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Des Montréalais contents d'acheter du cannabis légalement

Des clients entrent dans une SQDC.

La succursale de la SQDC d'Ahuntsic-Cartierville a ouvert ses portes à 10 h.

Photo : Radio-Canada / Olivier Bachand

Radio-Canada

« Excellent! Très rapide! Il y a en masse de staff en dedans. Il y a du choix, c'est bien détaillé », a indiqué Steve, le premier client de la Société québécoise du cannabis (SQDC) de Rosemont–La-Petite-Patrie, à propos de son expérience. Arrivé devant l'immeuble de la rue Saint-Hubert à 3 h 30, il était le premier dans la file d'attente, qui a fini par compter quelque 200 personnes lors de l'ouverture des portes à 10 h.

Je suis bien satisfait, il ne reste plus qu’à voir la qualité à l’intérieur. Je ne l’ai pas vu [le produit] encore.

Steve, client de la SQDC

Une douzaine de boutiques de la SQDC ont ouvert leurs portes ce matin, dont trois à Montréal, où une quatrième succursale ouvrira un peu plus tard au cours du mois d’octobre.

Les quatre points de vente montréalais sont situés dans les quartiers suivants :

  • Ville-Marie - Sainte-Catherine Ouest;
  • Ville-Marie - Sainte-Catherine Est (ouverture prochaine);
  • Ahuntsic-Cartierville;
  • Rosemont–La Petite-Patrie.

À l'instar de Steve, des centaines de Montréalais ont fait la file devant les succursales de la SQDC afin d'être parmi les premiers clients des boutiques, qui ouvraient à 10 h en cette première journée de la légalisation du cannabis.

L'homologue de Steve à la succursale de la rue Sainte-Catherine Ouest était également satisfait de ses achats. « C’est quand même raisonnable, commente Hugo Sénécal, qui attendait depuis 3 h 45. J’ai eu 15 grammes pour 129 $, taxes incluses. »

La SQDC demeurera toutefois un « plan B » pour ce consommateur qui continuera de faire affaire avec son contact habituel. « Si je n’ai pas ma livraison de mon intermédiaire habituel, oui [je reviendrai à la SQDC] », affirme-t-il.

Tout comme Steve, il attend de constater la qualité du produit. « On ne sait pas ce que le cannabis a l’air, parce qu’on ne peut pas voir à l’intérieur, explique-t-il. On se fie à leur professionnalisme pour être sûr que c’est de bonne qualité. Ce sera après, que je saurai si je reviens ou pas », indique-t-il.

Pour ce consommateur, la légalisation du cannabis constitue une victoire morale.

« J’ai payé ça avec ma carte de débit », souligne-t-il en exhibant le sac de papier brun contenant ses achats.

Je ne pensais jamais dans mon existence acheter du weed légal avec ma carte de guichet.

Hugo Sénécal, client de la SQDC

« C’est quelque chose [de] symbolique pour nous, pour montrer que la prohibition, c’est terminé ici, au Canada », avait-il déclaré plus tôt, alors qu'il était bien assis dans sa chaise en attendant l’ouverture du magasin.

« Le fait que ce soit légal maintenant, c’est qu’on va arrêter de se sentir opprimé, on va arrêter de se sentir montré du doigt aussi parce que là, on est du monde comme tout le monde », ajoute son voisin de chaise dans la file d’attente.

« Ça fait longtemps que je fume du pot, ça ne va pas changer grand-chose dans ma vie, disons, a nuancé un autre client plus loin dans la file d’attente. Ça ne va pas changer que je vais continuer à acheter sur le marché noir. »

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a fait appel au civisme des consommateurs de cannabis pour que leur activité désormais légale n'entraîne pas de nuisance. « Ce qu'on veut, c'est que ça marche, que ce ne soit pas incommodant, dérangeant. C'est la même chose que quand on consomme de l'alcool dans un bar. Il faut être responsable de sa consommation de cannabis dans un parc ou un lieu public, même chose pour la cigarette », a-t-elle précisé.

Elle a dit ne pas être surprise de l'engouement créé par l'ouverture des boutiques de la SQDC : « C'est une curiosité, il y a un intérêt de voir comment ça fonctionne. Je l'avais dit plus tôt cette semaine, je ne crois pas qu'il va y avoir des milliers de nouveaux utilisateurs parce que c'est légal »

Contrairement à plusieurs villes québécoises, la Ville de Montréal n’a pas ajouté de réglementation particulière pour restreindre la consommation de cannabis par rapport à ce qui est exigé par les lois fédérale et provinciale. Il est tout simplement interdit de consommer du cannabis dans les endroits où le tabac est proscrit.

Sur les deux rives

La Ville de Laval, qui entend adopter un règlement plus contraignant que celui du Québec, a mis sur pied un « comité de vigilance » afin de suivre l’évolution du dossier. En attendant l’adoption d’un règlement municipal, la Ville appliquera la loi provinciale. « Nous souhaitons proposer une réglementation qui englobera les différents enjeux liés à la présence du cannabis sur le territoire, particulièrement à proximité de lieux fréquentés par des jeunes », a déclaré le maire de Laval, Marc Demers, dans un communiqué.

Sur la Rive-Sud du fleuve Saint-Laurent, la Ville de Longueuil appliquera la loi provinciale, mais elle devra amender un règlement de l’ancienne municipalité de Greenfield Park, devenu un arrondissement de Longueuil depuis ce temps. Ce règlement, qui interdit l’usage de quelque drogue ou stupéfiant dans tout endroit autre que la propriété privée, devra être amendé afin d’uniformiser la réglementation de l’agglomération.

Quant à la Ville de Brossard, elle appliquera la législation provinciale avant de statuer sur la question. L’administration entend consulter sa population sur le sujet avant de prendre une décision.

À La Prairie, on s'en tiendra aussi à la loi provinciale avant d'adopter un règlement, qui pourra être modifié « en tenant compte de l'évolution du dossier ».

La façade des succursales de la SQDC ne permet pas aux passants d’apercevoir les produits et un gardien de sécurité vérifie l’âge des gens qui entrent dans la boutique afin d’en interdire l’accès aux moins de 18 ans.

Des clients attendent sur des chaises pliantes sur le trottoir.

Des clients ont attendu plusieurs heures aux portes de la succursale de la SQDC de la rue Sainte-Catherine pour être les premiers à se procurer du cannabis légalement.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

L’intérieur des points de vente est sobre et des employés formés conseilleront les clients au sujet des 150 variétés de cannabis offertes. Les clients ne pourront acheter plus de la quantité maximale de 30 grammes par visite permise par la loi.

Cinq arrondissements – Saint-Laurent, Saint-Léonard, Pierrefonds-Roxboro, Montréal-Nord et Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles – ont interdit la consommation de cannabis dans les parcs situés sur leur territoire. Ces cinq arrondissements sont dirigés par des élus d'Ensemble Montréal, le parti qui forme l’opposition officielle à l'Hôtel de Ville.

« C’est sûr qu’au début peut-être, aujourd’hui, ça va sentir un peu le pot dans les rues, faut pas se le cacher, mais la lune de miel va passer », estime un autre consommateur.

Une file d'attente devant une SQDC.

Une file d'attente s'est formée devant la SQDC de l'arrondissement Rosemont-Petite-Patrie.

Photo : Radio-Canada / Louise Gravel

Il souligne qu’il y aura sûrement des débordements de la part de certaines personnes, comme il y en a pour la consommation d’alcool, mais qu’il s’agira de gens « qui ne savent pas vivre » et qui constituent une minorité.

Confortablement assis dans sa chaise dans la file d’attente, un ancien professeur de mathématique – qui enseignait le calcul différentiel et intégral – estime que les jeunes ne devraient pas être autorisés à consommer du cannabis.

« J’aimerais pas ça, avoir dans ma classe des élèves qui ont pris du pot, je ne serais pas capable d’enseigner mon cours, explique-t-il. Je pense que ça ne rentrerait pas. »

Le site Internet de la SQDC a enregistré plus de 1000 ventes dans les 50 premières minutes suivant son ouverture un peu avant 9 h ce matin.

Grand Montréal

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