournée pour remercier les gens qui l’ont élu lors de l’élection provinciale du printemps dernier. Malgré tout, son compte Instagram démontre qu’il a déjà rendu visite à un des groupes d’aînés en août dernier.

Il dit n’avoir aucun lien avec la campagne de Mme Di Biase.

« Les soirées bingo sont ouvertes à tous, alors il y a plein de gens qui s’y rendent », a affirmé le ministre en entrevue téléphonique. « Je n’ai invité personne à venir spécifiquement à aucun événement… ce sont des centres communautaires, je ne peux pas empêcher des gens d’y entrer ou d’y être. »

Simone Barbieri, une candidate à un différent poste au conseil municipal de Vaughan, dit avoir été avertie de ce qui se déroulait à la soirée bingo de vendredi et s’y est rendue pour confronter M. Tibollo dans le but d’exprimer son inquiétude quant aux possibles « perceptions ».

« Je lui ai dit : “Michael, tu sais que cela n’est pas bon pour ton image? Sa femme (à Michael Di Biase) est candidate à l’élection municipale et il fait l’objet d’une enquête - et tu es le ministre en charge de la PPO”. Il a répondu :”Nous ne faisons rien d’illégal”. »

Le ministre Tibollo a aussi dit qu’il se faisait souvent prendre en photo dans des événements publics en compagnie d’autres élus et candidats, et qu’en temps normal il n’a pas de problème à ce que les individus utilisent ces images pour faire la promotion de leur candidature.

La campagne d’Eliana Di Biase a publié dans les médias sociaux de nombreuses photos d’au moins cinq événements du dernier mois montrant la candidate avec le ministre.

Une photo de Mme Di Biase et du ministre Tibollo est aussi utilisée dans des publicités dans les journaux locaux et dans des pamphlets de la candidate.

Un pamphlet électoral de la campagne di BiaseAgrandir l’imageLe ministre Tibollo est présenté en compagnie de la candidate di Biase sur ses pamphlets électoraux - petite photo de gauche Photo : Pamphlet électoral de la campagne di Biase

La police provinciale enquête sur la construction du chalet familial

L’enquête de la PPO a débuté en 2015 après une plainte portée par Richard Lorello auprès de la police selon laquelle la famille Di Biase bâtissait un chalet près de Barrie avec l’aide d’un entrepreneur en construction qui a reçu 150 M$ en contrats de la Ville de Vaughan, la majorité d’entre eux alors que Michael Di Biase, le mari de la candidate Eliana Di Biase, était maire, puis conseiller, puis maire adjoint.

Les agents de l’unité des crimes économiques et de la corruption de la PPO enquêtent au sujet de Michael Di Biase et de la construction du chalet depuis, passant en revue ses liens avec de nombreux entrepreneurs en construction depuis les 15 dernières années afin de déterminer s’il a accepté des travaux à rabais ou gratuits à des fins personnelles. Michael Di Biase nie avoir reçu quelconque aide de la part de ces entrepreneurs pour la construction de son chalet.

L’ancien maire et conseiller a quitté son poste de maire adjoint il y a un an et demi après une décision de la commissaire à l'intégrité dans une toute autre affaire. Elle avait conclu que M. Di Biase avait harcelé sexuellement une employée de la Ville. Il a maintenu son innocence et dit que les interactions physiques étaient consensuelles.

L’enquête policière sur la construction du chalet touche indirectement Mme Di Biase, puisqu’elle n’est pas elle-même sous enquête. Elle est la seule propriétaire sur papier de la compagnie à qui appartient la propriété et est nommé dans certains documents de construction. Selon des sources proches de l'enquête de la PPO, les enquêteurs lui auraient demandé des documents et lui auraient posé des questions.

Un homme parle dans un microMichael Di Biase, ex-maire de Vaughan, est le sujet d'une enquête de la PPO depuis 2015 Photo : Facebook

Richard Lorello dit que « cela ne peut pas envoyer un fort signal de confiance » aux agents de la PPO si leur ministre est « en public avec Mme Di Biase ».

« Je veux voir une enquête juste et impartiale. Je suis certain que les résidents de Vaughan veulent voir une enquête impartiale, mais il n’aide pas les choses », ajoute M. Lorello.

La campagne de Mme Di Biase a émis un communiqué mercredi : « Eliana Di Biase a fait du porte-à-porte et a participé à des événements sept jours par semaine depuis qu’elle s’est lancée dans la course. Elle va continuer de partager son message d’un Vaughan sécuritaire, abordable et offrant une bonne qualité de vie lors derniers jours de la campagne ».

D’ailleurs, les équipes de campagne s’entrecoupent. Eliana Di Biase a fait partie de l’équipe de M. Tibollo, et son mari avait d'abord été accueilli en tant que bénévole, avant qu'on annonce qu'il ne serait pas impliqué. Il avait tout de même été aperçu dans les bureaux de la campagne.

Quatre mois plus tard, le président de la campagne de M. Tibollo et l'un de ses experts en médias sociaux apportent leur contribution à l'effort électoral d'Eliana Di Biase.

Le ministre Tibollo affirme que rien de tout cela ne signifie qu’il pourrait influer l’enquête en cours. « Je connais mes responsabilités et je ne vais jamais dépasser les limites et compromettre une enquête en m’y ingérant. Ce n’est pas ce que je fais, ce n’est pas mon rôle et j’en suis bien conscient. »

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