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Légalisation du cannabis : des consommateurs mécontents

Des gens s'échangent un joint devant un feu de camp.

La réglementation uniforme facilitera le travail de la Sûreté du Québec, selon le préfet de la MRC de Kamouraska, Yvon Soucy.

Photo : iStock

Radio-Canada

Il est maintenant légal de consommer du cannabis au Canada depuis mercredi, minuit. Certains adeptes dénoncent toutefois le fait que les municipalités de Val-d'Or, La Sarre et Rouyn-Noranda aient déjà adopté une règlementation interdisant de fumer cette drogue dans les lieux publics.

Avec les informations de Jean-Marc Belzile

La MRC de Témiscamingue pourrait adopter le même règlement lors de la séance du conseil de la MRC mercredi soir et Amos tiendra une séance d'information publique jeudi au Théâtre des Eskers.

Une décision sera ensuite prise par le conseil municipal afin de savoir si Amos va légiférer dans ce dossier.

Des propriétaires de logements ont aussi interdit à leurs locataires de fumer de la marijuana.

Consommateur de cannabis, l'animateur Frank Paquette se demande où il pourra bien fumer. Le consommateur de pot qui n'est pas propriétaire ne peut fumer nulle part; on a légalisé une substance qui ne peut être consommée nulle part, en raison des règlements municipaux, je pense que ça contrevient à l'esprit de la loi qui était de démarginaliser tout ça et de réduire les méfaits, croit-il.

Règlements municipaux

Ceux qui consomment dans un lieu public s'exposent à une amende dont le prix varie entre 50 et 100 $, en plus des frais judiciaires, dont le montant diffère selon les municipalités.

Le sergent Jean-Raphaël Drolet, de la Sûreté du Québec, apporte toutefois une certaine nuance.

Dans un cas de règlement municipal, les policiers ont aussi un pouvoir discrétionnaire, alors que si c'est une loi fédérale, le pouvoir discrétionnaire ne s'applique pas. De quelle manière ça va s'opérer? Il faudra voir. Mais dès demain, les règlements seront en disposition, précise Jean-Raphaël Drolet.

Jean-Raphaël Drolet, porte-parole de la Sûreté du Québec en Abitibi-Témiscamingue.

Jean-Raphaël Drolet, porte-parole de la Sûreté du Québec en Abitibi-Témiscamingue

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Il s'agit d'ailleurs d'une adaptation importante pour les policiers, puisqu'en plus de la loi fédérale, il y a aussi une série de nouvelles lois provinciales et municipales à faire respecter.

La SQ va notamment s'assurer que les consommateurs aient au moins 18 ans, que la quantité maximale de 30 grammes de cannabis pour le transport soit respectée, ainsi que celle relative à la possession de 150 grammes à l'intérieur d'une résidence.

Il est aussi interdit de produire du cannabis au Québec.

Le sergent Jean-Raphaël Drolet assure que les policiers sont prêts et ont été bien formés. Si vous voulez consommer à des fins récréatives du cannabis, prenez le temps de bien connaître les lois, les règlements, les règlements municipaux en vigueur, parce qu'à Amos, ce ne sera peut-être pas la même chose qu'à Val-d'Or ou à Senneterre. C'est de prendre le temps de bien regarder les règlements et ce qui est permis, ajoute-t-il.

Des constats d'infraction qui risquent d'être contestés

L'avocat criminaliste Marc Lemay assure qu'il recommandera à tous ces clients qui recevront un constat d'infraction municipale de le contester.

À partir du moment où il fume à un endroit où la cigarette est permise et qu'on l'interdit, moi je pense qu'il y a un recours, c'est discriminatoire pour moi, pense l'avocat.

La greffière de la Ville de Rouyn-Noranda, Angèle Tousignant, croit que les municipalités ont le pouvoir le légiférer sur tout ce qui est relatif à la paix et au bon ordre dans leur municipalité.

Ce que la loi nous permet, c'est d'intervenir dans les lieux publics, on ne va pas évidemment gérer ce qui se passe dans les propriétés privées pour ce qui est de l'alcool et du cannabis, dit-elle. Or, dans les lieux publics, on veut s'assurer d'une certaine paix, qu'il n'y ait pas des gens qui soient là pour déranger ou troubler, donc c'est ce pouvoir qui nous est accordé par la loi sur les compétences municipales.

Des tablettes avec des produits du cannabis.

L'offre de cannabis présentée dans un magasin de la Société québécoise du cannabis.

Photo : Radio-Canada / Davide Gentile

Aucun magasin de la SQDC dans la région

Ceux qui prévoient consommer du cannabis dans la région devront se le procurer à l'avance, puisque la seule façon de s'en procurer en Abitibi-Témiscamingue est de l'acheter sur le site Internet de la Société québécoise du cannabis (SQDC).

Une situation déplorable, selon l'animateur Frank Paquette.

Ce n'est pas quelque chose de planifié et de se dire "dans trois jours je vais prendre du pot". C'est un peu comme aller prendre une bière, on va au bar, on va l'épicerie, à la SAQ, on peut en avoir quand on veut alors que le cannabis n'est pas accessible. Je pense que le crime organisé va garder une certaine part de marché et ça, c'est très déplorable, soutient M. Paquette.

Abitibi–Témiscamingue

Société