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Drame en Beauce : la ferme survivra à la mort tragique de son propriétaire

Alexandre Gauthier et sa conjointe, Valérie Bolduc.
Alexandre Gauthier et sa conjointe, Valérie Bolduc Photo: Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie
Radio-Canada

La ferme laitière Rodveil, à Saint-Simon-les-Mines, survivra malgré le décès dans des circonstances tragiques de son propriétaire, Dany Rodrigue, le mois dernier. Un jeune couple a entamé des démarches pour reprendre l'entreprise que des bénévoles maintiennent à bout de bras depuis le drame.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

L’avenir de la ferme qui appartenait à la famille Rodrigue depuis trois générations était incertain depuis la mort de son propriétaire. Pour la prochaine année, Alexandre Gauthier, un jeune homme originaire du Lac-Saint-Jean, assurera la gestion de l’entreprise avec sa conjointe, Valérie Bolduc.

« Dany serait bien content de savoir que ça continue », se réjouit le frère de la victime, Sylvio Rodrigue.

Dany Rodrigue est mort le 26 septembre en tentant de sauver son employé, inconscient dans un silo à ensilage. L’homme de 45 ans a finalement perdu la vie aux côtés d'Axel Josué Saloi Miculax, un travailleur d’origine guatémaltèque de 23 ans. Ils ont été intoxiqués par les gaz qui émanaient du silo.

Photographie de Dany Rodrigue dans un aréna.Dany Rodrigue a perdu la vie après être tombé dans un silo à grain. Photo : Page Facebook de Dany Rodrigue avec l'autorisation de la famille

Poursuivre le travail « d’un grand homme »

Le jeune couple connaissait la victime en raison de ses nombreuses participations à des expositions agricoles.

« C’était un bon monsieur avec beaucoup de générosité. C’est bien de prendre cette entreprise, mais surtout de continuer le travail qu’un grand homme a commencé avec sa famille », affirme Valérie Bolduc, une Beauceronne sur le point d'obtenir son titre d'agronome.

Le frère de Dany Rodrigue, Sylvio Rodrigue, discute avec Valérie Bolduc du travail à effectuer.Le frère de Dany Rodrigue, Sylvio Rodrigue, discute avec Valérie Bolduc du travail à effectuer. Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Dany Rodrigue a remporté de nombreux prix pour la qualité de ses vaches laitières. Pour Alexandre Gauthier, au-delà du drame, c’est inespéré de pouvoir reprendre une entreprise avec « une base aussi solide ».

« Il a toujours été très performant. Prendre une ferme de cette envergure-là, ça n’a pas de prix », dit le nouveau gérant de ferme.

Une période d’un an a été établie pour permettre aux nouveaux gestionnaires de s’adapter à la production. Le transfert de l’entreprise pourra s’amorcer ensuite.

Alexandre Gauthier, un jeune homme originaire du Lac-Saint-Jean assurera la gestion de l’entreprise avec sa conjointe Valérie Bolduc.Alexandre Gauthier, un jeune homme originaire du Lac-Saint-Jean assurera la gestion de l’entreprise avec sa conjointe Valérie Bolduc. Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Alexandre Gauthier et sa conjointe, Valérie Bolduc, avaient d’ailleurs approché Dany Rodrigue cet été pour lui mentionner leur intérêt à devenir une relève non apparentée.

« Sur nos fermes familiales communes, il n’y avait pas nécessairement de la place au moment où on le voulait, explique Valérie Bolduc. Il était jeune, alors il a dit qu’il allait penser à nous quand le temps viendra. Quand c’est arrivé, la famille a pensé à nous et on s’est dit, malgré la tragédie, faisons-le pour nous, mais faisons-le aussi pour la famille à Dany ».

Élan de solidarité

Depuis le drame, des producteurs et des citoyens de la région se sont serré les coudes pour soigner les animaux et assurer les activités de l’entreprise. Ce soutien a été indispensable pour la famille éprouvée.

« Ça aurait été très pénible. C’est une grosse entreprise. C’est du vivant, alors il faut être ici soir et matin », soutient Sylvio Rodrigue, qui possède également une ferme laitière dans la région.

Rémi Busque, le président de la Relève agricole de la Chaudière-Appalaches.Remi Busque, le président de la Relève agricole de la Chaudière-Appalaches. Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Le président de la Relève agricole de la Chaudière-Appalaches, Rémi Busque, était responsable de trouver les bénévoles. Chaque jour, au moins quatre personnes étaient nécessaires pour accomplir le travail.

« C’est arrivé dans le milieu de la semaine et, dès le lundi matin, on avait déjà un horaire d’établi pour la semaine », s’étonne-t-il.

Je savais que quand j’écrivais un nom sur l’horaire, c’était une famille entière qui devait se réorganiser pour libérer une personne pour venir travailler ici.

Rémi Busque, président de la Relève agricole de la Chaudière-Appalaches

Considérant l'ampleur de l’entreprise, Alexandre Gauthier est conscient qu’il aura besoin d’aide pour accomplir cette charge de travail. Sa conjointe occupe un emploi à temps plein comme conseillère chez Holstein Québec. Elle le soutiendra le plus possible, mais l'embauche d'employés supplémentaires sera nécessaire. L’élan de solidarité observé ces des derniers jours lui permet d’être confiant.

« Ça fait cinq jours que je suis ici. Voir tout le monde se démener et voir les voisins venir ici chaque jour, c’est beau à voir. En agriculture, tout le monde se tient. C’est beau à voir », conclut-il.

Accident de travail

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