•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le fils de Jean Charest veut participer à la reconstruction du Parti libéral du Québec

Jean Charest et sa famille

Antoine Dionne Charest (à gauche) était sur la scène de Sherbrooke, avec ses deux soeurs et sa mère, pour célébrer la victoire de son père le 8 décembre 2008.

Photo : Reuters / Shaun Best

Radio-Canada

Antoine Dionne Charest compte participer activement, « comme militant », à la reconstruction du Parti libéral du Québec (PLQ), qui vient de subir une cuisante défaite électorale. « Le constat est clair, une majorité des Québécois ont délaissé notre parti » et une importante rénovation s'avère indispensable, clame-t-il, évoquant « un chantier » à venir.

Un texte de Romain Schué (Nouvelle fenêtre), correspondant parlementaire à Québec

« Le défi est de reconnecter notre parti avec une majorité de l’électorat », assure Antoine Dionne Charest, fils de Jean Charest et Michèle Dionne, dans une entrevue accordée à Radio-Canada.

Ce dernier, se disant marqué par la « considérable » défaite du parti dirigé par son père entre 1998 et 2012, se montre prêt à « proposer », avec les militants, « un projet fidèle à nos valeurs ».

« C’est quelque chose qui me travaille, comme la plupart des militants », précise le jeune homme de 30 ans, qui termine en ce moment son doctorat en philosophie à l’Université de Montréal.

Tel qu’il l’a écrit dans une lettre ouverte publiée lundi dans La Presse+, Antoine Dionne Charest invite à « rénover la maison libérale ». Pour y parvenir, celui qui a été très actif par le passé dans l’aile jeunesse du parti prône un retour « aux valeurs libérales ».

À ses yeux, le parti fondé en 1867 doit porter particulièrement attention aux « libertés individuelles », « à l’appartenance au Québec et au Canada », au « développement économique », à « la justice sociale », ainsi qu’au « respect de la société civile et de la démocratie ».

Après plus d’une dizaine d’années au pouvoir, je pense qu’on en a fait beaucoup, mais les Québécois voulaient autre chose. Il y a une réelle volonté de changement qui doit nous inciter à renouveler notre projet politique.

Antoine Dionne Charest

Train, constitution et Plan Nord

L’une de ses principales idées? Relancer le projet d’un train à haute vitesse entre New York, Montréal et Québec, déjà évoqué sous le gouvernement de Jean Charest.

« C’est une proposition qui vaut la peine d’être creusée, qui s’inscrit dans le développement économique et qui fait le pont avec l’environnement, pour un développement économique responsable », souligne-t-il.

Jugeant le bilan de Philippe Couillard « excellent », avec une bonne gestion « des finances publiques », Antoine Dionne Charest avance l’idée de créer une réelle constitution du Québec. « Un projet porteur d’avenir, rassembleur et inclusif », qui serait « respectueux des libertés individuelles », mentionne-t-il.

Autre volonté de Jean Charest, le Plan Nord doit être remis au goût du jour, estime le fils de l’ancien premier ministre (2003-2012). Des ententes avec les représentants des Premières Nations doivent se faire pour l’extraction des ressources naturelles. « On ne peut pas faire autrement », juge-t-il.

Alors que François Legault avançait l’idée d’une nouvelle paix des braves durant la campagne électorale, Antoine Dionne Charest applaudit l’initiative. « On doit être le plus inclusif possible, aller au-delà des partis », confie-t-il.

Pas candidat à un poste au parti, dit-il

Ces propositions forment-elles la base d’un futur plan de campagne? Jouant sur les mots, Antoine Dionne Charest ne nie pas un intérêt pour la politique, mais refuse de s’avancer sur son avenir dans ce domaine.

« Je suis un militant qui essaie de faire des propositions. Je suis candidat au doctorat en philosophie morale et politique, je suis candidat pour être chargé de cours. Je rêve d’enseigner », lance-t-il avec un sourire non voilé.

Antoine Dionne Charest et Lucien Bouchard

Antoine Dionne Charest, en compagnie de l'ancien premier ministre péquiste Lucien Bouchard, dans le cadre d'un événement à Montréal en novembre 2016.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Pourrait-il, dans quelques années, se porter candidat aux élections sous la bannière du PLQ, voire le prendre en main? Rien ne semble exclu, glisse un membre éminent du parti, soulignant l’amitié entre Antoine Dionne Charest et Antoine Atallah, président du PLQ depuis novembre 2017.

Membre du cabinet de Sam Hamad, alors ministre du Travail, entre 2014 et 2016, l’intéressé était devenu plus discret ces dernières années. Philippe Couillard souhaitait notamment prendre ses distances avec Jean Charest et aucune approche n’aurait été faite pour envisager une candidature au dernier scrutin, a-t-on glissé à Radio-Canada.

« Mais il a un intérêt pour la chose politique. Dans quatre ans, dans huit ans? Il est encore jeune. Il est évident que le nom Charest peut aider », a noté ce haut placé du PLQ.

« Inquiet » des propositions de la CAQ

Alors que le PLQ va prochainement se chercher un nouveau chef permanent, la course à la direction est « encore loin », reprend Antoine Dionne Charest. L'aspirant professeur de philosophie ne souhaite ainsi pas, pour le moment, prendre position vis-à-vis des candidatures déjà évoquées, comme celles de Pierre Moreau, 60 ans, et de Sébastien Proulx, 43 ans, qui n’ont pas fermé la porte.

« La priorité, c’est la rénovation. Elle ne doit pas attendre », fait-il savoir, tout en « partageant l’inquiétude d’une majorité des militants » libéraux sur les propositions de la Coalition avenir Québec (CAQ), notamment en matière d’immigration.

Moi, je m’inquiète des propositions [de la CAQ] en matière de libertés individuelles. Si les caquistes veulent restreindre les libertés, soit, mais il faut qu’ils se justifient.

Antoine Dionne Charest

« Faire la démonstration » de cette nécessité est « absolument essentiel pour la cohésion sociale et le bien-être du Québec », assure-t-il, avant de tenir un discours identique concernant la volonté du parti au pouvoir d’interdire le port des signes religieux pour les personnes en situation d’autorité.

« On a raison d’exiger que le nouveau gouvernement fasse la démonstration qu’il y a un réel enjeu. La nécessité d’un test de valeurs et la nécessité d’un projet de loi [sur les signes religieux] n’ont pas été démontrées », réitère-t-il, soulignant qu’il est important de « critiquer de façon constructive » le nouveau gouvernement, tout en « proposant quelque chose ».

Craint-il une division au sein de la population sur ce sujet? « J’espère de tout cœur que non, répond Antoine Dionne Charest. Je souhaite sincèrement que ce ne soit pas un sujet qui divise les Québécois. »

Politique provinciale

Politique