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L’élection de la CAQ préoccupe des Français qui veulent immigrer au Québec

Le premier ministre désigné Francois Legault.

L'élection du parti de François Legault inquiète des candidats français à l'immigration.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

La volonté de la Coalition avenir Québec (CAQ) d'abaisser les seuils d'immigration de 50 000 à 40 000 personnes par année, et ce, dès 2019, suscite des inquiétudes chez les Français qui désirent s'établir dans la Belle Province.

Un texte de Louis Gagné

Selon Laurence Nadeau, cofondatrice d’Immigrer.com, un site qui procure des informations sur l’immigration au Québec, les internautes français sont nombreux à se poser des questions sur les intentions de la CAQ.

« Ç’a tout de suite inquiété notre communauté, qui est quand même composée d’un nombre majoritaire de Français, et il a fallu les rassurer », confie Laurence Nadeau en entrevue à Radio-Canada.

« Les gens se posent des questions : "Qu’est-ce que ça va avoir comme impact sur ma démarche d’immigration, sur mon dossier? " surtout qu’il y en a qui attendent depuis très longtemps d’être admis au Québec », ajoute-t-elle.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, distribue les poignées de main à des militants de sa formation politique devant les caméras le soir de l'élection du 1er octobre 2018.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, distribue les poignées de main à des devant les caméras à la suite de la victoire de sa formation politique le 1er octobre 2018.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

La fréquentation du site Immigrer.com, qui héberge un forum de discussion, a augmenté de façon notable au cours du mois de septembre avant de culminer le 1er octobre, jour de l’élection.

Une hausse que Laurence Nadeau attribue en partie aux craintes liées à l’abaissement des seuils d’immigration voulu par la CAQ.

On a vu un achalandage élevé sur notre site web durant la campagne et depuis l’élection. On bat des records comme jamais.

Laurence Nadeau

Engouement

À l’instar du reste du Canada, le Québec continue d’exercer un réel attrait sur les Français voulant s’établir à l’étranger. À tel point que ces derniers représentent le premier groupe d’immigrants admis chaque année dans la province.

Il n’est donc pas étonnant que la volonté de la CAQ de réduire les seuils d’immigration ait eu plus d’écho en France qu’ailleurs.

Sept principaux pays de naissance des nouveaux arrivants au Québec, 2015

  1. France : 9,2 %
  2. Chine : 7,4 %
  3. Iran : 7,3 %
  4. Syrie : 5,9 %
  5. Algérie : 5,5 %
  6. Maroc : 5,1 %
  7. Haïti : 4,7 %

Source : La planification de l’immigration au Québec pour la période 2017-2019, ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion

« Bourdes » des médias français

Laurence Nadeau croit que la façon dont les médias français ont couvert la victoire électorale de la CAQ a pu alimenter les appréhensions des candidats à l’immigration.

Certains journaux n’ont pas hésité à associer la CAQ aux partis anti-immigration, populistes et xénophobes qu’on retrouve en Europe.

« Il y a eu beaucoup de bourdes dans la presse française pour associer la CAQ au FN [Front national, renommé Rassemblement national le 1er juin 2018] alors que ce n’est pas la même chose, il faut bien s’entendre », insiste l’auteure du guide S’installer et travailler au Québec.

Capture d’écran d’un article publié sur le site internet du quotidien français « Le Parisien ». Le titre se lit comme suit : « Le Québec élit un gouvernement nationaliste et anti-immigration ». L’article est accompagné d’une photo de François Legault prise lors de son discours de victoire le 1er octobre 2018.

« Le Québec élit un gouvernement nationaliste et anti-immigration », a titré le quotidien français « Le Parisien » au lendemain de la victoire de la CAQ.

Photo : Radio-Canada

Le chef de la CAQ et nouveau premier ministre du Québec, François Legault, a même dû se dissocier des idées de l’extrême droite après que la chef du Rassemblement national, Marine Le Pen, eut salué sa victoire sur les réseaux sociaux.

Confusion

Laurence Nadeau mentionne que les candidats français à l’immigration n’ont pas tous une connaissance pointue du contexte politique québécois. Par conséquent, certains ont pu avoir de la difficulté à distinguer la CAQ de partis situés beaucoup plus à droite sur l’échiquier politique.

Il a fallu les rassurer, faire aussi un travail de vulgarisation, leur expliquer que contrairement à ce qu’ils ont lu dans certains journaux français, la CAQ, ce n’est pas un parti d’extrême droite.

Laurence Nadeau

Dès le lendemain de la victoire caquiste, Immigrer.com a tenu à corriger le tir en publiant un texte intitulé Le Québec a-t-il élu un gouvernement anti-immigration comme l’affirme Le Parisien?

« En aucun point, ce nouveau gouvernement ne ressemble à la conception que Marine Le Pen a de la politique, particulièrement à ce qui touche à l’immigration, peut-on lire dans le texte. Vous ne trouverez au Québec aucun parti politique qui mise sur la division et l’exclusion des minorités visibles ainsi que des plus démunis. »

Marine Le Pen prononce un discours lors du congrès de son parti le 11 mars 2018 à Lille.

La chef du Front national, Marine Le Pen, lors du congrès de son parti, le 11 mars 2018 à Lille

Photo : La Presse canadienne / Michel Spingler

Collaboration souhaitée

Le consulat général de France à Québec n’a pas voulu se prononcer sur la victoire de la CAQ ni sur son intention d’abaisser les seuils d’immigration.

Il n’a donc pas été possible de savoir si des ressortissants français ont exprimé des craintes à la suite de l’élection du parti de François Legault.

« Le consulat de France ne commente pas les résultats d’une élection à l’étranger », a indiqué la chargée de communication Nathalie Simon-Clerc dans un courriel envoyé à Radio-Canada.

Elle a ajouté que la consule générale, Laurence Haguenauer, se dit « confiante de pouvoir continuer de travailler en très bonne intelligence avec le gouvernement du Québec ».

De son côté, le ministère québécois de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion affirme ne pas avoir « observé d’augmentation du nombre de commentaires ou de questions se référant à des inquiétudes de la part de nos différentes clientèles par les voies officielles depuis le 1er octobre dernier ».

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